« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Les Femmes savantes (Molière)

De L'Ecoles des Femmes aux Femmes savantes

Les Femmes savantes (gravure de Moreau le jeune)   Avec L’École des Femmes (1662), Molière prêche la liberté et l’émancipation féminines. Il y montre le danger et ridicule qu’il y a à laisser dans l’ignorance une jeune fille comme Agnès. Une opposition flagrante avec Les Femmes savantes (1672) où il condamne les prétentions littéraires et scientifiques de femmes, nuisibles selon lui à leur équilibre et au bonheur de leur entourage. Molière est sans doute un partisan du juste milieu qui condamne tous les excès, aussi bien ceux de l’ignorance que ceux d’une trop grande curiosité intellectuelle, soutient Sainte-Beuve. Toutefois, le problème demeure : pourquoi condamner ce qu’il a approuvé dix ans plus tôt ?

   Le dessein d’écrire Les Femmes savantes semble être né à partir du moment où, dénombrant ses adversaires, il a constaté que les plus violentes critiques adressées à L’École des femmes viennent des sociétés mondaines dont les raffinements et les scrupules s’accommodent mal de la confiance de Molière dans la nature qu’il juge « bonne » : pour lui, « il suffit de ne pas la contrarier pour qu’elle produise des fruits exquis. » Or, c’est dans ces cercles mondains que se trouvent les femmes les plus portées vers l’étude : le mouvement qui entraîne irrésistiblement les femmes vers l’apprentissage intellectuel prend, à l’époque de L’École des femmes, une ampleur qui ne va pas ralentir, bien au contraire. Les femmes assistent en grand nombre aux conférences académiques de Richesource et de Lescache qui, dans sa maison de la rue Guénégaud, leur dispense de solides connaissances durant trente-quatre ans. En 1666, elles assistent à des conférences scientifiques données par Fontenay, Rohault et Lemery. Les femmes qui s’initient à la culture intellectuelle ne sont ni des sottes, ni des pédantes et, de toute manière, l’hostilité générale du 17e siècle envers le pédantisme aurait pu, à elle seule, les maintenir dans cette discrétion que Clitandre admire chez une femme, sans que Molière ait besoin d’écrire une pièce si violente.      

   En condamnant le pédantisme, Molière ne fait donc qu’exprimer l’opinion courante, celle des « femmes savantes » elles-mêmes, s’assurant par là-même l’adhésion du public. Ce qu’il a voulu ridiculiser, ce sont certaines coteries où se recrutent ses ennemis et il leur prête, le plus souvent à tort, une attitude qui n’est vraie qu’en partie. Les grandes dames que nous connaissons (de Mme de Rambouillet à Mme de Sévigné en passant par Mme de La Fayette) sont sans doute des « femmes savantes » mais pas des pédantes ou s’efforcent, par bienséance, de ne pas le paraître.

   La pièce est prête mais les divertissements royaux dont il est l’intendant en retardent la représentation. Le sujet du pédantisme lui tient pourtant à cœur puisqu’il donne, le 2 décembre 1671 à Saint-Germain, une comédie sans prétention, La Comtesse d’Escarbagnas : on y voit traité sur le mode mineur le thème des Femmes savantes, la comtesse étant une sorte de snobinarde provinciales qui veut tenir un salon littéraire dans sa maison. Esquisse et prélude.

Lieu de l’action et comédie de mœurs

   Molière choisit un milieu bourgeois. L’atmosphère du salon de Célimène dans Le Misanthrope est bien différente : on y pratique les « bons usages » et on a horreur du pédantisme. Alors que dans Les Femmes savantes, tout est déformé par la vanité, tout est parodie : on y emploie de grands mots mais on les comprend mal et l’on ne sait pas y médire avec subtilité.  

   Milieu de grands bourgeois toutefois. Le train qu’on mène dans la maison en fait foi : Martine, servante de cuisine venue de sa Picardie natale, et Lépine, le laquais, ne sont pas les seuls domestiques, puisque Chrysale s’écrie (vers 599-602) :

« L’un me brûle mon rôt en lisant quelque histoire,

L’autre rêve à des vers quand je demande à boire ;

Enfin je vois par eux votre exemple suivi,

Et j’ai des serviteurs et ne suis point servi. »

   Ce qui laisse entendre que, sauf Martine, d’autres domestiques s’appliquent à singer les manières des femmes savantes, sans doute pour garder leur place.

