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Tragédie classique vs drame romantique

Sujets de réflexion (assez proches, mais aux formulations différentes)[1]

1/ Qu’est-ce que les règles dramatiques dont parlent les critiques du XVIIe siècle ? Quelle en est l’importance et la valeur ? Que valent les objections que leur ont adressées les Romantiques ?

2/ Expliquer comment les règles des unités, établies par les classiques au nom de la vraisemblance, ont été combattues par Hugo au nom de cette même vraisemblance.

3/ La règle des trois (ou quatre) unités : quels avantages les classiques ont trouvé à les suivre, et les Romantiques à s’en affranchir ?

4/ « Nous avons, écrivait Vauvenargues, des règles pour le théâtre qui passent peut-être les forces de l’esprit humain. » A ce compte, le romantisme, en supprimant ces règles, aurait singulièrement facilité la tâche des auteurs dramatiques. Qu’en pensez-vous ?   

5/ « On doit croire que, s’il n’eût pas été paralysé comme il l’était par les préjugés de son siècle, s’il eût été moins souvent touché par la torpille classique, Racine n’eût point manqué de jeter Locuste dans son drame entre Narcisse et Néron, et surtout n’eût pas relégué dans la coulisse cette admirable scène du banquet, où l’élève de Sénèque empoisonne Britannicus dans la coupe de la réconciliation. » (Hugo, Préface de Cromwell) Discuter cette opinion et, à ce propos, indiquer en quoi diffèrent essentiellement les conceptions classique et romantique du théâtre.

6/ Montrez, en appuyant chacune de vos observations d’exemples, en quoi un drame romantique diffère d’une tragédie classique.  

7/ Faire comprendre, par un exemple précis, ce qu’est un drame romantique.

8/ Il y a trois grandes dates dans l’histoire du théâtre sérieux en France : 1636, Le Cid ; 1667, Andromaque ; 1830, Hernani. Dites ce que chacune de ces œuvres vous ont apporté de nouveau.  

9/ On a dit d’Hernani qu’il était Le Cid du théâtre romantique. Commentez cette formule.

10/ On a souvent, à propos d’Hernani, évoqué Le Cid, à cause des analogies de données et de situations. Dégagez de ces rapprochements ce qui peut vous servir à caractériser les sentiments et la morale du drame romantique par contraste avec les sentiments et la morale de Corneille.

AIDE : analogie de données et de situations : un jeune héros a son père à venger ; sa vengeance ou sa volonté de vengeance le met hors la loi ; deux jeunes êtres qui s’aiment sont séparés par l’exigence morale et sociale ; un vieillard se fait le gardien de l’honneur chevaleresque. Mais Rodrigue ne se cache pas, il offre sa tête , il reconquiert sont droit à la vie par son dévouement à la patrie ; l’amour entre Chimène et Rodrigue est fondé sur l’estime, sur la connaissance parfaite, sur l’honneur, et leurs dialogues sont des dialogues psychologiques entre l’amour et l’honneur ; enfin le vieillard d’Hernani se dément.

REMARQUE : la comparaison morale serait plus intéressante à faire entre Hernani et Cinna, entre Don Carlos et Auguste, tous deux transfigurés par leur volonté et par la responsabilité du pouvoir.

11/ Quelles sont les réformes que les romantiques ont apportées au théâtre ? Choisissez la tragédie classique que vous connaissez le mieux et reconstituez-en le plan et les principales scènes à la manière romantique.

12/ Analysez très brièvement (une page au maximum) une tragédie classique et un drame romantique. Puis faites ressortir les différences profondes qui séparent les deux pièces analysées : a/ pour la conduite de l’action ; b/ pour l’étude des caractères ; c/ laquelle de ces deux œuvres préférez-vous ? Développez avec précision les raisons de cette préférence.

13/ Hugo annonce à l’un de ses amis (lettre) qu’il a entrepris d’écrire des drames où il rendra au théâtre français les libertés que le XVIIe siècle lui avait enlevées.

14/ Vous supposerez qu’un jeune homme, passionnément épris de belles-lettres, vient d’assister à la représentation d’un des premiers drames romantiques (à votre choix) et qu’il s’ouvre à un ami (lettre) des qualités et des défauts qu’il croit discerner dans le nouveau théâtre.

15/ De l’emploi du monologue dans la tragédie classique et dans le drame romantique. Vous comparerez Racine et Hugo, en insistant particulièrement sur le caractère dramatique du monologue racinien, et sur le caractère lyrique et philosophique du monologue de Victor Hugo.  

AIDE

  Introduire le sujet en signalant que le monologue, cette convention théâtrale indispensable, est plus fréquent et plus important dans le drame romantique que dans la tragédie classique.

   Utiliser ensuite les renseignement suivants :  il y a dans toutes les tragédies de Racine sauf dans Athalie, des monologues assez courts. Il y en a deux plus importants que les autres, celui d’Hermione et celui de Mithridate.

   Hermione vient de voir Pyrrhus lui échapper une fois de plus ; elle est hésitante, angoissée, entre le ressentiment et l’amour, elle balance entre l’envie d’immoler Pyrrhus au premier sentiment et le désir de le garder pour le second. Racine se sert ici du monologue pour souligner la situation psychologique de son héroïne et par là ajouter encore à l’atmosphère tragique.   

   Mithridate vient d’apprendre de Pharnace que Xipharès aime Monime et en est aimé. Il hésite entre la colère et la tentation de ne point croire Pharnace ; puis, imaginant un piège, il se décide à faire appeler la Reine pour le lui rendre. Le monologue ici est gros d’action à venir : l’aveu de Monime en sera une conséquence.

   Passer ensuite au monologue romantique. Il y en a deux célèbres, celui de Don Carlos et celui de Don César de Bazan.

16/ La couleur locale au théâtre : que faut-il entendre par ce mot ? Était-elle inconnue des classiques ? Les romantiques l’ont-ils toujours respectée ?

AIDE :

   Les classiques s’appliquaient à montrer les ressemblances entre les hommes de tous les temps et de tous les pays ; ils n’admettaient pas qu’on allât au théâtre pour apprendre l’histoire. Leur mise en scène était rudimentaire : une place publique leur suffisait mais plus souvent encore un « palais à volonté ». Le costume était à peu près immuable. Corneille et Racine se jouaient en costumes vaguement « à la romaine ». C’est Voltaire, avec l’aide de l’acteur Lekain, qui obtint un commencement d’exactitude historique dans le décor et les costumes et qui introduisit le spectacle dans la tragédie. Les romantiques ont fait un gros effort dans ce sens.

17/ Boileau a dit du personnage de tragédie :

« Qu’en tout avec soi-même il se montre d’accord

Et qu’il soit jusqu’au bout tel qu’on l’a vu d’abord. »   

   Le drame romantique a-t-il respecté cette loi ?

AIDE

   Quelquefois, mais pas toujours. A l’identité parfaite et constante, le drame romantique a préféré l’antithèse vivante ; quelquefois même l’effet de surprise aux dépens de la logique psychologique.

* * *


[1] Ces sujets ont été donnés dans les années 1930 au Brevet Supérieur et au Baccalauréat !