La Comtesse de Tende

La Comtesse de Tende, brouillon de La Princesse de Clèves (Mme de La Fayette)

   Comme La Princesse de Montpensier, La Comtesse de Tende est un brouillon de La Princesse de Clèves.

   Comparons les deux ouvrages. Il existe deux différences importantes :

1/ la nature de la passion : les malheurs de l’amour ne sont plus causés par la discordance entre la passion et le monde extérieur ou entre la passion et la qualité des âmes, mais par la passion elle-même. Les personnages sont lucides mais n’ont pas le temps de s’analyser, entraînés par la violence de leur amour qu’ils poursuivent comme un absolu. Navarre n’est pas un séducteur frivole comme Guise, il sait se montrer hardi et quitte sa femme la nuit même de ses noces pour aller écrire à Mme de Tende une déclaration d’amour qui se refuse elle-même à son mari lorsqu’il prétend reprendre ses droits sur elle. Une fougue et une intransigeance qui précipitent les héros dans l’abîme où la passion se révèle alors comme pure folie.

2/ L’auteur dit la honte, et non l’honneur : « Elle sentit bien que la honte est la plus violente de toutes les passions. » La pression de l’opinion est beaucoup plus forte que dans l’ouvrage précédent ; lorsque tout est perdu pour Mme de Tende, elle goûte encore « une sorte de calme » : elle ne sera pas perdue de réputation, la honte étant pire pour elle que le désespoir de l’amour. Ce rapport entre la honte et l’amour sera approfondi dans La Princesse de Clèves.

Sources : Le Roman jusqu'à la Révolution, Henri Coulet, Albin Michel, réédition 2000.

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