« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

La Palatine et la science

Début du 18e siècle : 1700 ou 1701 ? (Lettre de la Palatine)

 Leibniz  La Palatine a l'esprit ouvert et s'intéresse aux controverse scientifiques. Elle a également correspondu avec Leibniz (voir note 2).

    « Il y a eu une grande dispute à la cour et du roi jusqu’au laquais tout le monde y prend part. C’est M. Fagon [1] qui a soulevé la question ; le cardinal d’Estrées, l’abbé de Vaubrun et quelques autres encore sont de son bord ; tout le reste de la cour est de l’avis opposé. Voici l’objet de la dispute : le siècle commence-t-il à l’année 1700 ou bien à l’année 1701 ? M. Fagon et son parti sont pour 1700, car alors, disent-ils, les cent ans sont accomplis ; mais les autres soutiennent qu’ils ne sont accomplis qu’à l’année 1701. Je voudrais bien connaître l’opinion de M. Leibniz là-dessus [2]. Où qu’on aille, on n’entend discuter que de cela ; jusqu’aux porteurs de chaises qui s’en mêlent […] S’il faut dire la vérité, je suis de l’avis de M. Fagon ; le roi, M. le dauphin, le prince de Conti, Monsieur et toute la cour sont pour 1701. » (4 janvier 1699)

   « Pour en revenir à la dispute de seculum, elle est terminée. Il faut que je me sois mal expliquée en disant que le roi était le tenant contre M. Fagon, c’était le prince de Conti. On a pris pour juges l’Académie et la Sorbonne. Toutes deux ont condamné M. Fagon et assuré que le siècle commence à l’année 1701. Elles disent que le jubilé est fixé à la dernière année du siècle afin que l’on puisse entrer pur et net dans l’autre. » (29 janvier 1699)

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Notes

[1] Fagon, professeur de botanique au Jardin des plantes, devint médecin du roi en 1693 sur les instances de Mme de Maintenon, selon la Palatine.

[2] Leibniz, mathématicien et philosophe, fut diplomate en 1672 à la cour de Louis XIV. La Palatine entretint une correspondance avec lui dans les années 1715-1716.

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