« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Maximes : généralités

Particularité des maximes

   La structure fermée des maximes empêche l’expression de toute sensibilité. Selon les canons du classicisme, elles utilisent l’antithèse, autrement dit la symétrie. Elles tendent évidemment à la rationalisation et à la clarté.

   Elles se terminent souvent par une « pointe », héritage pérenne de la préciosité, qui ferme davantage encore la pensée.

   La vertu s’y veut supérieure aux contingences mais elle ne fait que les déguiser, les farder ou les voiler.

   Le 17e siècle est sensible à l’ambiguïté de l’homme. Les tragédies de Racine en témoignent : les personnages ont des visages ou des conduites équivoques. Il en est de même dans les cercles mondains et certain(e)s renoncent à la duplicité du monde et aux codes humains (cf. le jansénisme et la retraite à Port-Royal).

   La philosophie de l’époque est fermée à la dialectique, c’est-à-dire ici à une pensée circulaire, en devenir ou transitionnelle, bref aux échanges.

   Quand on écrit une maxime, on projette de dire la vérité, on n’écrit pas de roman ; en ce sens, on est un(e) « intellectuel(le)» dans le sens actuel, au statut contradictoire : la société mondaine le (la) délègue à une tâche précise mais cette tâche est la contestation, la démystification.

   Les maximes sont nées dans les salons (sous forme de portraits, devinettes, etc.) et, en même temps, critiquent cette mondanité. La contestation n’est pas politique, uniquement psychologique, et s’inscrit dans la nébuleuse religieuse, comme le rappelle Roland Barthes dans Le Degré zéro de l'écriture.  

   Ainsi, une aristocratie éclairée sur ses propres manquements se retourne en quelque sorte contre sa fonction qui ne vise pas le travail mais l’oisiveté.

   On voit ici les limites d’une caste sociale en proie à ses interrogations. Le tragique frôle le mondain. Mme de Sablé s'est illustrée dans les maximes.

Sources : Préface à La Rochefoucauld, Réflexions ou Sentences et Maximes, 1961

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