La Princesse de Clèves : démystification curiale

La Princesse de Clèves, lecture démystifiée de la Cour

   Mme de La Fayette situe son roman à la cour des Valois qui dissimule assez mal celle de Louis XIV qu’elle fréquente dans sa jeunesse (à l’âge de seize ans), comme dame d’honneur de la reine Anne d’Autriche et confidente de Madame, Henriette d’Angleterre, belle-sœur de Louis XIV. Cependant, si elle se rend à la cour, elle n’est pas de la cour, et la différence n’est pas mince. Elle lui permet de porter sur la société curiale un regard critique qui porte à la démystification.

   Les passions prédominent, les vanités et les cruautés s’y étalent. Cependant, cette peinture sans illusions constitue non pas un ornement extérieur, mais une nécessité interne et nécessaire à l’économie du roman, dont les lecteurs peuvent faire une lecture allégorique.

   En effet, la « galanterie » des mœurs fait des femmes, proies délaissées après avoir été conquises, les tristes victimes des jeux amoureux ; la promiscuité engendre une tentation constante ; les obstacles nombreux exacerbent les passions plus qu'ils ne les réfrènent. Loin d'être un décor gratuit, pittoresque ou grandiose, la Cour constitue une machine infernale qui broie la princesse.

   A ce propos, on peut lire les autres ouvrages historiques de l’auteur, Histoire de Madame (1724) et Mémoires de la cour de France pour 1668 et 1689 (1731).      

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