Romantisme européen

Introduction

Le Romantisme dans la littérature européenne, Paul van Tieghem, Albin Michel, 1948

- Compte-rendu de lecture -

 

   Dans l’introduction, l’auteur rappelle l’étymologie complexe du mot « romantique ». Dans la langue française, le « roman » fait appel au sens médiéval du récit d’aventures en vers ou en prose. En Angleterre, le nom s’est transformé en adjectif, « romantic », qui correspond à ce qui rappelle les romans de ce genre ; l’équivalent français en est romanesque. Le terme « romantique » apparaît en France en 1775, différent du « romanesque » que Rousseau utilise pour décrire sites ou personnages sauvages et pittoresques.

   L’anglais « romantic » devient « romantisch » en allemand, toujours appliqué au monde chevaleresque du Moyen Age et à la littérature qui l’évoque. À la fin du XVIIIe siècle, Frédéric Schlegel donne à la « poésie romantique » un sens historique. En 1801, son frère oppose nettement la littérature romantique à la littérature classique. Sous leur influence, Madame de Staël donne au terme « romantique » cette valeur littéraire nouvelle qui fut, par son intermédiaire, adoptée en France. Mais le sens précédent n’était pas oublié : l’école romantique allemande se reconnaît à d’autres caractères que son culte pour le Moyen Age et le romantisme français complète ce sens fondamental. Le terme « Romantisme » entre en usage en France au XIXe siècle, équivalent à l’allemand « Romantik », un peu plus ancien (né en 1800).

   Le Romantisme est un grand mouvement complexe et hétérogène, difficile à définir car la période en Europe est féconde en relations internationales et en échanges littéraires.  Dès la fin du XVIIIe, Frédéric Schlegel écrit à son frère qu’il a rempli 125 feuillets d’essai de définition du romantisme.

   Quelle méthode adopter ? Pour trouver des caractères communs, il faut chercher des caractères négatifs : les auteurs doivent avoir les mêmes ennemis et des antipathies caractéristiques. Van Tieghem retient les traits suivants.

   Les auteurs romantiques s’élèvent contre l’empire absolu de la raison et défendent les droits du cœur car la raison est commune à tous mais la sensibilité et la passion restant individuelles, elles produisent une littérature subjective et personnelle. La raison disparaît et avec elle la sérénité optimiste. On montre de l’intérêt pour les hommes dans leur diversité historique et locale, par opposition à l’auteur « classique » qui parle de l’homme en général. Il y a rupture avec la tradition gréco-latine : on repousse les règles qui régissaient les genres littéraires traditionnels, on ne compartimente plus les genres et on supprime la hiérarchie et la séparation absolue entre le comique et le tragique. On s’oppose au style noble et guindé, voire mythologique. Et surtout, en Europe, on se révolte contre la littérature française et l’hégémonie de sa littérature classique et d'ancien régime.

   Van Tieghem annonce ensuite son plan. Il traitera d'abord du préromantisme du XVIIIe siècle qui prépare sur certains points le romantisme du XIXe. Il détaillera ensuite l'historique du mouvement romantique proprement littéraire (cadre politique et social, groupes nationaux, écoles diverses, discussions et luttes, écrivains hors école). Il réfléchira alors sur les caractères généraux des romantismes nationaux (sentiments, idées, formes). Il terminera par l'étude des œuvres où se manifestent ces sentiments.

A/ Le préromantisme

CHAPITRE I - LES ÉCRIVAINS PRÉROMANTIQUES

1/ La littérature classique au XVIIIe siècle

   L'auteur embrasse tout le siècle et retient avant tout Voltaire. Il s’agit pour lui d’une littérature à l’imagination figée qui a besoin d'un renouvellement. Le romantisme développera ces tendances nouvelles que sont la passion, le rêve, le sentiment de la nature. Il insiste sur les rapports de la littérature et de la société qui exerce sur la première un empire absolu : la littérature a un caractère social avant tout, elle est « salonnière », académique et correspond à l'ascension sociale de la bourgeoisie. L'Ecosse et la Suisse sont les berceaux du préromantisme ; dans ces pays agrestes et montagneux, la tradition locale reste forte.

2/ Caractères généraux

   À partir du second tiers du XVIIIe mais d'une manière isolée, le mouvement se précise en Angleterre, en France et en Allemagne.

   Il retient ainsi l'essai Sur la poésie dramatique de Diderot et ses Entretiens, la Lettre de Lessing contre Gottsched et les articles de Herder sur Shakespeare, sans oublier de mentionner le Discours pour la fête de Shakespeare de Goethe.

3/ Le préromantisme anglais et écossais

   Il se manifeste dès le début du siècle mais n’a aucun retentissement sur le continent en raison des problèmes afférents à la langue.

   Différentes Leçons sur la poésie sacrée des Hébreux sont données à Oxford par l’évêque Robert Lowth, publiées en latin en 1753, puis traduites en anglais et en allemand. 

