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17e siècle

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  • Ecrivaines

       Il semble qu'hormis Mme de La Fayette et la marquise de Sévigné, nulle femme de lettres n'ait droit aux honneurs de nos manuels scolaires. C'est fort dommage. Ce ne sont pas toutes ces « précieuses ridicules » ou ces « femmes savantes » dont se moque tant Molière. Du reste, on pourrait s'interroger sur l'origine de son sentiment dépréciatif envers la gent féminine à laquelle il concède certes un minimum d'éducation. Mais point trop n'en faut !

       Et pourtant ! La langue française, à l'origine du rayonnement de notre civilisation au XVIIe siècle - rayonnement qui s'épanouit au siècle des Lumières – commence à s'épurer dans ces « salons de dames », salons précieux dans le meilleur sens du terme. Sans doute Mme de Rambouillet est-elle la première à ouvrir sa « chambre bleue », une brèche dans laquelle s'engouffrent un certain nombre de ses consœurs.  

       Fréquentés par les beaux-esprits du temps, ces salons deviennent le creuset d'une création littéraire féconde, masculine au premier chef, mais aussi féminine. Hélas, en ce temps-là, une femme de la bonne société se doit de respecter des normes sociales contraignantes : écrire ? Soit ! Des lettres, son journal intime, quelques poèmes... Mais publier ! Mais devenir somme toute une « femme publique » ! Fi donc !

       Ainsi donc, bon nombre de femmes lettrées renoncent à la publication ou bien, comme Mme de La Fayette, publient sous un pseudonyme.

       Cependant quelques-unes ont le courage de dépasser les convenances. Mlle de Scudéry en est le vibrant témoignage. Elle n'est pas la seule, on le verra.

       Ces lignes ne sont pas un plaidoyer féministe mais veulent rendre justice à des figures féminines oubliées qui toutes, à leur manière, contribuent à ce qu'il faut bien nommer « Le Grand Siècle ». 

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  • Education

       Les femmes qui voulurent s'instruire furent traitées de « précieuses » ou de « savantes ». Cependant, de nombreux témoignages nous montrent que le problème de l'éducation des femmes commençait à entrer dans les consciences. En cela, le 17e siècle fit une belle avancée qui se confirma au siècle des Lumières, se développa au siècle suivant et éclata aux yeux de tous au 20e siècle.

       La Bruyère écrivait certes dans la Préface des Caractères : « On ne doit parler, on ne doit écrire que pour l'instruction. » Mais pensait-il à celle des femmes ? ...

       Mentionnons ici deux pionnières peu connues en France. Anne-Marie de Schurmann (très versée en latin, grec et langues orientales) qui rédigea un ouvrage paru en France en 1646, S'il est nécessaire ou non que les femmes soient savantes, et l'Anglaise Mary Astell (sciences, mathématiques et philosophie) qui réclama pour les femmes le droit de s'instruire en publiant son Essai de défense du sexe féminin.

       A la fin du règne de Louis XIV, 30 % des Français sont capables de signer, mais seulement 15 % des Françaises. Au nord de la ligne Saint-Malo/Genève, le taux d'alphabétisation moyen dépasse 20 %, alors qu'il est souvent inférieur à 10 % au sud.

       Noublions pas Montaigne qui savait que l'intelligence s'épanouit dans les relations intellectuelles. Dans un chapitre intitulé "De l'art de converser", il écrit : "Le plus fructueux et naturel exercice de notre esprit, c'est à mon gré la conversation." Selon lui, la discussion permet certes de justifier son point de vue, mais aussi de clarifier ses idées, l'autre étant comme un miroir. La contradiction est toujours positive car l'esprit en sort fortifié. 

       Le 18e siècle saura s'en souvenir... 

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  • Héroïnes littéraires

    La femme éternelle   Dans ce chapitre figurent des silhouettes féminines, qui peuplent avant tout les scènes de théâtre, genre premier en ce siècle classique, mais également le roman - bien qu'il n'ait pas encore acquis ses lettres de noblesse, hormis La Princesses de Clèves - et ses héroïnes oubliées, ainsi que certains types littéraires  qui hantent les ouvrages des uns et des autres : la femme ou plutôt la Femme est un thème éternel. N'est-ce point Goethe qui parlait de « l'éternel féminin » ?

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  • Intellectuelles

    Ecrire   Ce terme  d'intellectuelles n'existe pas au 17e siècle et pas davantage celui de femmes de lettres. Cependant, il faut bien cataloguer ces femmes qui, d'une manière ou d'une autre, contribuent (salons, correspondance, écrits divers) à la naissance d'une littérature féminine. Moins connues que leurs consoeurs, elles méritent une place dans la mémoire du temps passé...

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  • Préciosité

       Un objet « précieux » est un objet rare et qui a du prix. Tel est le premier sens de l'adjectif. On en fit un nom propre, décliné au féminin et « les Précieuses » devinrent « ridicules ». La faute en revient à Molière qui se défendit, en son temps, d'avoir voulu critiquer « toutes » les Précieuses : il s'agissait pour lui de souligner les extravagances de quelques-unes. Mais le mal était fait...

       « Il y a une nature de filles et de femmes que l'on nomme Précieuses, qui ont un jargon et des mines, avec un déhanchement merveilleux ; l'on en a fait une carte pour naviguer en leur pays. » (Chevalier de Sévigné, oncle de M. de Sévigné)

       Mais les Précieuses et leurs chevaliers servants, en favorisant l'établissement des bienséances - le début du XVIIe siècle manque pour le moins de raffinement -, en analysant les sentiments, en épurant le langage (élimination de certains vocables, précision et propriété des termes) ont contribué à ce que nous nommons le classicisme.

       Il y a quelques excès, c'est une affaire entendue. Pascal, lui, défend le naturel : « L'éloquence est une peinture de la pensée ; et ainsi ceux qui, après avoir peint, ajoutent encore, font un tableau [une oeuvre artificielle] au lieu d'un portrait », écrit-il dans les Pensées. Et plus loin : « Il faut de l'agréable et du réel, mais il faut que cet agréable soit lui-même pris du vrai. »  

       Pour conclure, ce texte dont j'ai omis de noter le sources. Que l'auteur me pardonne !

       « Parmi les femmes, certains esprits d’élite méritaient d’accéder à la culture - et y accédèrent - malgré les préjugés du temps sur l’inutilité et même l’inconvenance des études pour les femmes.

       Mais quel est le rapport entre le savoir, fatras d’érudition du temps, et le grand public d’aujourd’hui ?

       Tout est relatif : les normes de la culture et du savoir mondain varient avec l’époque. Ces femmes lisaient des ouvrages qui, aujourd’hui, paraissent souvent illisibles aux spécialistes eux-mêmes.

       Il existait également une limite imperceptible entre une querelle de doctes et un débat accessible aux gens cultivés.

       Apparut alors un esprit nouveau qui était la conscience de cette limite. La plupart des auteurs - essentiellement des hommes – prirent soin désormais de la respecter, ce qui ne fut pas sans conséquences sur l’idée qu’on se faisait de la littérature. Grâce à Voiture notamment, la gravité des doctes et l’austérité du savoir furent bannies. On traitait un point de science ou on donnait son jugement en plaisantant, d’une façon galante et enjouée ; il fallait savoir tourner en jeu les entretiens sérieux. D’où la grande influence des femmes, le triomphe de la galanterie, de la préciosité et la naissance des salons. » 

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