Jeux enfantins

A quoi jouent les enfants ?

Jeu de l'oie du 17e siècle   Dehors, les enfants jouent aux quilles, à l’escarpolette, au palet, à la fronde, au cerf-volant, à la bascule (balançoire avec une pièce de bois en travers et une planche en longueur), à la fossette (avec des noix et des trous faits dans la terre), au ricochet, au volant, à la balle, aux barres, à cheval fondu et à coupe-têtes (notre saute-mouton), à cligne musette (notre cache-cache), à colin-maillard, à frappe-main (ou main chaude), à la crosse (ancêtre du hockey sur glace).

   À l’intérieur, on joue au jeu de l’oie « renouvelé des Grecs », à cache-cache mitoulas (« il consiste à mettre quelque chose secrètement entre les mains ou dans les habits de quelqu’un de la compagnie : ce qu’on propose à deviner à une tierce personne ») ou bien on s’occupe avec des jouets fabriqués souvent à la maison pour les plus pauvres : hochet pour nourrisson, poupard (« poupée emmaillotée et sans bras »), carrosses, châteaux ou moulinets faits avec des cartes dépareillées, pirouette (toupie grossière où l’on enfile un pivot de bois dans une pièce de bois ou de métal ronde et percée). Les petites filles jouent volontiers à la madame ou à la marchande.

   Les jouets les plus perfectionnés sont façonnés et vendus par les bimbelotiers : bilboquet, cheval de bois, cochonnet de table, crécelle, jonchets, poupée, toupie, toton, etc.  

   Les jours de pluie, les enfants les plus favorisés aiment jouer au corbillon, jeu de compagnie imitant celui des grands : il s’agit d’un jeu d’esprit qui oblige de parler en rimant tout en on.  À propos de jeux d’esprit, viennent en tête les échecs et les dames. On invente la poule, jeu de dames simplifié (« Un seule dame, qui est le renard, combat contre douze pions qui sont les poules »), un jeu d’oie transposé destiné à apprendre la chronologie, un jeu de cartes destiné à apprendre l’histoire de France, des « compositions agréables » (divertissement et instruction) comme « le combat des rats et des grenouilles d’Homère, le combat des lettres de Lucien, la nouvelle allégorique » (cité par Furetière). En 1642, Charles Sorel propose dans La Maison des jeux un grand nombre de jeux de société (ou « de compagnie »), comme celui des fleurs ou celui du gage touché. Le jeu des proverbes durera jusqu’au 20e siècle, ainsi que celui des rébus ou des charades. Existe aussi le « jeu des romans », décrit ainsi par Dubois, le valet de chambre du jeune Louis XIV : « L’on s’assied en rond. L’un commence un sujet de roman et suit jusqu’à ce qu’il soit dans quelque embarras. Cela étant, celui qui est proche prend la parole et suit de même, ainsi de l’un à l’autre, les aventures se trouvent, où il y en a quelquefois de bien plaisantes. »

Sources : Dictionnaire du Grand Siècle, François Bluche, Fayard, nouvelle édition 2005, Article de François Bluche.

* * *    

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×