La Princesse de Clèves : scène des bijoux

Bref rappel historique sur les pierres précieuses

Mme de Sevigné et son collier de perles   Avant l’avènement de Louis XIV, le diamant arrive en 18e position après les rubis, les saphirs et les perles. On sait que Gabrielle d’Estrées, la maitresse d’Henri IV, possède plus de 3 500 perles. Le bijou le plus célèbre d’Anne d’Autriche est un collier de perles et un portrait célèbre de Mme de Sévigné la représente avec un collier de perles et coiffée à la hurluberlu (ci-contre).   

   Mais Louis XIV se prend de passion pour les diamants qu’il collectionne et, à la fin de son règne, la rivière de diamants détrône le collier de perles. Le roi ne porte des perles que lorsque la cour est en deuil.

   Lors des fêtes versaillaises, les têtes des femmes resplendissent sous les aigrettes, les brillants et briolettes [1]

   La fin du siècle voit les premières imitations de diamants en cristal de roche et en verre.     

   Les joailliers s’installent près du Louvre, place Louis XIV (la future place Vendôme), inaugurée en 1699, tout près de la rue Saint-Honoré déjà célèbre pour sa haute-couture. Y figure en bonne place la statue équestre du Roi-Soleil.

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Notes

[1] Diamants taillés en forme de gouttes de rosée.

La scène des bijoux dans La Princesse de Clèves

   Une scène célèbre de La Princesse de Clèves rappelle l’importance des bijoux à la cour de France : le prince de Clèves s’éprend de Mlle de Chartres précisément chez un joaillier :

   « Le lendemain qu’elle fut arrivée, elle alla pour assortir des pierreries chez un Italien qui en trafiquait pour tout le monde. Cet homme était venu de Florence avec la reine [1] et s’était tellement enrichi dans son trafic que sa maison paraissait plutôt celle d’un grand seigneur que d’un marchand. Comme elle y était, le prince de Clèves y arriva […]. »

   Cette scène nous informe également sur les coutumes de la haute noblesse : le prince de Clèves s’étonne de ne pas voir une si jeune fille accompagnée de sa mère mais se rassure en apercevant les personnes qui composent sa suite, une demoiselle de qualité ne sortant jamais seule.

   N’oublions pas que Mme de Chartres éleva sa fille selon des concepts d’avant-garde et lui accorde le droit de choisir elle-même ses bijoux.

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Notes     

[1] Catherine de Médicis

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