« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Mme des Losges

Mme des Loges, muse protestante

Rue de Tournon (plan de Turgot, 1736)   Surnommée « la céleste, la divine, la Dixième Muse » par Guez de Balzac, d’obédience protestante, Marie Bruneau épousa Charles de Rechignevoisin, seigneur Des Loges. Elle habitait rue de Tournon (moins bâtie que sur le plan ci-contre qui date du siècle suivant) à Paris et y tenait un salon presque aussi célèbre que celui de Mme de Rambouillet. Nous sommes dans la toute première moitié du 17e siècle. Y fréquentaient Turenne, Malherbe, Racan, Voiture et même Gaston d’Orléans, frère du roi Louis XIII. On s’opposait à Richelieu : Marie dut quitter Paris en 1629 et s’exila en Limousin.    

   Selon Tallemant des Réaux (Historiettes), c’est Mme des Loges qui lança les rimes en ture pour les bouts-rimés afin de faire le portrait de Voiture : « C’est une aimable créature, / Si sa race était sans rature, / Et sa naissance sans roture. » Il en fut très offensé...  

   Elle influa beaucoup sur la politesse des mœurs : « Toutes les muses semblaient résider sous sa protection ou lui rendre hommage et sa maison était une académie d’ordinaire [...] Il a été fait une infinité de vers et autres pièces à sa louange et un livre tout entier écrit à la main rempli des vers des plus beaux esprits de ce temps. » Ses vers ont paru dans de nombreux recueils mais elle refusa de les assembler en volume. Sa petite-nièce, Mme d'Aulnoy, prit également la plume et publia des contes, notamment L'Oiseau Bleu.     

   Marie Des Loges, bien oubliée au profit de Mme de Rambouillet, est à l’origine de la nouvelle sociabilité.

   Sources : Dictionnaire de la Littérature française, op. cit.  

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