   Dans ce milieu de la haute bourgeoisie parisienne, la grande affaire alors est de jouer aux grands seigneurs et si Philaminte pourtant intelligente, admire les vers ridicules de Trissotin (= trois fois sot) et se réjouit de la présence d’un helléniste dans son salon, c’est en partie parce que les vers de l’un « ont passé chez une princesse » pour avoir quelque délicatesse (vers 751) et parce que l’autre est un « oiseau rare » dont la visite flatte sa vanité.

   À l’arrière-plan, Molière évoque les écrivains mondains qui hantent « le palais, le cours, les ruelles, les tables » (vers 957) à l’affût des « encens » ; Molière, par la bouche de Clitandre, leur reproche les propos malveillants qu’ils tiennent dans les salons sur la cour (vers 1339-1340) et les plaintes qu’ils répandent quand ils n’obtiennent pas les pensions qu’ils réclament (vers 1359-1360).

   Molière s’assure ainsi la sympathie du parterre (trop heureux de voir railleur le pédantisme) et la cour, flattée qu’on prenne sa défense.

Les Précieuses ridicules et Les Femmes savantes.

   La comparaison s’impose. A treize ans d’intervalle, Molière reprend un thème qui lui est cher. Dans les deux comédies, on retrouve les mêmes attaques contre l’affectation dans les manières et les prétentions exagérées du pédantisme. Dans les ceux cas, Molière évoque un intérieur bourgeois troublé par les ambitions « féministes ». Certains personnages des Précieuses, semblent être la première esquisse de ceux des Femmes savantes : Gorgibus annonce Chrysale, Armande et Bélise seront ridicules comme l’étaient Cathos et Magdelon. La récitation du poème de Mascarille se situe au centre de la pièce et suscite le même enthousiasme que celle de Trissotin. 

   Mais alors que la première comédie, en un acte en prose, n’étais qu’une farce sans grande portée, la seconde dénonce un véritable fléau qui désorganise une famille et met en péril le bonheur d’une jeune couple. Les personnages y sont plus variés, plus nuancés et souvent plus odieux. Molière a approfondi sa réflexion et donne aux Femmes savantes un arrière-plan assez amer. Il y aborde maints problèmes qui le passionnent, on l’a vu, celui de l’éducation des femmes et de leur rôle au foyer, celui des rapports entre mari et femme, celui des lectures dangereuses qui peuvent troubler l’imagination et le cœur.

   Par ailleurs, à part Bélise, un peu plus âgée que sa belle-sœur Philaminte, et restée fidèle aux goûts et lectures romanesques da sa génération (vers 293), ni Philaminte ni Armande ne sont exactement des précieuses, au sens où l‘on entendait ce mot vers 1650. Elles parlent sans doute par moments le jargon précieux (abus des adverbes) et attachent aux questions de langue et de grammaire l’importance qu’on leur donnait dans les salons précieux où l’on s’efforçait de parler « selon Vaugelas » mais elles sont surtout vaniteuses, féministes et prudes.

Molière et l’éducation des femmes dans Les Femmes savantes

   Molière ne prétend pas ridiculiser le désir de s’instruire mai celui de vouloir tout savoir, surtout pour en tirer gloire.  En effet, ses femmes savantes ont la naïve ambition de faire de leur maison une sorte d’académie « universelle » où elles réuniront ce qu’on sépare « ailleurs » (vers 872) car rien ne les rebutera et elles s’occuperont aussi bien des « hautes sciences » que de beau langage. Soucieuses d’être célèbres et d’imposer leurs décisions et leurs lois, elles ont donc de vastes et grandioses projets, mais beaucoup moins par curiosité intellectuelle que pour s’affirmer et venger leur sexe des injures qu’on lui fait en lui fermant la porte « aux sublimes clartés ». Selon lui, cette attitude entraîne le dédain du mariage : les femmes savantes n’y voient, comme Armande, qu’un asservissement insupportable qui choque à la fois leur pudeur, leur esprit d’indépendance et le sentiment de leur supériorité.  

   Molière pense que le savoir est intolérable quand on ne veut l’acquérir que par vanité. Il estime aussi que la dispersion intellectuelle dont sont coupables ses personnages ne peut aboutir qu’à l’incohérence et à l’éparpillement de l’esprit. Philaminte, Armande et Bélise parlent de tout mais elles n’ont que des rudiments de savoir – surtout Bélise – et elles ne choisissent dans les diverses doctrines que ce qui est conforme à leurs goûts ou à leur tempérament. Est-ce de la vraie science ? Enfin, elles veulent être de « purs esprits ». De cette pruderie, Molière se moque également : il n’y voit que mensonge et hypocrisie. La meilleure preuve en est qu’Armande, à bout de ressources, après s’y être longtemps refusée, se résigne à s’offrir à Clitandre, qui maintenant la dédaigne (vers 1240). Cette haine de la pruderie, Molière l’a déjà exprimée dans Le Misanthrope avec Arsinoé.

