Papeterie

Ces objets pour écrire

Ecrire   Ces dames écrivent : il leur faut donc du papier, une plume et de l'encre.

   Encre

   Dans Petit Louis, dit XIV L’enfance du Roi-Soleil (Seuil, 1985), Claude Duneton nous livre une recette de l'encre : « Mettre à tremper une bonne livre de bonnes noix de galle dans quatre pintes de cidre clair (ou du vin blanc), tenir le tout sur des cendres chaudes dans un petit pot de grès.  Remuer 5 à 6 fois avec un court bâton de buis. Ajouter six onces de gommes d’Arabie, cassées et réduites en poudre, une demi-livre de couperose de Hongrie et une once de vitriol romain, laisser fondre doucement le tout dans cette infusion. Remuer souvent. »

   Certes, nos héroïnes ne se livrent pas elles-mêmes à l'opération. Mais l'encre gèle... mais le secrétaire n'en a plus et doit en fabriquer... mais il faut attendre... Quelle galère !

   Quant au papier... On peut utiliser du beau papier de Hollande, très cher. Pour sécher leur missive, ces dames utilisent de la fleur de farine ou du sable.

   Plume

   Quant à la plume... Il faut la choisir, la tailler correctement, ébarber le bas de la rémige à l’aide d’une petite lame mince gardée dans un étui. Et la tremper si souvent... Bref, encore une galère !

   Les plumes[1] pour écrire sont d’abord vendues par des colporteurs. Au cours du 17e siècle, on les trouve dans des boutiques. Le Livre commode des adresses de Paris (1692) signale le « commerce des plumes taillées » à la rubrique « Papetiers ».  

    Comment se présentaient les plumes ?

    Elles étaient triées par taille et attachées par des liens de coton coloré. La couleur du lien et le nombre de tours indiquaient la qualité : un cordon vert à 22 tours par exemple signalait les plumes les moins chères, un cordon rouge à 65 tours désignait les meilleures. Chaque botte contenait vingt-cinq plumes. Quatre bottes faisaient un cent, lié à nouveau avant l’expédition en province.

    D’où provenaient-elles ?

    Les plumes étaient recueillies par les paysans et les conducteurs de troupeaux d’oie. Celles qui tombaient seules entre mai et juin, à la période de la mue, étaient préférées à celles prélevées sur les animaux sacrifiés.

    Au 18e, on importait des plumes de Norvège, d’Irlande et même de la baie d’Hudson, réputées pour leur dureté et leur qualité.   

   Plus tard (à partir du 18e siècle), ces dames disposeront de plus de confort : une écritoire avec un plateau pour ranger les plumes, une pique pour les maintenir droites et un encrier en cuivre, une boîte à sable pour sécher l'encre, des cachets de cire et un poinçon. Ces écritoires se feront portatives.  

Sources : L'ABCdaire des objets d'écriture, Le Collen et Cattelain, Flammarion.


[1] Il s’agit encore de plumes d’oie.

Ecrire aujourd'hui

Lol

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