   L’Essai sur le génie original d’Homère de Robert Wood paraît en 1768 puis est traduite en allemand et en français.

   En 1759, Young fait paraître ses Conjectures sur la composition originale. L’œuvre est aussitôt traduite en Allemagne dans le groupe de Lessing et influence profondément le pays. Les idées reprises par Herder et les jeunes enthousiastes de la génération de Goethe entrèrent comme élément essentiel dans le préromantisme allemand. Le Tourneur traduit l’essai en France en 1770. 

   Mais dès les années 1742-1745, les Nuits de Young mettent à la mode dans toute l’Europe la poésie nocturne et celle des tombeaux.

   James Macpherson donne en prose, soi-disant traduits du vieux barde de langue gaélique Ossian Fingal et Temora (1760-1763).

   Le mystique et théosophe William Blake triomphe dans ses Esquisses descriptives où il approche les mystères de l’au-delà.

   L’Ecossais Robert Burns, simple paysan, écrit des poésies en dialecte écossais de 1786 à 1793.

   Il faut aussi citer la lignée des romans « gothiques », ténébreux, mystérieux et terrifiants, comme Le Château d’Otrante d’Horace Walpole et Les Mystères d’Udolpho de Mrs. Radcliffe.

   Sterne fait preuve d’humour dans Tristam Shandy et Voyage sentimental non sans y mettre une pointe de sensibilité « gothique » et descriptive (paysages).   

4/ Le préromantisme de langue allemande

   En Allemagne le préromantisme commence en même temps qu'en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle. N'oublions pas que Goethe et Schiller, dans la dernière décade du siècle, avec Herder et Wieland appartiennent à l'âge classique.

   On met en avant le sentiment de la nature, le culte des antiquités nordiques et nationales, la poésie légendaire et populaire, le lyrisme personnel, les droits à l'originalité du génie qui s'oppose aux règles, commentaires et traditions classique d'origine française.

   À partir de 1720, on remarque des prédécesseurs isolés (synchronisme avec la poésie anglo-saxonne) comme Günther, Haller (Les Alpes), Brockes (Plaisir terrestre en Dieu), Ewald von Kleist (Le Printemps). Lessing entre en scène en 1750.

   À Zurich, Bodmer et Breitinger luttent depuis 1725 contre l'orthodoxie classique de Gottsched qu'ils surnomment le « dictateur littéraire de Leipzig » et prônent imagination et poésie.

   Quant à Hamann, il fait figure de « mage du Nord » et Herder s'en déclare l'élève.

   Les idées nouvelles arrivent de l'étranger concernant la morale et la littérature, notamment celles de Rousseau, Diderot et Mercier qui influencent Herder et Lessing.  

   On aime aussi les ballades, le roman et le théâtre anglais. Les critiques et les esthéticiens d'outre-Manche sont lus et traduits.

   Les auteurs ont tendance à se regrouper et à former des écoles ; les journaux littéraires se multiplient et proposent des débats d'idées.

   Le premier groupe formé est celui de Klopstock vers 1770. Il est à l'origine de l'Union poétique de Göttingen et de l'Almanach des Muses à partir de 1771, publié dans cette ville.

   Puis Herder, qui aime Shakespeare influence le jeune Goethe qui séjourne à Strasbourg de 1770 à 1771 et forme le groupe du « Sturm und Drang », titre d'un drame de Schlinger et que l'on pourrait traduire par « Assaut et élan » ; ce groupe entre en guerre, notamment sur le terrain du théâtre : il n'expose pas véritablement de doctrine, mettant en avant le génie, l'originalité et la nature. Ils se déclarent « génies originaux ».

   Goethe écrit Götz von Berlichingen, procède à la première rédaction du Premier Faust, donne les romans Werther et Stella, commence les fragments d'un Prométhée. Götz, traduite par Walter Scott, donne naissance au romantisme anglais. Werther est connu dans toute l'Europe à partir de 1780. Dans cet ouvrage ? Goethe opère la synthèse des sentiments isolés de la littérature : amour de la nature, mélancolie et passion, lutte contre les lois de la vie et l'inégalité sociale ; le héros a conscience d'une destinée manquée et se suicide. Le roman ressemble à ceux de Richardson et de Rousseau et offre deux aspects du préromantisme : un élan qui renverse les lois accompagné de déception, rêve et mélancolie ; très jeune, Goethe préconise un équilibre entre ces deux tendances.   

   Il est suivi par Schiller avec Les Brigands (1781), puis Wallenstein et Guillaume Tell, tragédies de la maturité, qui ont une influence décisive sur le drame romantique en France.

5/ Le préromantisme français

   Ses représentants sont moins nombreux, plus isolés mais ont une grande influence et, à la différence de l’Angleterre et de l’Allemagne, sont des prosateurs.

