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Marguerite de Navarre

  Portrait de Marguerite de Navarre (Jean Clouet vers 1530 )

   Marguerite de Valois, Marguerite d’Angoulême, Marguerite d’Orléans, Marguerite de Navarre (1492-1549) : la sœur aînée de François Ier, fille de Louise de Savoie et de Charles d’Orléans, marguerite des princesses, possède autant de noms que ses talents sont divers. Elle lit le latin et le grec, parle allemand, italien et espagnol. Dans les Cent nouvelles nouvelles, elle tient à fonder ses récits sur des faits réels, qu’elle dépouille pourtant de circonstances trop précises. Princesse éduquée et érudite, elle n’oublie pas la leçon des rhétoriqueurs - ni ce Roman de la Rose, dont son protégé à Nérac, Clément Marot, a publié une nouvelle édition – qui la ramène aux allégories du Moyen Age et à l’amour courtois. Amour courtois ? Femme du monde, elle subit l’influence de Boccace, chez qui l’amour courtois a cédé devant la galanterie élaborée, le bavardage et la gaillardise. Gaillardise ? Marguerite éprouve trop de sympathie secrète à l’égard de la Réforme pour ne pas être marquée par sa rigueur et sa pureté. On peut lire L’Heptaméron, symbole d’un marivaudage altier, et retenir que pour elle, la nouvelle est un fait divers abstrait. Une nouvelle à lire ? Peut-être la Continence d’une jeune fille contre l’opiniâtre poursuite amoureuse d’un des grands seigneurs de France, et l’heureux succès qu’en eut la demoiselle.

Marguerite de Valois-Angoulême — Wikipédia (wikipedia.org)

Allons plus loin

   Après l’accession de son frère au trône de France en 1515, elle vient vivre à la cour où, jusqu’en 1540, elle va jouer un rôle politique et culturel de premier plan. En 1525, elle se rend à Madrid pour négocier auprès de Charles Quint la libération de son frère, fait prisonnier à la bataille de Pavie. Veuve à 34 ans, elle se remarie avec le roi de Navarre Henri d’Albret. Suivent quelques années sombres : elle perd successivement son fils âgé de 6 mois et sa mère et voit son recueil de poèmes le Miroir de l’âme pécheresse condamné en Sorbonne et doit, en raison de ses positions religieuses protestantes, quitter la cour après l’affaire des Placards (octobre 1534) : des placards contre la messe, affichés à Amboise sur la porte de la chambre du roi, ainsi que dans diverses autres villes de France poussèrent François Ier à pourchasser les hérétiques, dont plusieurs furent brûlés. Marot et son ami Jamet figuraient sur une liste de 52 suspects et se réfugièrent d'abord chez Marguerite puis à Ferrare en juin 1535, où Renée de France, fille de Louis XII, accueillait les Réformés (comme Calvin). Les deux amis y furent admis coimme secrétaire.     

   Retirée dans ses états de Nérac, elle fait de sa cour un foyer de l’humanisme et accorde sa protection aux protestants. Parmi les écrivains qui l‘ont entourée, on peut citer Marot, Peletier du Mans, Etienne Dolet, Rabelais qui lui dédie le Tiers livre.  

Château de Nérac

Poésie et contes moraux

   Dès son adolescence, Marguerite de Navarre s’adonne à la poésie qu’elle développe dans deux directions : l’une tournée vers le monde, l’autre vers la religion.

   Sa poésie profane contient des poèmes d’amour empreints de néoplatonisme et de pétrarquisme, rédigés à la 1ere personne ou sous forme de dialogue entre des personnages imaginaires (Les Quatre Dames et les Quatre Gentilshommes) ; des poèmes d’actualité dictés par les événements à la cour ; un dialogue fictif avec son frère décédé, Le Navire. Sa poésie religieuse est imprégnée d’analyses religieuses évangélistes, fruits de sa longue amitié avec l’évêque Briçonnet et de réflexions théologiques.

L’Heptaméron, son œuvre la plus connues, est inspirée par le Décaméron de Boccace. Elle comporte 72 nouvelles. Dix « devisants » que le hasard contraint à séjourner ensemble loin de chez eux, se divertissent en racontant chacun une histoire qui, le plus souvent, traite d’amour. Ces récits, parfois licencieux, visent à plaire et à instruire. Chaque histoire donne lieu à un débat dans lequel on retrouve les préoccupations mondaines, morales, spirituelles et mystiques de Marguerite. 

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Marguerite Renaissance écrivaine