« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

La Mariamne (Tristan L'Hermite)

La Mariamne, tragédie de Tristan L'Hermite (1636)

Tristan L'Hermite   La figure de Mariamne, femme d’Hérode (dont l’histoire est racontée par Flavius Josèphe dans ses Antiquités juives) est à la mode en ce début du 17e siècle. Tristan L’Hermite s’inspire de la Mariamne d’Alexandre Hardy, écrite vers 1600, pour composer sa première œuvre théâtrale.

      Dans l’acte I, Hérode, après un songe où il a vu le frère de Mariamne, Aristobule, qu’il a assassiné lui reprocher ses crimes, se plaint de la froideur de son épouse ; Phérore et Salomé, frère et sœur d’Hérode, lui conseillent la fermeté. Salomé corrompt l’échanson royal pour qu’il accuse Mariamne de tentative d’empoisonnement (acte II). L’acte III est consacré au procès de Mariamne : très épris d’elle, Hérode s’apprête à l‘absoudre quand un mot imprudent de Mariamne le persuade qu’elle lui a été infidèle. Mariamne est emprisonnée et sa mère, par lâcheté, la renie (acte IV). À peine Hérode apprend-il son exécution que, tourmenté par le remords, il se livre au désespoir (acte V).

   La figure tragique du tyran amoureux (cf. Othello) annonce certains personnages raciniens (Néron dans Britannicus, Pyrrhus dans Andromaque). Elle est mise en valeur par la structure insolite de la pièce qui, contrairement aux règles de la tragédie classique, fait intervenir le dénouement dès l’acte IV. L’acte V est entièrement consacré aux imprécations et aux lamentations d’Hérode, dont le rôle, tenu par le célèbre acteur Mondory, constituait une performance d’acteur alors inhabituelle. La pièce fut un succès et resta en faveur assez longtemps : Jean-Baptiste Rousseau, après l’avoir retouchée et remise au goût du jour, la fit représenter en 1731.

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