   Rousseau, le Genevois autodidacte, en devient le chef de file à partir de 1762 avec La Nouvelle Héloïse, puis Émile, Les Confessions et Rêveries d’un Promeneur solitaire (les deux dernières œuvres étant posthumes). Il reste un représentant du classicisme par sa foi en la raison et son goût pour les idées et les discussions ; mais il appartient aussi à l’ère nouvelle par son culte de l’instinct, le sentiment individuel, la sensibilité, l’imagination, la rêverie, la passion pour la nature, un idéal de vie simple et de bonté naturelle, son dédain pour les formes sociales et les contraintes traditionnelles.

   Diderot mêle l’ancien et le nouveau, plus que Rousseau, surtout pour ses idées sur l’art dramatique. Il est apprécié tout de suite par Lessing qui l’appelle « ma tête allemande ». Goethe, plus tard, dira de lui que c’est « un vrai Allemand ». Il aimerait créer un « drame bourgeois », qui serait le contraire de la tragédie.  

   Il faut citer aussi Sébastien Mercier et son Nouvel art dramatique (1773), Bernardin de Saint-Pierre avec Paul et Virginie et Études de la nature, Le Tourneur, habitué des traductions et des préfaces : c’est de ses traductions françaises ou d’après elles que le Sud et l’Est de l’Europe connaissent les Nuits, les poètes ossianiques, le théâtre de Shakespeare et les romans de Richardson.

   On pourrait déceler dans le préromantisme français deux vagues : Diderot et Rousseau à partir de 1755 puis leurs successeurs à partir de 1769. À partir de 1800, Nodier, Senancour, Chateaubriand et Mme de Staël (De la Littérature, De l’Allemagne) reprennent le flambeau.          

ChAPITRE II – LES SENTIMENTS NOUVEAUX

1/ Raison et sentiment

   Dans la littérature classique européenne, l’intellect prime : les sentiments sont d’abord pensés par l’intelligence, donc intelligibles à tous. La littérature est affaire de pensée et relève du rationnel. L’ordre et la logique y règnent, le style se veut sobre, clair, uni, abstrait. On y parle de l’homme en général. Nous sommes dans un salon de bonne compagnie.

2/ Sentiment et sensibilité

   Chez le poète, le sentiment se développe dès la première décade du siècle : on le considère comme un élément de la vie morale qui ne doit pas être sacrifié à la raison. Sur le chemin de la vertu, le cœur est un guide sûr où la raison trébuche car elle mène au libertinage. On prône donc une morale du sentiment, la sensibilité conduisant à la bonté. 

   Dans Le Vicaire savoyard, Rousseau expose sa croyance en la bonté naturelle de l’homme : pour être bon, il faut être sensible. On prétend corriger le vice par le seul jeu des sentiments (Manon Lescaut, de l’abbé Prévost, Pamela, de Richardson). Le Romantisme, en prolongeant cette idée, fera l’apologie de la passion, idéal nouveau au cœur du théâtre et du roman. La Nouvelle Héloïse devient le nouveau bréviaire en France puis en Allemagne à partir de 1765. De même, Goethe fera dire au personnage de Faust : « le sentiment est tout ». Certes, le caractère différent de chaque peuple en modifie un peu l’expression mais le fond reste le même. Werther (1774) est suivi des premiers romans sentimentaux de Tieck, Arnim, Brentano, Jean-Paul ; en France paraissent Delphine et Corinne de Mme de Staël, René de Chateaubriand et Obermann de Senancour.

   À partir de 1745, on trouve une vingtaine de variantes de l’expression de Richardson : « Une âme sensible est un bien qui coûte cher à ceux qui le possèdent. » Ainsi Rousseau affirme : « Que c’est un fatal présent du ciel qu’une âme sensible ! ». Cette idée sera maintes fois répétée jusqu’à la fin du siècle.

   En France et en Allemagne, on éprouve plus fortement le contraste entre les droits du cœur et les préjugés ou injustices sociales et on verse beaucoup de larmes.

3/ Le sentiment de la nature chez les poètes

   Les auteurs manient une poésie descriptive, genre condamné par Lessing. Le magistrat de Hambourg, Brockes, fait paraître Plaisir terrestre en Dieu et Thomson des Saisons. La poésie lyrique, élégiaque et sentimentale se développe en Angleterre et en Allemagne mais pas en France où la poésie prend du retard sur la prose. Il faut citer ici Klopstock et bien entendu Goethe dès 1770 avec ses courtes poésies à Frédérique Brion.

4/ Le sentiment de la nature chez les prosateurs

   Ce sont surtout les paysages que Rousseau décrit dans La Nouvelle Héloïse, Les Confessions et les Rêveries qui influencent l’Allemagne. Il y a interaction entre l’homme et la nature qui forment un tout unique. À partir de 1753, on lit Gessner qui évoque la campagne des environs de Zurich puis, après 1770, Jacobi et Jean-Paul. Les beautés de la montagne et du lac Léman de La Nouvelle Héloïse rejoignent Les Alpes de Haller. Les excursions dans la région du Mont-Blanc se multiplient après 1770. Goethe écrit ses Lettres de Suisse en 1779.

