« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Querelle des Anciens et des Modernes

Dans la fameuse Querelle, les femmes prennent parti pour les Modernes

La Querelle des Anciens et des Modernes (Marc Fumaroli)   Lors de la « Querelle des Anciens et des Modernes », les femmes, à la suite du Mercure galant, prirent parti pour les Modernes. Boileau, partisan des Anciens, écrivit contre elles en 1693 la Satire X. Perrault, l’auteur des Contes et partisan des Modernes, riposta la même année, en 1694 par son Apologie des femmes dont voici un extrait :    

 « … Au lieu d’être toujours dans des lieux de plaisir,

À repaître tes yeux, à charmer ton loisir,

À regarder sans cesse aux cours, aux Tuileries,

Du fard et du brocard chargé de pierreries,

Va dans les hôpitaux, où l’on voit de longs rangs

De malades plaintifs, de morts et de mourants.

Là, tu rencontreras en tout temps, à toute heure,

Malgré l’air infecté de leur triste demeure,

Mille femmes d’honneur, dont souvent la beauté,

Que cache et qu’amortit leur humble piété,

A de plus doux appas, pour des âmes bien faites,

Que tout le vain éclat des plus vives coquettes.

Descends dans des caveaux, monte dans des greniers,

Où des pauvres obscurs fourmillent à milliers,

Tu n’y verras pas moins de dames vertueuses

Fréquenter, sans dégoût, ces retraites affreuses,

Et par leur zèle ardent, leurs aumônes, leurs soins,

Soulager tous leurs maux, remplir tous leurs besoins.

Entre dans les réduits des honnêtes familles,

Et vois y travailler les mères et les filles,

Ne songeant qu’à leur tâche et qu’à bien recevoir

Leur père ou leur époux quand il revient le soir.

Charmé de leur conduite, et si simple et si sage,

Tu te verras contraint de changer de langage.

Peux-tu ne savoir pas que la civilité,

Chez les femmes naquit avec l’honnêteté,

Que chez elles se prend la fine politesse,

Le bon air, le bon goût et la délicatesse… »

Texte in extenso ici

   La Querelle reprit au début du 18e siècle à propos d’Homère, avec d’autres acteurs cette fois, notamment Mme Dacier, partisane des Anciens, et La Motte, davantage tourné vers les Modernes. La paix fut faire grâce à l’académicien Valincourt qui offrit sa médiation en réunissant à sa table le 3 avril 1716 les deux champions et quelques convives, dont Mlle Delaunay (la future Mme de Staal-Delaunay, femme de chambre de la duchesse du Maine) qui écrivit dans ses Mémoires : « On but à la santé d’Homère et tout se passa bien. »

   En fait, au cours du 18e siècle, on se pencha beaucoup sur la question, d’une manière plus sereine, car elle se confondait avec l‘idée de progrès. A cet égard, on peut lire le chapitre du Dictionnaire philosophique sur les Anciens de Voltaire ou le dialogue titré Les Anciens et les Modernes ou La Toilette de Madame de Pompadour (1765) 

   L'Odyssée d'Homère était au programme de Terminale L en 2010. La Querelle a-t-elle jamais existé ?...

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