La catharsis dans la tragédie

   Du grec katharsis = « purgation » ou « purification » des passions.

   Cette notion est héritée d’Aristote qui l’utilise à propos de la tragédie dans la Poétique (chap. VI) et à propos de la musique dans la Politique (chap. VIII). Selon Aristote, la tragédie est « une imitation [...] qui, par l’entremise de la pitié et de la crainte, accomplit la purgation des émotions de ce genre. ».

   Il s’agit donc d’interpréter cette métaphore médicale.

   De la Renaissance jusqu’à Lessing au 18e siècle, c’est l’interprétation morale de la catharsis qui a prévalu : la représentation des malheurs que provoquent les excès de passions aurait comme effet de tempérer ces passions chez le spectateur en suscitant chez lui crainte et pitié pour les héros. L’effet cathartique et dissuasif de la tragédie constitue donc un argument pour ceux qui voient dans le théâtre une école de vertu.     

   Remarque : Giraudoux écrit à propos de la tragédie, dans le monologue du jardinier d’Electre : « On réussit chez les rois les expériences qui ne réussissent jamais chez les humbles, la haine pure, la colère pure. C’est toujours de la pureté. C’est cela que c’est, la Tragédie avec ses incestes, ses parricides ; de la pureté, c’est-à-dire en somme de l’innocence. » Boutade certes, mais qui contient une large part de vérité : la pureté, dans ce sens, est de l’intransigeance, le maintien de son idéal envers et contre tous, le refus de soumissions à la société, à ses menaces et à ses bassesses.  

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Date de dernière mise à jour : 26/08/2021