5/ Révolte et désespoir

   Au XVIIIe siècle, de nombreux écrivains professionnels versent dans la mélancolie, la rébellion et la déréliction. Ils sont considérés comme des plébéiens dans la « République des Lettres ». Ils s’élèvent effectivement, comme Werther, contre les préjugés aristocratiques. Citons durant les années 1750-1790 les « tragédies bourgeoises » de Lenz, Klinger et autres « Stürmer », les drames du jeune Schiller qui développe l’idée de liberté. Les Allemands inventent le « Weltschmerz » et la « Sehnsucht » (le futur spleen de Baudelaire) qui devient une philosophie morale européenne. Avec la diminution des croyances chrétiennes, la mélancolie augmente. 

6/ Nuit et tombeaux, aspiration à l’infini

   Dès la seconde moitié du XVIIIe, l’apogée se situant entre les années 1765 et 1780, une poésie nocturne et sépulcrale se développe ; elle naît en Angleterre avec l’« école des cimetières ». Les Nuits sont traduites 25 fois en 12 langues. Le Tourneur, son traducteur français, bouleverse le texte original. 

   Rousseau, dans une lettre à Malesherbes de 1762 écrit : « J’aurais voulu m’élancer vers l’infini. » Goethe reprend la même idée à la fin du siècle dans Faust, souhaitant des « ailes corporelles » pour suivre la course du soleil.

   Et Chateaubriand fait dire à René dans le roman éponyme : « Levez-vous, orages désirés ».

CHAPITRE III – LES SOURCES LITTÉRAIRES NOUVELLES

1/ Déclin de l’influence gréco-latine

   À cette époque, on ne fait plus qu’imiter et, surtout, le genre romanesque se développe tout au long du siècle.

2/ Ancienne poésie scandinave

   La nouveauté vient du Nord. Entre 1755 et 1765, les poètes découvrent cette poésie ainsi que celle du pseudo-Ossian gaélique, les ballades anglo-écossaises, la première édition partielle des Nibelungen et des Minnesänger du Moyen Age allemand et le théâtre de Shakespeare. Certains Allemands du Nord appartiennent à l’école scandinave et fabriquent une Allemagne païenne.

   On confond Celtes, Germains et Scandinaves : P.-H. Mallet, un jeune Genevois professeur à Copenhague écrit en 1751 des Monuments de la mythologie et de la poésie des Celtes, et particulièrement des anciens Scandinaves. Il en fait des guerriers chevaleresques. Mme de Staël reprendra ses idées avec les dieux Odin, Freya et Thor. Herder y puise dix morceaux de ses Chants populaires. En 1796, il examine à l’Université de Copenhague la question de remplacer la mythologie gréco-latine par celle des anciens Scandinaves, question qui sera sujet de concours en 1800.       

3/ Les poèmes ossianiques

   Traduits par Macpherson en prose, ils sont raillés par Voltaire, notamment l’invocation à l’étoile du soir au début du Chant de Selma que Werther traduit pour Charlotte. 

   En l’absence d’un Homère allemand, Ossian devient pour Klopstock et son école, le « Dichterbund » de Göttingen, et pour Herder, le père de la poésie germanique : race pure et saine, peuple cruel mais courageux. Mme de Staël elle-même surnomme Ossian « l’Homère du Nord ».     

4/ Sources littéraires diverses

   À côté de sources poétiques nationales, on fait appel à Gessner et ses Idylles (qui prône la vertu). Rousseau dit de lui : « C’est un homme selon mon cœur. » Turgot se fait l’introducteur en France de Gessner dès 1760, ainsi que de l’Ossian de Macpherson, à l’origine du goût pour le tendre, le gracieux et le rustique sous Louis XVI.  

5/ Shakespeare

   En Angleterre, on le découvre au début du XVIIIe. En Allemagne et en France, il est vaguement récité à partir de 1730 par des étrangers. Voltaire le déniche lors de son exil à Londres et le présente dans des écrits très lus en Europe, lui empruntant divers personnages pour ses tragédies. Mais il lui trouve des défauts, comme la violation des règles, le mélange du tragique et du comique, le style ; il le considère comme un génie inculte qui reflète le bonheur de son époque. Ce jugement devient article de foi pour l'ensemble de l'opinion française. Mais certains s'en démarquent, comme Sébastien Mercier, ce qui lui vaudra la hargne de Voltaire à partir de 1760.

   Shakespeare est la pierre de touche des préromantiques et des classiques. Les guerres révolutionnaires et impériales retardent ses progrès en France, mais des émigrés le découvrent et Mme de Staël s'en empare, opposant une fois encore la littérature « du Nord » à celle « du Midi ». 

