Ecrivaines

   Il semble qu'hormis Mme de La Fayette et la marquise de Sévigné, nulle femme de lettres n'ait droit aux honneurs de nos manuels scolaires. C'est fort dommage. Ce ne sont pas toutes ces « précieuses ridicules » ou ces « femmes savantes » dont se moque tant Molière. Du reste, on pourrait s'interroger sur l'origine de son sentiment dépréciatif envers la gent féminine à laquelle il concède certes un minimum d'éducation. Mais point trop n'en faut !

   Et pourtant ! La langue française, à l'origine du rayonnement de notre civilisation au XVIIe siècle - rayonnement qui s'épanouit au siècle des Lumières – commence à s'épurer dans ces « salons de dames », salons précieux dans le meilleur sens du terme. Sans doute Mme de Rambouillet est-elle la première à ouvrir sa « chambre bleue », une brèche dans laquelle s'engouffrent un certain nombre de ses consœurs.  

   Fréquentés par les beaux-esprits du temps, ces salons deviennent le creuset d'une création littéraire féconde, masculine au premier chef, mais aussi féminine. Hélas, en ce temps-là, une femme de la bonne société se doit de respecter des normes sociales contraignantes : écrire ? Soit ! Des lettres, son journal intime, quelques poèmes... Mais publier ! Mais devenir somme toute une « femme publique » ! Fi donc !

   Ainsi donc, bon nombre de femmes lettrées renoncent à la publication ou bien, comme Mme de La Fayette, publient sous un pseudonyme.

   Cependant quelques-unes ont le courage de dépasser les convenances. Mlle de Scudéry en est le vibrant témoignage. Elle n'est pas la seule, on le verra.

   Ces lignes ne sont pas un plaidoyer féministe mais veulent rendre justice à des figures féminines oubliées qui toutes, à leur manière, contribuent à ce qu'il faut bien nommer « Le Grand Siècle ». 

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