Louise Labbé ou la belle Cordière

Louise Labbé, dite la belle Cordière

   Fille d’un modeste marchand de chanvre, elle était née à Lyon en 1524. Belle et intelligente, elle profite des avantages de cette ville, seconde capitale du royaume, qui subit l’influence de la Renaissance italienne et où les femmes cultivent leurs dons avec une liberté presque encore inconnue en France. Elle apprit plusieurs langues, dont le latin et le grec, montait à cheval et maniait les armes. La légende lui prête une vie aventureuse : à seize ans, elle serait partie se battre (travestie) au siège de Perpignan contre les Espagnols pour suivre l’homme qu’elle aimait. A dix-huit, elle est mariée avec Ennemond Perrin, maître-cordier, d’où son surnom de « Belle Cordière ». Ce qui ne l'empêche pas d'avoir des aventures extra-conjugales, patmi lesquelles un eliaison passionnée avec le poète Olivier de Magny. 

   De vingt à trente ans, elle écrit trois élégies, vingt-trois sonnets, un texte en prose : Le débat de la Folie et de l’Amour. Et elle réclamait déjà pour les femmes le droit « d’élever un peu leurs esprits par-dessus leurs quenouilles et fuseaux ».  

Louise Labé — Wikipédia (wikipedia.org)

Influence italienne

   L’influence italienne s’exprime dans l’ouvre de Louise Labbé et particulièrement dans les Sonnets. Le premier d’entre eux est écrit en italien à la manière de Pétrarque. Tous les autres thèmes du recueil relèvent du pétrarquisme : l’amour douloureux, le langage savant, les allusions mythologiques, les métaphores du combat et de la blessure, ainsi que le forme même du sonnet.       

La revendication féministe

   Audacieuse, Louise demande dans l’ « Epître dédicatoire » de ses Œuvres que les femmes ne soient pas « dédaignées comme compagnes, tant ès affaires domestiques que publiques, de ceux qui gouvernent ». Sa poésie, se caractérise par une grande sincérité éloignée du caractère parfois artificielle du pétrarquisme, surtout dans la relation de l’expérience sensuelle.

   Renversant les rôles du code amoureux traditionnel, elle fait de l’homme l’objet de désir dont elle détaille les charmes et montre la femme non plus comme une inspiratrice mais comme soumise à la violence de la passion.

   Son écriture rejette descriptions et anecdotes afin de concentrer l’émotion, souvent liée à l’absence de l’aimé, dans le pronom à la 1e personne et les termes à connotation érotique.    

   Le dévoilement du désir ne s’accompagne d’aucun regret. La brièveté du sonnet qu’elle utiliser librement convient à l’expression de ce lyrisme amoureux.

Une citation

Sur la souffrance du désir

"Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie.

J'ai chaud extrême en endurant froidure ;

La vie m'est trop molle et trop dure.

J'ai grands ennuis entremêlés de joie."

(Sonnets, VII)

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