   L'Allemagne le remarque encore plus tard que la France mais il y fait des progrès plus rapides. À partir de 1740, on trouve quelques traductions et articles. C'est Lessing qui secoue le joug français et, dans un article de 1759, salue sa grandeur et déclare son théâtre supérieur au théâtre tragique français car il lui semble plus conforme au génie du peuple allemand. Ses amis Mendelssohn et Nicolaï l'approuvent, à la différence de Gottsched. 

   À partir de 1766, Gerstenberg et Herder se jettent dans la bataille et, plus tard, Goethe : le héros de Wilhelm Meister éprouve pour Shakespeare un enthousiasme égal à celui de son auteur : « Shakespeare, mon ami ! » s'écrie-t-il dans son fameux discours de Francfort.

   L'attention se porte non sur la construction, la technique et le style (à l'opposé des classiques) mais sur les caractères, la violence des passions et la rudesse d'expression.

   À partir de 1775, la cause shakespearienne est gagnée en Allemagne. August Wilhelm Schlegel commence à le publier en 1797, puis Tieck. Le dernier volume paraîtra après 1820. En France, il faut attendre le Romantisme.

CHAPITRE IV - LES IDÉES LITTÉRAIRES NOUVELLES

Ce chapitre n’est pas résumé. Van Tieghem propose quatre parties :

1/ Contre les dogmes de l'imitation des Anciens.

   C'est une coupure dans l'histoire de la littérature européenne depuis ses origines qui s'effectue dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

2/ Contre le goût classique des règles

3/ Retour à la nature

4/ La vraie poésie

B/ La révolution romantique

CHAPITRE I – L’ÉPOQUE ET LES CIRCONSTANCES

1/ Le Romantisme dans les différentes nations

   Après l’incubation du Préromantisme, le Romantisme se développe en Europe au cours d’un quart de siècle de l’extrême fin du XVIIIe jusqu’aux environs de 1825.

   Si l’on admet, comme il est nécessaire de le faire dès qu’on aborde l’histoire littéraire du point de vue comparatif ou synthétique, que la démarcation entre les diverses littératures est tracée par la différence des langages et non par les frontières politiques, il reste une douzaine de littératures, dont surtout la littérature anglaise, allemande et française.

2/ Les circonstances littéraires et le milieu social

   Les préromantiques n’ont jamais lancé de Préface à sensation comme le feront Wordsworth, les Schlegel ou Hugo. Le Romantisme succède à une évolution dont les causes profondes sont dues à l’époque historique, la République en France ayant ébranlé bien des traditions. Les guerres de l’Empire ont aussi détruit des monarchies, ruiné des privilèges, modifié la société lettrée. Lors de l’émigration, les classes les plus cultivées prennent connaissance de littératures moins asservies que la leur aux traditions classiques. Le sentiment national se développe chez les vaincus. Après 1815, l’Europe est fatiguée des guerres incessantes et veut se reposer en revenant à son passé. L’hégémonie de la France s’amoindrit.      

3/ Naissance de groupes, de journaux et de rapports personnels

   En Allemagne, le Romantisme se développe dans trois centres, Iéna, Berlin et Heidelberg. Les revues se multiplient en Europe : l’« Athenäum » allemand, Le Conservateur littéraire à Paris (en dépit de son titre), La Muse Française, Les Tablettes romantiques (ces deux dernières paraissant peu d’années et disposant de peu d’abonnés), Le Globe, de nombreux Almanachs poétiques (surtout en Allemagne).    

   Des sociétés littéraires se montent et se réunissent régulièrement, ainsi que de nombreux salons littéraires comme celui de Rahel Varnhagen à Berlin et de Mme de Staël à Coppet où elle est exilée par Napoléon de 1803 à 1811 et qui devient un lieu de rendez-vous, le creuset du Romantisme européen. 

   Les rapports amicaux et le partage des travaux littéraires s’intensifient. Pour mémoire, Tieck et Wackenroder visitent ensemble Nuremberg en 1793.

CHAPITRE II – LES FORMES NATIONALES DU MOUVEMENT ROMANTIQUE

1/ Comparaison des romantismes allemand et anglais

   Pour ce qui est de la méthode, l’histoire des mouvements doit être présentée d’abord séparément dans les différentes littératures, pour faire ressortir les traits particuliers qu’il offre dans chacune d’elles, avant de montrer à quels traits communs il doit son essentielle unité. Il faut suivre l’ordre chronologique qui est en même temps l’ordre logique car il incite à signaler les influences.

   Le Romantisme apparaît en même temps en Allemagne et en Angleterre qui devancent la France où les précurseurs sont Chateaubriand, Mme de Staël, Senancour et Nodier. Le terrain préromantique est préparé : Anglais et Allemands cette époque sont peu informés de leurs littératures et il n’y a pas d’influence réciproque. Quelles sont alors les influences littéraires communes qui ont favorisé l’explosion ? D’abord, depuis un tiers de siècle, on manifeste de l’intérêt pour les chants populaires et les vieilles ballades, de l’intérêt pour Rousseau et le théâtre de Shakespeare.

