Le blason au 16e siècle

   Le mot blason signifie à l’origine bouclier. Le blason est un genre poétique inspiré par l’héraldique.

   Ce poème, de longueur variable où, par un jeu subtil d’allusions et de symboles, sont prononcés l’éloge ou le blâme d’une personne (et parfois d’un objet on d’une notion), décrite par de longues énumérations sous formes de liste sou de litanies.

   Très vite, l’art du blason trouve un objet de prédilection dans le corps féminin dont on célèbre chaque partie avec un grand luxe de détails. Fleurissent alors les Blasons des dames, pour lesquels Clément Marot provoque un véritable engouement. Avec les poètes de son temps (cf. Maurice Scève et Jean Rus), il rivalise dans l’art d’évoquer, avec impertinence mais sans vulgarité, le corps de la femme, chaque blason étant consacré à un détail anatomique (nez, larme, chevelure, joue). Tous ces blasons, écrits entre 1535 et 1550, seront réunis en un recueil : Les Blasons anatomique du corps féminin.    

   Mais très vite, le genre du blason fournit matière à parodie avec le contre-blason : ainsi, Le Blason du laid tétin répond au Blason du beau tétin. Par la suite, le genre a parfois dégénéré, glissant dans la grivoiserie et l’obscénité du cabaret.

   L’art du blason témoigne du grand intérêt pour le corps des hommes de la Renaissance (la médecine découvrait alors l’anatomie), mais aussi la vitalité d’une époque qui élargit très librement le champ des curiosités érotiques.

   Il faut retenir Bensérade pour le 17e siècle.   

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