   Par ailleurs, il s’agit d’autre chose que d’une simple attaque contre la préciosité. Au cours de son histoire, la préciosité se présente sous des aspects fort variés qui ne sont pas toujours ridicules et qui ont exercé sur les mœurs des influences positives. Molière ne confond pas la vieille préciosité, alors démodé, préciosité exagérée par les gens du « bel air » et la vraie préciosité dont il reconnaît le mérite. Il se borne à dénoncer le danger de cette attitude intellectuelle sur des esprits faibles comme Bélise, chimériques et entêtés comme Armande ou prétentieux comme Philaminte.

Héroïnes

* Philaminte, la mère, est la plus intelligente et la plus désintéressée (cf. son attitude quand elle se croit ruinée). Elle admire non sans raisonner (vers 787) mais elle se montre autoritaire, masculine, soucieuse de tout régenter et chez qui le désir de singer les grandes dames et l’égoïsme ont étouffé méfiance, tendresse, pitié et féminité. Cartésienne et stoïcienne certes car elle a le goût de la difficulté et de l’effort... mais sans tenter de faire taire sa vanité. Odieuse sans doute sauf à la fin, grâce à sa fermeté d’âme.   

*Armande est une jeune fille nourrie de rêves. Imaginative plus qu’intelligente, se sachant protégée par sa mère, elle est tout aussi égoïste et méprise son père. Furieuse et dépité, elle veut se venger en épousant Henriette d’épouser Clitandre et en lui imposant un autre mariage. Deux circonstances atténuantes toutefois : avoir été dominée par sa mère et humiliée par celui qu’elle aime encore.

* Bélise est la parente pauvre de la maison que personne ne craint, pas même Chrysale. C’est une vieille fille, mais sans amertume : elle vit dans ses « visions », persuadée que tous les hommes l’adorent. Plaisante illusion qui l’empêche de souffrir. Peu comblée par la nature, elle se plaît à contenter sa maigre intelligence en répétant des notions élémentaires fraîchement acquises et à les enseigner. Le complexe maternel non satisfait a trouvé un dérivatif dans la pédagogie.

* Henriette, face à elles, se pare d’une finesse railleuse, loin d’être « haïssable », comme on a pu le dire. Ironie acerbe fausse humilité, pensée vulgaire et médiocrité ? Non. Certes, elle semble se contente d’un être insensible à ses charmes. Mais, pour la juger, il convient de se rappeler qu’elle est à peu près seule à assurer son bonheur. Elle sait et elle dit que son père est prêt à consentir à tout. Elle n’a pas tort. Et à qui sa confier ? Il faut bien que Molière fasse d’elle une fille raisonnable et réaliste pour mieux l’opposer à ceux qui la dédaignent et lui donner la force de faire front. Elle le fait avec esprit et une intelligence bien supérieure à celle d’Armande. Molière rappelle ainsi que le bon sens peut exister même et surtout chez des êtres spontanés, et aussi que toutes les femmes ne sont pas prudes ou prétentieuses.

* Martine est vraisemblablement moins bornée qu’on pourrait le supposer. Plus terne que d’autres servantes de Molière, mais dévouée et, en attendant de réagir vivement (acte V, scène 3), elle a été réduite à ne pas comprendre les billevesées dont on accable son bon sens de paysanne.   

Réception de la pièce

   La pièce tient seule l’affiche au Palais-Royal du vendredi 11 mars 1672 jusqu’à la clôture de Pâques, le 5 avril.  Le succès est d’abord honorable. Le lendemain de la première représentation, Donneau de Visé écrit dans le Mercure galant : « Il y a partout mille traits pleins d’esprit, beaucoup d’expressions heureuses et beaucoup de manières de parler nouvelles et hardies, dont l’invention peut être assez louée et qui ne peuvent être imitées. Pour bien juger du mérite de la comédie dont je viens de parler, je conseillerais à tout le monde de la voir et de s’y divertir, sans examiner autre chose et sans s’arrêter à la critique des gens qui croient qu’il est d’un bel esprit de trouver à redire. »

   Sans atteindre les 2 860 livres de la première représentation de Tartuffe, la première représentation rapporte 1735 livres. Mais le succès s’épuise assez vite. A la onzième représentation, la recette n’est plus que de 593 livres. Huit représentations sont données après Pâques mais les bénéfices continuent à baisser. Mi-mai, ils tombent à 268 livres 10 sous... Après avoir donné en tout 19 représentations au Palais-Royal, une autre à Saint-Cloud (11 août) et une autre à Versailles (17 septembre), Molière retire la pièce.