2/ École littéraire allemande

   Assez tôt, depuis 1770, Lessing, Herder, Goethe et Schiller donnent la théorie et l’exemple d’une poésie lyrique, spontanée et directe, d’un drame libéré, d’une critique historique et non dogmatique, ouverte aux formes d’art les plus variés. La littérature allemande est déjà affranchie.

   Les membres du Romantisme ne se réclament pas des « Stürmer » bien qu’ils soient cependant dépendants des premiers pour ce qui est de la conception de la poésie et le recours aux sources populaires et nationales. Fichte est d’abord un « Stürmer », tout comme les jeunes Goethe et Schiller. Les frères Schlegel, Novalis, Tieck, son ami Wackenroder, le philosophe Schelling, le théologien Schleiermacher, les frères Grimm (tous nés entre 1765 et 1775) sont plus âgés d’une trentaine d’années que leurs homologues français : Wackenroder meurt en 1808, Novalis en 1801.

   L’apogée des Schlegel et de Tieck se situe entre 1798 et 1800 en même temps que la publication des trois volumes de la revue « Athenäum ». D’abord professeurs à l’Université d’Iéna, les deux frères se rendent à Berlin et sont fortement influences par leurs femmes, Caroline et Dorothée. Leurs œuvres sont inférieures aux Fragments, où ils exposent leur théorie et tout un ensemble critique supérieur aux autres pays, exposant leurs idées sur la poésie lyrique, la formation et la destinée de l’homme et la religion. Les amitiés littéraires d’August Wilhelm (le frère aîné) contribuent largement à la genèse de De l’Allemagne : il appelle Mme de Staël sa « protectrice ». 

   Le groupe de Heidelberg est moins important et compte notamment Arnim, Brentano et la Motte-Fouqué, nés vers 1780. Arnim et Brentano font paraître Le Cor merveilleux du jeune garçon (1806-1807), un recueil de chants populaires.

   Existe aussi l’École souabe autour de Stuttgart entre 1810 et 1830 avec Uhland, Kerner et Schwab.

   Vers 1808, les idées romantiques pénètrent à Vienne.  

3/ Autres manifestations du mouvement romantique en Allemagne

   Il faut mentionner les Romantiques indépendants comme Hölderlin qui aime une Grèce idéale et mystique, Rückert et Platen, deux orientalistes, puis Chamisso, Eichendorff, Heine et Lenau notamment.

4/ En France

   Les maîtres immédiats sont Mme de Staël et Chateaubriand. Il faut noter une grande influence des événements historiques et politiques sur la littérature entre 1789 et 1815.

   De l’Allemagne est considérée comme la « Bible des Romantiques » français. Mme de Staël y dresse le tableau général de la littérature récente en Allemagne. En 1809, Benjamin Constant met en tête de son Wallenstein traduit de Schiller un Discours préliminaire, texte fondateur.

   C’est en 1814, après la publication de L’Allemagne, de la traduction du Cours de littérature dramatique d’August-Wilhelm Schlegel et de la Littérature du Midi de l’Europe de Sismondi que les Romantiques s’opposent aux Classiques.

C/ Les sentiments, les idées, l’art

CHAPITRE I – LES ÉLÉMENTS INTERNES DU ROMANTISME

Ce chapitre n’est résumé qu’en partie.

1/ Plan

- Le Romantisme intérieur : l’homme, ses sentiments, son intellect, son monde intérieur

- Le Romantisme en littérature : idées et goûts

- Le Romantisme dans l’art littéraire : expression et principes esthétiques

2/ L’âme romantique

   « La littérature est l’expression de la société », cet aphorisme de Mme de Staël, est à discuter. Mais il est vrai que les écrivains appartiennent à une même famille d’esprit qui correspond à un état d’âme global de toute une population. Pour le Romantisme, retenons l’insatisfaction du monde contemporain, l’inquiétude devant la vie, la tristesse sans motif, l’importance du Moi. Ce déséquilibre entre les facultés humaines entraîne Goethe à « appeler classique ce qui est sain et romantique ce qui est malade ».   

3/ Le sentiment de la nature

4/ La religion

   On en appelle au divin et au panthéisme.

5/ L'amour

6/ Sentiments divers

CHAPITRE II - LES ÉLÉMENTS EXTÉRIEURS DU ROMANTISME

Ce chapitre n’est résumé qu’en partie.

1/ L'énorme et l'exceptionnel

2/ L'exotisme Il faut citer l'hellénisme du Prince de Hombourg par exemple (Kleist). On célèbre aussi l'Allemagne rhénane et méridionale avec ses villes pittoresques, ses châteaux en ruines, ses forêts, ses légendes, ses mœurs naïves et sa musique.

