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Femmes de lettres du 17e siècle

Salon de dames (Abraham Bosse)   Il semble qu'hormis Mme de La Fayette et la marquise de Sévigné, nulle femme de lettres n'ait droit aux honneurs de nos manuels scolaires. C'est fort dommage. Ce ne sont pas toutes ces « précieuses ridicules » ou ces « femmes savantes » dont se moque tant Molière. Du reste, on pourrait s'interroger sur l'origine de son sentiment dépréciatif envers la gent féminine à laquelle il concède certes un minimum d'éducation. Mais point trop n'en faut !

   Et pourtant ! La langue française, à l'origine du rayonnement de notre civilisation au 17e siècle - rayonnement qui s'épanouit au siècle des Lumières – commence à s'épurer dans ces « salons de dames », salons précieux dans le meilleur sens du terme. Sans doute Mme de Rambouillet est-elle la première à ouvrir sa « chambre bleue », une brèche dans laquelle s'engouffrent un certain nombre de ses consœurs.  

   Fréquentés par les beaux-esprits du temps, ces salons deviennent le creuset d'une création littéraire féconde, masculine au premier chef, mais aussi féminine. Hélas, en ce temps-là, une femme de la bonne société se doit de respecter des normes sociales contraignantes : écrire ? Soit ! Des lettres, son journal intime, quelques poèmes... Mais publier ! Mais devenir somme toute une « femme publique » ! Fi donc !

   Ainsi donc, bon nombre de femmes lettrées renoncent à la publication ou bien, comme Mme de La Fayette, publient sous un pseudonyme.

   Cependant quelques-unes ont le courage de dépasser les convenances. Mlle de Scudéry en est le vibrant témoignage. Elle n'est pas la seule, on le verra.

   Ce site n'est pas un plaidoyer féministe mais veut rendre justice à des figures féminines oubliées qui toutes, à leur manière, contribuent à ce qu'il faut bien nommer « Le Grand Siècle » - à relativiser, voir infra -  et annoncent le siècle des Lumières.

Mes sources pour le 17e siècle sont diverses. Elles proviennent, sauf mention contraire : 

  • de manuels scolaires anciens comme Notre Littérature étudiée dans les textes (Marcel Braunschvig, Armand Colin, 1933), Histoire de la littérature française (Georges Lanson, Hachette, 1929)
  • d'ouvrages plus modernes comme le Lagarde et Michard 17e siècle ainsi que l'ouvrage de la collection Henri Mitterand sur le 17e siècle
  • du Dictionnaire des Lettres françaises, Le XVIIe siècle, Fayard, 1951, 1996
  • de travaux personnels effectués pour mes cours ou dans le cadre de recherches universitaires.
  • de notes variées prises au gré de mes lectures.
  • et, bien entendu, de textes originaux, disponibles sur Gallica, le site de la BNF. 

Femmes de lettres du 18e siècle

Le salon de Mme Geoffrin (Lemonnier)I. Pourquoi le 18e siècle ?

   Le 18e siècle est, selon l'expression consacrée, le « siècle des Lumières ». Ces belles lumières éclairent l'entendement humain depuis l'Antiquité et ne sont jamais aussi brillantes qu'au temps de Louis XV. Michelet aurait ouvert un cours au Collège de France par ces paroles : « Le Grand Siècle, messieurs, je veux dire le 18e... »

   Comme le remarque Jean Dutourd dans Le Siècle des Lumières éteintes, tout au long de son existence, l'humanité s'est principalement occupée de son esprit et de son âme. D'où la place que tiennent les lettres, les arts et la religion, instruments majeurs de la connaissance spirituelle.  À la fin du siècle des Lumières, l'Europe parle français, sachant ou sentant que cette langue est la plus apte à explorer l'inconnu.

   Certes, le 18e siècle se tourne également vers les sciences et découvre avec enthousiasme la notion de progrès, tant dans le domaine de la science que de la technique.