   Diverses raisons à ce demi-échec : d’abord préparation de la guerre avec la Hollande (déclarée le 6 avril) : la correspondance de Mme de Sévigné révèle qu’à cette date les esprits sont préoccupés par la situation politique. De plus, l’aspect satirique ne peut intéresser qu’une partie assez limitée de spectateurs. Molière y « attaque un ridicule – remarqué par Voltaire – qui ne semble propre à réjouir ni le peuple ni la cour, à qui ce ridicule paraît également étranger. »  Enfin, comme l’écrit La Harpe dans Molière et la comédie, on « fut s’abord si prévenu contre la sècheresse du sujet, et si persuadé que l’auteur avait tort de s’obstiner à en tirer une pièce en cinq actes, que cette prévention, qui aurait dû ajouter à la surprise et à l’admiration, s’y refusa d’abord, et balança le plaisir que faisait l’ouvrage et le succès qu’il devait avoir. »

   Réserves également après la publication de la pièce début 1673. Bussy-Rabutin écrit le 11 avril 1673 : « Il y avait d’autres ridicules à donner à ces savantes, plus naturels que ceux que Molière leur a donnés/ Le personnage de Bélise est une faible copie d’une des femmes de la comédie des Visionnaires  [comédie de Desmarets de Saint-Sorlin, 1637] ; il y en a d’assez folles pour croire que tout le monde est amoureux d’elles mais il n‘y en a point qui entreprennent de le persuader à leurs amants malgré eux. Le caractère de Philaminte avec Martine n’est pas naturel. Il n’est pas vraisemblable qu’une femme fasse tant de bruit et enfin chasse sa servante parce qu’elle ne parle pas bien français ; et il l’est encore moins encore que cette servante après avoir dit mille méchants mots, comme elle doit dire, en dise de fort bons et extraordinaires comme quand Martine dit : « L’esprit n’est point du tout ce qu’il faut en ménage ; / Les livres cadrent mal avec le mariage. » [Vers 1665-1666] Il n’y a pas de jugement à faire dire le mot « cadrer » par une servante, qui parle fort mal, quoiqu’elle puisse avoir du bon sens. »

   Au 18e siècle, la thèse soutenue par Molière commence à soulever de la part des philosophes les plus sérieuses objections. À part Diderot, qui l’admire sans réserve, Voltaire et d’Alembert protestent contre les dangers d’une attitude qui ridiculise l’émancipation intellectuelle des femmes et risque de perpétuer des préjugés que le siècle des Lumières prétend injustes et contredits par la place éminente que ces dames occupent dans les salon philosophiques. Il est possible que la défaveur dont est alors victime cette pièce explique le petit nombre de représentations au cours du siècle : 353, dont 11 seulement entre 1741 et 1750.    

   La marquise de Lambert écrit en 1727 dans ses Réflexions nouvelles sur les femmes : « Lorsque des femmes se sont vues attaquées sur des amusements innocents, elles ont compris que, honte pour honte, il fallait choisir celle qui leur rendait davantage, et elle se sont livrées au plaisir. » 

Dans sa Dédicace d’Alzire à Mme du Châtelet (1736), Voltaire écrit : « Le ridicule que Molière et Despréaux [Boileau] ont jeté sur les femmes a semblé dans un siècle poli, justifier les préjugés de la barbarie. Mais Molière, ce législateur dans la morale et dans les bienséances du monde, n’a pas assurément prétendu, en attaquant les femmes savantes, se moquer de la science et de l’esprit. Il n’en a joué que l’abus et l‘affectation.

Vocabulaire du pédantisme dans Les Femmes savantes

1. Mentalité pédante

* Suprématie de l’esprit sur la matière

- esprit, bel esprit, beaux esprits, grand esprit : supériorité intellectuelle

- âme, raison, spirituel, élévations, détachements, épuré, haut, pureté : catégorie des choses admirables

- matière, matériel, sens, chair, appétits, faiblesse, bassesse, bas, impur, vulgaire, grossier, sale, partie animale, sentiments brutaux : catégorie des choses méprisables

* Savoir et ignorance

- science, savoir, clartés, lumière, étude, érudition

- ignorance, ignorant

- docteur, docte, pédant, pédanterie, sottise, sot

2. Domaines du pédantisme

* Les lettres et la langue

- langue, beau langage, bel usage, jargon, congrûment, latin, grec

- grammaire, style, syllabe, mots choix, substantif, nom, adjectif, adverbe, verbe, singulier, pluriel, accorder, accommoder, se décliner, nominatif, synonymes, figures, ithos, pathos, enveloppe, métaphore, pléonasme, paradoxe

