« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Machine à jouir (La Mettrie)

L'Homme est une machine à jouir (La Mettrie)

La Mettrie   Après avoir publié son Histoire naturelle de l’âme en 1745, ouvrage jugé trop audacieux, La Mettrie doit quitter l’armée où il était médecin des Gardes Françaises. Qu’à cela ne tienne ! Il publie une Politique du médecin en 1746 où il critique avec virulence la médecine de son temps. Il s’enfuit en Hollande où il publie en 1748 L’Homme machine. Scandale ! Il demande asile au roi de Prusse, le Grand Frédéric, dont il devient le lecteur. À Berlin, il peut enfin vivre librement. Il persiste dans les écrits iconoclastes, comme L’Art de jouir, La Volupté, L’École de la volupté.     

   Il se qualifie lui-même de « petit philosophe » mais de « grand maître dans l’art des voluptés ».

   Résumons ses idées.

   Il croit à l’unité de la nature : il ne faut pas séparer radicalement le monde animal du monde végétal, ni l’homme des autres animaux. La respiration, la nutrition, la génération et la mort rapprochent l’homme, les animaux et les plantes. Les formes inférieures se développent en des formes supérieures sous l’influence des besoins, force d’impulsion. Aux différents degrés de la vie, les besoins expliquent l’apparition de donnés psychiques plus complexes.  

   Si l’homme est un animal, on peut lui appliquer l’hypothèse cartésienne : il est, lui aussi, une machine. Inutile de supposer en lui une âme distincte du corps : nos pensées ne sont que des modifications matérielles, des phénomènes cérébraux.

   La conséquence pratique de ce matérialisme est une légitime aspiration au plaisir. Mais la volupté n’est pas la débauche, « excès de plaisir mal goûté » ; elle est « esprit et quintessence du plaisir. » Au début de son Art de jouir, La Mettrie met dans le même panier les « courtisanes impudiques » et les « précieuses prudes et dévotes ». Il célèbre les amants au « cœur né sensible », que « la volupté va chercher jusqu’aux extrémités d’eux-mêmes. » Il écrit notamment : « Le voluptueux aime la vie parce qu’il a le corps sain, l’esprit libre et sans préjugés : amant de la nature, il en adore les beautés parce qu’il en connaît le prix. Au-dessus de l’ambition, il n’a que celle d’être heureux. »   

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