   Mais il restera pour toujours ce siècle de « la douceur de vivre » dont parle Talleyrand, douceur de vivre à laquelle contribuent maintes femmes, célèbres ou non, qui dansent, sans le savoir, au bord d'un volcan.

   Personne ne peut rester neutre face au règne de Louis XV car on y voit poindre la Révolution, dont la France est aujourd'hui l'héritière. D'où par exemple le contraste très vif entre les jugements portés depuis plus de deux siècles sur Louis XV et Louis XVI, sur Mme de Pompadour et Marie-Antoinette par exemple. Certes, ni l’une ni l’autre ne sont des femmes de lettres mais la favorite est une femme de culture, amie des Encyclopédistes et mécène d’art ; quant à la reine, qui lit si peu, elle s’intéresse à la mode comme à la décoration, deux éléments culturels : on parle, à tort, du style Louis XVI, on devrait dire « le style Marie-Antoinette ». Par ailleurs, elles font le sujet de tant d’écrits (Mémoires, pamphlets, correspondances) qu’il serait impensable de les oublier.     

   Siècle intéressant qui, en dépit de son apparence aimable et frivole, est traversé de tensions violentes, de rancœurs et de haines. Les témoignages d'époque sont marqués, plus fortement que jamais, par des préventions, et certains Mémoires sentent parfois le règlement de comptes. Les pamphlets, utilisés comme moyen de déstabiliser l'autorité royale, multiplient les accusations invérifiables, souvent calomnieuses. On peut donc trouver dans les textes tout ce qu'on veut et son contraire, le meilleur comme le pire et il est malaisé de faire le tri, d'autant que sur le 18e siècle, les documents abondent, les travaux des historiens aussi.

   Ces textes fournissent en tout cas une mine de détails pour celui ou celle qui cherche à retrouver les façons de penser, de sentir et de vivre d'autrefois. Vie quotidienne anecdotique, dirait l'Histoire majuscule. Voire…

   « L'Histoire se sert de tout, d'une note de marchand, d'un livre de cuisine, d'un mémoire de blanchisseuse » écrit George Sand dans Histoire de ma vie. Et Taine regrettait que l'Histoire entrât trop dans les salons et pas assez dans les cuisines. Rien n'est insignifiant, ni la mode, ni les anciennes recettes de beauté, ni les us et coutumes. Mais, comme le dit si bien Daniel Roche, « nous ne pouvons juger alors qu'avec les yeux d'alors »...

   Remarque : les textes anciens font partie du domaine public. Il en est des même des illustrations. Si vous jugez toutefois que l'une d’entre elles ressort du domaine privé, je vous prie de m’en informer.

   Les citations d’ouvrages récents sont données avec leurs sources. Nul n’est censé ignorer le code de la propriété intellectuelle. Toutefois, je n'ai pu indiquer les références de certains articles, pris en note depuis des années pour ma documentation personnelle, et vous prie de m'en excuser.

   Certains articles de mon site sont utilisés ailleurs et j'en suis fort honorée dans la mesure où Internet permet la diffusion des idées : la connaissance n'appartient à personne. Mais si vous citez mes réflexions personnelles (cette page par exemple), je vous serais reconnaissante de les mettre entre guillemets avec un lien valide.

   Par exemple, la page du blog http://donarussia.ek.la/la-femme-des-lumieres-pourquoi-le-xviiie-siecle-a108122768 est une copie conforme de la page que vous êtes en train de lire, extraite de mon ancien blog supprimé http://femmedeslumieres.canalblog.com/

   En ce qui concerne les sujets « scolaires » (commentaires par exemple), j'ose espérer – vœu pieux - que les élèves ne feront pas un copier-coller : les articles sont là pour indiquer une manière de réfléchir sur un texte, ou les questions à se poser. Raison pour laquelle il est préférable, sur un sujet donné, de s'imprégner d'autres articles le concernant. Je pense notamment à Manon Lescaut, aux Liaisons dangereuses ou à toute œuvre « au programme ».