- rimer, vers, prose, quatrain, tercet, ballade, bouts rimés, chansonnette, églogue, épigramme, madrigal, rondeau, ode, sonnet (domaine poétique)

- mots sauvage, impropriété, équivoque, solécisme, contresens, barbarie, galimatias, cacophonie, un barbare amas de vices d’oraison (fautes)

- rimeur, grimaud, barbouilleur, cuistre, plagiaire, se barbouiller, piller (injures littéraires)

* La philosophie et les sciences morales

- philosopher, philosophie, sagesse, philosophe, sage

- sectes, platonisme, péripatétisme, stoïciens

- abstractions, dogme, raisonnement, spéculation, substance pensante, étendue, forme

- histoire, morale, politique

* Les sciences de la nature

- physique, lunette, expériences, petit corps, vide, matière subtile, tourbillons, aimant, mondes tombants, équilibre des choses, point fixe, centre de gravité

- nature, monde, terre.

Sujets

Sujets d’invention

- Martine rencontre une de ses amies d’enfance et lui explique pourquoi elle a été chassée par Philaminte.

- Imaginez deux portraits de Trissotin, l’un vu par Philaminte, l’autre par Henriette.

- Un bourgeois du 17e siècle met à profit les enseignements des Femmes savantes et donne des instructions au précepteur de ses filles.

- Mme de Sévigné rend compte des Femmes savantes à sa fille, Mme de Grignan.

Sujets de réflexion – Dissertations

- Place de Martine parmi les servantes de Molière.

- Jusqu’à que point Armande est-elle la disciple des précieuses ?

- « Une belle femme qui a les qualités d’un honnête homme est ce qu’il y a au monde d’un commerce plus délicieux [le plus délicieux] : l’on trouve en elle tout le mérite des deux sexes. » (La Bruyère, les Caractères, « Des Femmes », XIII). Comparez cet idéal de la femme à celui que Molière nous invite à concevoir dans Les Femmes savantes.  

- En quoi Les Femmes savantes sont-elles un aboutissement et un élargissement des Précieuses ridicules ?

Sources : Les Femmes savantes, Nouveaux Classiques Larousse, 1964.

Sujets proposés au Baccalauréat de 1920 à 1935 :-)

- Les salons dans l'oeuvre de Molière.

   Conseils : comparer les salons de Cathos, de Célimène et de Philaminte. Dans le portrait que Molière nous trace de son siècle, dire pourquoi Molière laisse cette place aus salon mondains. Quels en sont les aspects ? Montrer qu'il les peint à la fois dans leur caractère permanent et dans cette mobilité qui les rend sensibles aux caprices de la mode.

- Les jeunes filles dans les pièces de Molière (celles qu'il n'aime pas : les pédantes / celles qu'il aime : les naturelles) : Armande, Henriette, Léonor, Eliante, Célimène, la Marianne de Tartuffe et celle de L'Avare, etc.   

- D'après l'étude qu'en fait Molière dans Les Femmes savantes, essayez d'analyser le pédantisme. Montrer comment Molière a donné à cette étude une forme vivante et dramatique.

- Le bon sens dans Les Femmes savantes. Montrer comment Molière a su diversement nuancer la peinture de ce trait de caractère dans la pièce en question. 

   Conseil : il s'agit de présenter les divers caractères opposés aux trois femmes savantes (Philaminte, Armande et Bélise) et aux deux cuistres.

- Un critique a dit du personnage d'Henriette qu'elle est sans envolée, sans rêve et presque sans idéal, qu'elle a les qualités d'ne simple ménagère et qu'un homme d'intelligence moyenne serait en droit d'exiger mieux aujourd'hui. Un autre au contraire déclare qu'Henriette est une perfection de ce monde, qui s'est fait de la vie une idée saine et généreuse, et en goûte toutes les joies comme elle en accepte tous les devoirs, bref la jeune fille idéale. De ces deux jugements, lequel vous paraît le plus exact ?

- Molière fait définir aisi par Chrysale le devoir de la jeune femme dans la société :

Former aux bonnes moeurs l'esprit de ses enfants,

Faire aller son ménage, avoir l'oeil sur ses gens,

Et régler la dépense avec économie,

Doit être son étude et sa philosophie.

   Vous expliquerez et discuterez ces vers et vous montrerez que le rôle social de la femme, même ainsi réduit, ne manque ni de noblesse ni de grandeur.

Alerte rouge ! Nous sommes un siècle plus tard ! Mais il est intéressant, à travers ces sujets, d'analyser les changements sociétaux.    

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