Aucassin et Nicolette

  Aucassin et Nicolette (Pissarro, 1903)

   Cette « chantefable » anonyme date de la première moitié du XIIIe. Son originalité est due à l’alternance de morceaux de prose et de laisses lyriques, assonancées, dont le manuscrit nous indique la mélodie.  Laisses et prose sont coupées de dialogues et de monologues. L’œuvre est composée en trois actes. Toutefois, le thème est courant : les amours contrariés de deux jeunes gens qui finissent par s’épouser. Sentiments naïfs et purs, sens de la nature, opposition des caractères - Aucassin est paralysé par la passion alors que Nicolette est énergique et rusée - , ironie de l’auteur qui n’est pas dupe de son sujet, parodiant les romans courtois.

Les amours contrariés  

   Aucassin, fils du comte de Beaucaire, est amoureux de Nicolette, belle captive achetée à des Sarrasins par le vicomte de la ville qui l’a baptisée et en a fait sa filleule. Le comte ne veut pas entendre parler de cette mésalliance et ordonne au vicomte d’éloigner sa filleule. La voilà enfermée dans une chambre du palais. Aucassin la réclame en vain. Pour qu’on lui rende Nicolette, il accepte de guerroyer (alors qu’il n’a aucun goût pour les armes) : il fait prisonnier le comte de Valence (en guerre contre son père) mais le relâche puisque son père ne tient pas parole et refuse de lui accorder Nicolette. Celui-ci l’enferme dans un souterrain.

La fuite des amants      

   Une nuit de mai, Nicolette s’évade à l’aide d’une corde faite de draps noués. Elle passe près de la tour où Aucassin est retenu prisonnier, l’entend gémir et lui annonce son intention de quitter le pays pour échapper au danger. Elle parvient à quitter la ville, se réfugie dans la forêt voisine et confie à des pastoureaux un message pour Aucassin. Nicolette disparue, Aucassin est remis en liberté et l’on célèbre une grande fête pour le réconforter, en vain. Triste, il parcourt la forêt et, renseigné par les pastoureaux, retrouve Nicolette.  

Les aventures et le retour

   Ils arrivent au bord de la mer et s‘embarquent, abordant ensuite l’étrange pays de Torelore où tout se fait à l’inverse de nos usages et où ils vivent heureux. Mais une razzia de Sarrasins les jette, prisonniers, dans des bateaux différents, dispersés par la tempête. Aucassin, sur une épave, débarque à Beaucaire. Ses parents étant morts, il devient seigneur du pays mais reste inconsolable d’avoir perdu Nicolette qui, reconnue et fêtée par son père, le roi de Carthage, s’enfuit pour ne pas épouser un roi païen. Déguisée en jongleur, le visage noirci, elle revient à Beaucaire et, devant Aucassin accablé de tristesse, elle chante leur propre histoire en s’accompagnant de la vielle. Les deux amants se reconnaissent enfin, leur mariage est célébré dans la joie et le luxe. IIs ont enfin trouvé le bonheur.

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