II. Histoire et Littérature

   La plupart des articles du site - pas tous - sont des extraits d'œuvres littéraires du 18e siècle ou d'ouvrages écrits à leur propos, commentés ou non, concernant également l'Histoire du temps, l'Histoire dont Schopenhauer dira qu'elle est « le songe lourd et confus de l'humanité » et dont Napoléon, me semble-t-il, affirmera qu'elle est « un conte sur lequel on s'accorde. » (Citation à vérifier)

   Car, on ne le répètera jamais assez, toute littérature s'inscrit dans l'Histoire - celle des idées et l'Histoire tout court - et il est insensé, par exemple, de vouloir comprendre les Lettres persanes, sans savoir que la France s'ouvre au monde avec l'envoi de navires vers l'Orient. Même chose pour Manon Lescaut : les filles de joie sont déportées en Louisiane - bien plus étendue à cette époque qu'à la nôtre et malheureusement perdue au Traité de Paris -, vaste contrée mise à la mode par la Compagnie des Indes occidentales. Le commerce se développe.

   Et, bien entendu, la Révolution amène son lot de littérature pamphlétaire, voire ordurière.

   Au-delà de ce constat, l’esprit du 18e siècle ressemble à sa langue, légère mais précise, gaie mais insolente. Il se rebelle ou vagabonde, insoumis ou non, discrètement ou non, avide de jouissance et individualiste, ennemi de tout comportement de groupe. Ce n’est pas encore un esprit révolutionnaire mais libertin – au sens premier – et libertaire. Il y a des utopistes mais aussi des réalistes qui ne croient pas que le bonheur puisse s’assimiler naturellement au progrès social.

   Le 18e siècle a ses nostalgiques, au 19e comme au 20e siècle et comme au nôtre. Je fais partie de ces Dix-Huitiémistes passionnées dont les blogs inondent la toile.

   Toutefois, la passion n'exclut pas la raison : le XVIIIe siècle reste présent dans nos examens et concours, et l'on ne peut que s'en réjouir :

* Les Liaisons dangereuses (Laclos) au programme de Terminale L en 2009 avec ces deux questions au Baccalauréat : « Dans Les Liaisons dangereuses de Laclos, quel est l'intérêt de l'épisode dans lequel Valmont porte secours à une famille de pauvres gens ? En quoi le roman de Laclos, Les Liaisons dangereuses, et son adaptation cinématographique présentent-ils Madame de Merteuil comme une femme hors du commun ? »

* La Vie de Marianne (Marivaux) au programme de l'agrégation de Lettres 2015 dans le cadre de la Littérature générale et comparée avec le thème de « La comédie, héroïsme féminin » ainsi que dans l'épreuve écrite de grammaire.

* Et tant d'autres...

   Pour terminer, une citation de Zoé Oldenbourg : « L'Histoire aux yeux de l'homme du XXe siècle, tient lieu de mythologie, de culte des ancêtres, et de tradition sacrée. » Il note que notre civilisation « est hantée par son passé, avide de remonter à ses sources » et que « nous avons besoin de notre passé non seulement parce qu'il est en train de disparaître avec une vitesse alarmante mais parce qu'il est riche d'un potentiel immense de valeurs humaines que notre civilisation a abusivement démythifiées. » (N.R.F., 1972, Article « L'Histoire dans le roman »).

Fiabilité du site

1. Forme du site

  •    Il s'agit d'un site personnel.
  •    J'ignore s'il est reconnu comme compétent sur le sujet mais je le souhaite, évidemment.
  •    L'information est gratuite.

