Rabelais

  • Panurge et le mariage  

       A partir du chapitre VII, se pose me problème central du Tiers Livre : Panurge annonce son intention de se marier. Sera-t-il heureux ? Sa femme lui sera-t-elle fidèle ? Il découvre alternativement les avantages et les inconvénients du mariage et Pantagruel lui répond en écho, tantôt : « Mariez-vous donc », et tantôt : « Point donc ne vous mariez ».  Ils interrogent les uns et les autres. Consultations burlesques qui aboutissent à chaque fois au même résultat : selon Pantagruel et frère Jean, les réponses obscures des uns et des autres prédisent à Panurge qu’il sera malheureux en ménage ; ce dernier, au contraire, interprète favorablement toutes les prédictions et se berce d’illusions.

       Pantagruel et Panurge décident enfin d’aller consulter l’oracle de la « Dive Bouteille ». Le bon sens de Pantagruel lui fait condamner les mariages sans le consentement des parents et Panurge s’en remet entièrement à la décision de son père pour le choix de son épouse.

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  • L'abbaye de Thélème

      L'abbaye de Thélème

       Dans Gargantua, Rabelais évoque un endroit idéal qui a pour devise « Fais ce que tu voudras ».

       L’abbaye de Thélème « accueille les femmes « depuis 10 jusqu’à 15 ans ; les hommes depuis 12 jusqu’à 18 […]. Fut ordonné que là ne seraient reçues sinon les belles, bien formées et bien naturées, et les beaux bien formés et bien naturés… Fut constitué que là honnêtement on pût être marié, que chacun fût riche et vécût en liberté… A l’issue des salles du logis des dames étaient les parfumeurs et les testonneurs (coiffeurs), par les mains desquels passaient les hommes quand ils visitaient les dames. Iceux fournissaient chaque matin la chambre des dames d’eau de rose, d’eau de naphte et d’eau d’ange… Jamais ne furent vues dames tant propres[1], tant mignonnes, moins fâcheuses, plus doctes à la main, à l’aiguille, à tout acte mulièbre[2] honnête et libère, que là étaient. Par cette raison quand le temps venu était que aucun d’icelle abbaye, ou à la requête de ses parents, ou pour autre cause, voulût issir hors, avec soi il emmenait une des dames, celle laquelle l’aurait pris pour son dévot, et étaient ensemble mariés ; et si bien avaient vécu à Thélème en dévotion et amitié, encore mieux la continuaient-ils en mariage ; d’autant s’entr’aimaient ils à la fin de leurs jours comme le premier de leurs noces… »       


    [1] Elégantes.

    [2] De femme.

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