Citations de Chamfort sur les femmes

   Voici un florilège extrait du chapitre « Des femmes, de l’amour, du mariage et de la galanterie » de son ouvrage titré Aphorismes.

* « Je suis honteux de l’opinion que vous avez de moi. Je n’ai pas toujours été aussi Céladon » [héros de l’Astrée, d’Honoré d’Urfé] que vous me voyez. Si je vous contais trois ou quatre traits de ma jeunesse, vous verriez que cela n’est pas trop honnête, et que cela appartient à la meilleure compagnie. »

* « L’amour est un sentiment qui, pour paraître honnête, a besoin de n’être composé que de lui-même, de ne vivre et de ne subsister que par lui. »

* « Toutes les fois que je vois de l’engouement dans une femme, ou même dans un homme, je commence à me défier de sa sensibilité. Cette règle ne m’a jamais trompé. »

* « En fait de sentiments, ce qui peut être évalué n’a pas de valeur. »  

* « L’amour est comme les maladies épidémiques. Plus on le craint, plus on y est exposé. »

* « Un homme amoureux est un homme qui veut être plus aimable qu’il ne peut ; et voilà pourquoi presque tous les amoureux sont ridicules. »

* « Il y a telle femme qui s’est rendue malheureuse pour la vie, qui s’est perdue et déshonorée pour un amant qu’elle a cessé d’aimer parce qu’il a mal ôté sa poudre, ou mal coupé un de ses ongles, ou mis son bas à l’envers. »

* « Une âme fière et honnête, qui a connu les passions fortes, les fuit, les craint, dédaigne la galanterie ; comme l’âme qui a senti l’amitié, dédaigne les liaisons communes et les petits intérêts. »

* « On demande pourquoi les femmes affichent les hommes, on en donne plusieurs raisons dont la plupart sont offensantes pour les hommes. La véritable, c’est qu’elles ne peuvent jouir de leur empire sur eux que par ce moyen. Les femmes d’un état mitoyen, qui ont l’espérance ou la manie d’être quelque chose dans le monde, n’ont ni le bonheur de la Nature, ni celui de l’opinion : ce sont les plus malheureuses créatures que j’ai connues. »

* « La Société, qui rapetisse beaucoup les hommes, réduit les femmes à rien. »

* « Les femmes ont des fantaisies, des engouements, quelquefois des goûts. Elles peuvent même s’élever jusqu’aux passions : ce dont elles sont le moins susceptibles, c’est l’attachement. Elles sont faites pour commercer avec nos faiblesses, avec notre folie, mais non avec notre raison. Il existe entre elles et les hommes des sympathies d’épiderme, et très peu de sympathies d’esprit, d’âme et de caractère. C’est ce qui est prouvé par le peu de cas qu’elles font d’un homme de quarante ans. Je dis, même celles qui sont à peu près de cet âge. Observez que, quand elles lui accordent une préférence, c’est toujours d’après quelques vues malhonnêtes, d’après un calcul d’intérêt ou de vanité, et alors l’exception prouve la règle. Ajoutons que ce n’est pas ici le cas de l’axiome : « Qui prouve trop ne prouve rien. »

* « C’est par notre amour-propre que l’amour nous séduit ; hé ! comment résister à un sentiment qui embellit à nos yeux ce que nous avons, nous rend ce que nous avons perdu et nous donne ce que nous n’avons pas ? » 

* « Quand un homme et une femme ont l’un pour l’autre une passion violente, il me semble toujours que, quels que soient les obstacles qui les séparent, un mari, des parents, etc., les deux amants sont l’un à l’autre, de par la Nature, qu’ils s’appartiennent de droit divin, malgré les lois et les conventions humaines. »

* « Ôtez l’amour-propre de l’amour, il en reste trop peu de choses. Une fois purgé de vanité, c’est un convalescent affaibli, qui peut à peine se traîner. »

* « L’amour, tel qu’il existe dans la Société, n’est que l’échange de deux fantaisies et le contact de deux épidermes. »

* « On vous dit quelquefois, pour vous engager à aller chez telle ou telle femme : elle est très aimable. Mis si je ne veux pas l’aimer ! Il vaudrait mieux dire : elle est très aimante, parce qu’il y a plus de gens qui veulent être aimés que de gens qui veulent aimer eux-mêmes. » 

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