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Apartés chez Molière

   De l’italien a parte, « à l’écart, à part ». Au théâtre, mot ou parole brève qu’un personnage dit à part soi, en présence d’autres personnages, et que seul le spectateur est censé entendre. Les indications de mise en scène (didascalies) permettent de les repérer.

   Adressé directement au public, l’aparté souligne un élément qui pourrait lui échapper, indique qu’il s’agit d’un moment important de l’action ou crée une complicité visant à rendre le locuteur sympathique : « Que d’affectation et de forfanterie ! » (Dorine à propos de Tartuffe et en sa présence, Molière, Le Tartuffe, III, 2).

   Accumulés, contredits par les paroles dites à voix haute, les apartés sont un procédé habituel pour provoquer le comique : ainsi de la série d’apartés exaspérés d’Alceste, alternés avec les compliments de Philinte, sur l’inepte sonnet d’Oronte dans Le Misanthrope de Molière (1, 2).

   Certains auteurs, dès le 17e siècle, le jugèrent comme une convention théâtrale manquant de naturel et de vraisemblance, et tendit à disparaitre.

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