2. Ses objectifs

  •    Le site s'adresse à un public varié : simples curieux, lycéens, étudiants, enseignants, éventuellement spécialistes. En effet, les articles sont de qualité inégale : ils vont du plus simple au plus complexe, évoquant des généralités mais aussi des sujets plus pointus.
  •    Mes objectifs se sont diversifiés au fil du temps. Mon objectif premier était (est toujours) de faire partager mon intérêt pour les 17e et 18e siècles, dans tous les domaines, mais principalement du point de vue des femmes. S’y ajoutent aujourd’hui les écrits de leurs compagnons ou de leurs commensaux.
  •    En conséquence, les documents ont été réalisés dans le but d'enrichir les connaissances des internautes dans ce domaine, ainsi du reste que les miennes.
  •    Mes documents ne présentent aucun produit ni aucun service à la vente.

3. La publicité

  •    Si mon site propose des publicités, elles ne sont pas de mon fait et elles n'ont rien à voir avec le contenu des articles.
  •    Mais j’ose espérer que, si annonces publicitaires il y a, elles sont clairement séparées du contenu des documents.

4. Le contenu

  •    Dans la mesure du possible, j'essaie d'atteindre un certain niveau d'exhaustivité (quand le sujet s'y prête), en tout cas de précision et d'exactitude.
  •    Mes sources sont généralement clairement citées. Quand elles ne le sont pas, il s'agit de notes anciennes, prises au brouillon (cf. supra). Voir le chapitre IV ci-dessous pour le code de la propriété intellectuelle. Les illustrations proviennent le plus souvent de Wikipédia et semblent donc libres de droits.
  •    Mes textes personnels sont rédigés (je l'espère !) dans une langue correcte.

5. La mise à jour

  •    Il ne s'agit pas d'un site d'actualité. Ce qui était vrai aux 17e et 18e siècles le reste aujourd'hui, l’une des raisons pour lesquelles j’utilise ici le présent de vérité générale. Il m'arrive parfois de rajouter des détails pour étoffer un article mais je ne le mentionne pas toujours.
  •    La date de rédaction des documents n’est pas indiquée (un site n’est pas un blog) mais la mention « New » figure durant une semaine.
  •    Je pense que mes liens ne sont pas caducs.

6. Les liens

  •    Ils ne sont ni évalués, ni commentés : la plupart renvoient à des sites « officiels » (Gallica, Wikipédia, d'autres).
  •    Les autres liens conduisent à des sites fiables.
  •    J'ignore, par contre, si des sites fiables conduisent au mien.
  •    Je pense que mes liens sont en cohérence avec le contenu du site.

7. L'auteur

Ego   Retraitée, j'ai enseigné l'allemand pendant vingt ans puis les Lettres modernes pendant vingt ans également. Je suis titulaire d'une licence et du CAPES d'allemand, ainsi que d'une licence et du CAPES de Lettres modernes. J'ai enseigné en collège et en lycée.

   Je ne suis pas une spécialiste émérite dans le domaine abordé par le site. Je n'appartiens à aucune société savante, institution ou organisme reconnus.

   J'ai publié quelques articles sur le Web (histoire et littérature).

   J'ai publié un ouvrage (roman biographique ou biographie romancée...) titré Une vie de Tilly ou La mort du lys.

   J'ai écrit de nombreux romans, poèmes et nouvelles, restés inédits, qui encombrent mes tiroirs.

   Signe particulier : mes fautes de frappe ! :-))

Sources de ce chapitre : Lire et rédiger à la fac, Martha Boeglin, Éditions l'Étudiant « Sup », 2005.

Code de la propriété intellectuelle

   L’article L.122-5 du code de la propriété intellectuelle pose le principe selon lequel, « lorsque l’oeuvre a été divulguée, l’auteur ne peut interdire la diffusion, même intégrale, par la voie de presse ou de télédiffusion, à titre d’information d’actualité, des discours destinés au public prononcés dans les assemblées politiques, (…), ainsi que dans les réunions publiques d’ordre politique et les cérémonies officielles ».

   Toutefois, si la reprise de ces contenus de façon partielle ou intégrale est autorisée, elle doit être obligatoirement assortie de la mention du nom de l’auteur, de la source, et éventuellement d’un lien renvoyant vers le document original. 

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