Les philosophes des Lumières méprisent-ils les femmes ?

Les philosophes des Lumières méprisent-ils les femmes ?

   Diderot écrit dans Le Rêve de d’Alembert (1769) : « L’homme n’est peut-être que le monstre de la femme, ou la femme le monstre de l’homme. »          

   Rousseau, pour sa part, rappelle dans Emile ou de l’Education (1762) que « la recherche des vérités abstraites et spéculatives […] n’est point du ressort des femmes. »

   Voltaire insiste dans sa notice « Genèse » du Dictionnaire philosophique : « Les hommes en général ont des organes plus capables d’une attention suivie que les femmes. ». Il en conclut que « la supériorité de l’homme sur la femme […] est une chose entièrement naturelle ; c’est l’effet de la force du corps et même celle de l’esprit. »

   Dans une lettre à Sophie Volland (4 octobre 1767), Diderot écrit à propos du salon du baron d’Holbach qu’il fréquente assidument : « Nous aurions bien des femmes, mais nous n’en voulons point car il est trop rare que ce soient des hommes. » (Correspondance). Ce qui nous laisse augurer des rapports entre Diderot et Sophie qui, semble-t-il, préfère les femmes aux hommes.

   L’abbé Morellet considère que « la société a besoin de cet ingrédient [les femmes] comme la café a besoin de sucre. »    

   Rappelons cette remarque de Voltaire à la mort de sa compagne Mme du Châtelet : « J’ai perdu un ami de vingt-cinq années, un grand homme qui n’avait de défaut que d’être femme. » (Lettre de Voltaire à Frédéric II, 15 octobre 1749, Correspondance).

   Rousseau encore, dans son Discours sur les fondements de l’inégalité à propos de l’homme à l’état de nature, du bon sauvage : « La nourriture, une femelle et le repos. » 

   Helvétius affirme : « La chasse des femmes comme celle du gibier, doit être différente selon le temps qu’on veut y mettre. » Il ajoute : « La femme adroite se fait longtemps courir par le désœuvré. » (De l’Homme, 1773). I n’est que de relire les Liaisons dangereuses…  

   Image réductrice de la femme, donc.

   Quel est le titre complet du Supplément au voyage de de Bougainville, de Diderot ? Dialogue […] sur l’inconvénient d’attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n’en comportent pas (1771). Il fait allusion dans l’une de ces pages au viol, « injure légère » pour les primitifs.   

Sources : L’Homme rétréci par les Lumières (Xavier Martin, Editions DMM, 2020).

* * * 

×