3/ L'histoire, le Moyen Age

4/ Les anciens monuments des littératures nationales

5/ La littérature populaire

6/ Les écrivains allemands

   Ils sont des guides et des modèles mais les Français, sauf Mme de Staël, ignorent la littérature allemande. Elle cite avec éloge La Messiade de Klopstock, traduite en français au siècle précédent, épopée de facture classique à laquelle se mêle le merveilleux chrétien. De Goethe, on connaît Werther qui est à l'origine de nombreux romans d'autobiographie sentimentale, ainsi que Le Roi des Aulnes et Le Roi de Thulé. Son Götz von Berlichingen reste le prototype du drame en prose ; la publication de la Première Partie complète de Faust n'a lieu qu'en 1808. Mais on ne retient souvent que le diabolique et le sentimental, deux éléments superficiels. On connaît un peu l'œuvre dramatique de Schiller et on découvre Hoffmann vers 1820.   

CHAPITRE III - LE ROMANTISME DANS L'ART LITTÉRAIRE

1/ Le mouvement critique et théorique

2/ La relativité et l'élargissement de l'art

   La triple relativité de l'art, du beau et du goût est reconnue par Diderot. Dès 1797, Wackenroder veut remonter à la source de la « poésie universelle ». Sans influence des écrits de Schlegel, Tieck et Novalis que Mme de Staël ne connaît pas encore en 1800, mais combinée avec la théorie des climats de Montesquieu, la relativité de l'art littéraire conditionné par l'état politique et social fait la base de sa Littérature. En 1797 également, Frédéric Schlegel oppose à l'idéal antique qui est le beau l'idéal moderne qui est l'intériorité. 

3/ La vraie poésie pour les romantiques allemands

   Dans la littérature, c'est la poésie et le théâtre sérieux qui interpellent les thèses du Romantisme, comme une répudiation de principe aux traditions classiques.

   Les Romantiques allemands, imprégnés de philosophie, donnent à la liberté de l'art des racines profondes. Tieck et Wackenroder associent à la littérature la peinture et la musique comme expressions différentes d'un même instinct profond. De cet art unique, la poésie est la manifestation la plus complète. Ils se réclament aussi de « l'Urpoesie » du Moyen Age allemand.  

   Mme de Staël, par suite de ses relations avec les deux frères Schlegel, adopte leur système qui remplace en 1810 dans De l'Allemagne celui qu'elle exposa dans De la Littérature en 1800 : la littérature « romantique » ou chevaleresque est indigène, la littérature classique est transplantée. Seule la première peut être populaire et, en s'adaptant au monde moderne, se perfectionner. L'auteur croit à la « perfectibilité » des arts et des lettres.  

4/ La poésie de la vie moderne s'oppose au goût pour le passé de la poésie classique

5/ Caractères principaux de la poésie

   On fait appel à la poésie du sentiment et à un art subjectif, à l’inspiration pure, à la libre émotion, à l’originalité et aux confidences intimistes.

   En Allemagne s’y ajoute une certaine forme d’ironie. En 1800, Frédéric Schlegel en donne la théorie : elle fait ressortir le contraste entre les sublimes aspirations de l’homme et la médiocrité de sa destinée. Par elle, la poésie (la « Dichtung », soit la littérature de création) se poétise elle-même, c’est « de la poésie au carré ». Cette ironie issue de l’humour anglais de Sterne se retrouve surtout chez Tieck, Jean-Paul et Brentano.

   La poésie utilise le langage symbolique (Novalis), les mythes et la religion et le fantastique.

6/ Définition du poète pour le Romantisme

   Le poète ou l’artiste en général est un type, tout comme l’honnête homme du XVIIe siècle ou le philosophe.

7/ Les genres littéraires

   Ils sont nettement séparés au XVIIIe où le drame bourgeois en prose ou la « comédie émouvante » ont du mal à trouver leur place malgré les efforts de Diderot et Lessing.

   Mais peu à peu les mots perdent leurs sens précis : Goethe intitule son Faust « tragédie » et des genres littéraires nouveaux apparaissent à partir de 1820, comme le lied, la ballade, le poème dramatique ou symbolique

   Au théâtre, on demande des sujets historiques modernes (influence de Shakespeare, Goethe, Schiller, des critiques romantiques allemands, de Benjamin Constant et de Mme de Staël). Rappelons ici le Cours de littérature dramatique (1809-1811) d’August-Wilhelm Schlegel, traduit presque aussitôt en français, véritable machine de guerre contre la tragédie française. En 1809, Benjamin Constant demande que le poète tragique peigne non « un fait » mais une « vie entière et un caractère entier » et qu’il traite « de questions morales d’intérêt plus intime. »

8/ Le style

   On s’élève contre les métaphores, l’élégance et la mythologie, on demande un élargissement du vocabulaire en même temps qu’une plus grande précision des termes. On sollicite le mouvement et le rythme de la phrase.  

9/ Versification

   Les critiques allemands du XVIIIe ont déjà condamné l'alexandrin comme peu adapté au génie de la langue et souhaitent un clavier plus étendu. Ainsi feront Goethe, Tieck et August-Wilhelm Schlegel. Schlegel est un habile métricien et il faut noter l'introduction de types nouveaux de versification en Italie et en Espagne. Tieck, plus fantaisiste, insiste sur la richesse des rimes.

D/ Les œuvres

CHAPITRE I - LA POÉSIE

   La poésie est considérée comme romantique en général. Dans l'opinion courante, un Romantique, c'est d'abord un poète. Il faut se rappeler ici l'état de la poésie en Europe à la fin du XVIIIe siècle qui souffrait alors des exigences de l'art classique et ses possibilités de renouvellement.

CHAPITRE II - LE THÉÂTRE

   Il n'existe pas de théâtre national et de nombreuses pièces sont non jouées ou non jouables : on se contente de les lire. À partir de 1802 se creuse un abîme trop profond entre l'idéal dramatique des Romantiques et les possibilités scéniques. En effet, les auteurs se complaisent à l'évocation d'un passé légendaire, de scènes historiques, à des visions prophétiques, des sujets démesurés, des rêves fantastiques, des symboles, des confessions sentimentales, des tirades enflammées ou sanglotantes qui se prêtent mal à un enfermement entre les portants du Théâtre Français, du Théâtre Royal de Berlin ou du Théâtre Ducal de Weimar (dirigé par Monsieur le Conseiller von Goethe en personne). En outre, le public reste timoré.   

   Citons dans le contexte La Mort d'Empédocle de Hölderlin, écrit entre 1796 et 1802, Le Chevalier Barbe Bleue et les Contes de nourrice de Tieck (1797) qui fait preuve d'ironie afin d'accentuer l'énorme invraisemblance et de détruire ainsi l'illusion. Quant à La Motte-Fouqué, il écrit des drames empruntés à la mythologie scandinave comme Le Héros du Nord (1808).

   Les pièces jouées sont des drames historiques allemands, par exemple Kätchen von Heilbronn de Kleist, « grand drame historique du temps de la chevalerie », historiques car nationaux : le patriotisme grandit face à l'envahisseur.

   On joue également des drames à sujet moderne : le « Schicksalsdrama » est cultivé en Allemagne durant toute la période romantique.

   Intermédiaires entre le drame bourgeois et le mélodrame, voici certaines pièces de Kotzebue qui joue sur l'exotisme à bon marché dès 1789 avec Les Indiens en Angleterre, suivi des Espagnols au Pérou.

   On écrit bon nombre de pièces pour prendre la défense des droits de la fille-mère, sujet déjà traité par les « Stürmer » allemands des années 1770.

   La comédie n'obtient qu'une place exiguë.

CHAPITRE III - LE ROMAN

   L'auteur joue un rôle dominant et on lit avant tout La Nouvelle Héloïse, Werther, René et Obermann.

   On s'engoue pour les romans autobiographiques ainsi que pour les études morales de caractères ou de sentiments. C'est ainsi qu'entre 1795 et 1809, on dévore Hesperus, de Jean-Paul, Delphine et Corinne de Mme de Staël, Les Affinités électives de Goethe. Ces romans montrent les tendances nouvelles : conception des rapports entre amour et société, importance du paysage, étude de types étrangers. On lit aussi Lucinde de Frédéric Schlegel qui fait scandale car il prêche l'amour libre, ou Godwi de Brentano.

   On aime les romans exotiques et d'aventures et les romans qui font appel au merveilleux comme Ondine de La Motte-Fouqué ou Peter Schlemihl (l'homme qui a perdu son ombre) de Chamisso.

CHAPITRE IV - HISTOIRE ET PROSE D'IDÉES

   Le Romantisme n'est pas sans influence sur la vision de l'histoire, l'histoire littéraire et la critique. Dès le XVIIIe siècle, les discussions sur les principes esthétiques, les débats dans les journaux ont préparé le Romantisme. À cela s'ajoute la relativité de l'art discernée par Mme de Staël et les Romantiques allemands. De la Littérature, écrit en 1810, fonde la critique littéraire sur la variation des institutions et des mœurs, s'opposant ainsi aux dogmes absolus, arguments d'autorité et goûts personnels. En cela, Mme de Staël se rapproche de Tieck et Wackenroder qui accréditent la relativité du goût pour ce qui est des beaux-arts.   

   Avec l'Athenäum, paru entre 1798 et 1804 et doyen des périodiques romantiques en Europe, on touche aux débuts de la critique et déjà de l'histoire littéraire qui cherche à relier et expliquer. Jusque-là, la critique d'art, malgré les Salons de Diderot, est restée bien étriquée.

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Date de dernière mise à jour : 15/09/2019

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