« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Salaires et prix

Introduction

Le jeune mendiant (Murillo)

   Il est impossible de se faire une idée des prix sous l'Ancien Régime (1), d'autant que certains produits, comme les vêtements ou les produits exotiques (café, thé, chocolat, sucre) valaient bien plus cher que de nos jours alors que la location de chambres meublées par exemple était meilleur marché. On a donc pris l'habitude de compter en journées de travail d'un ouvrier. L'achat d'une robe de cour revenait à plus de mille journées de travail...

   Le prix actuel d'une robe de grand couturier, nous dira-t-on. Certes ! Mais dans l'ensemble, nous avons accès à des biens de consommation relativement « luxueux » (payés à crédit...). Jamais un manant du 18e n'aurait pu s'offrir un carrosse, dont il n'aurait d'ailleurs pas eu l'emploi, alors que nous roulons dans des voitures souvent prestigieuses.

   Disons que le niveau de vie moyen a augmenté. Et que nous achetons notre baguette de pain sans problème...

Sources de la page dans son intégralité : Salaires et revenus dans la généralité de Rouen au XVIIIe siècle, A. Lefort, 1886.

Petit rappel sur les monnaies au 18e siècle

- Livre (ou franc) = 20 sous (ou sols)

- Sou = 12 deniers

- Ecu d’argent = 3 livres

- Ecu d’or = 6 livres

- Louis d’or = 24 livres

   La livre ou franc n’est qu’une monnaie de compte. Les pièces en circulation (billon ou monnaie de cuivre) sont le sou, le denier et le liard : 1 liard = 1/4 de sou = 3 deniers.

   La pistole, pièce d’or espagnole ou italienne, est employée parfois comme monnaie de compte (dix livres).

   La monnaie de papier est composée par les multiples rentes, obligations, titres d'emprunt qui circulent dans le royaume. Pour le commerce international, on utilise des lettres de change.

Un lien intéressant qui peut aider à résoudre le problème de la valeur livre / euro ici

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Notes

(1) La livre serait équivalente en gros à 50 euros. Nous partons de cette donnée (sujette à caution) pour l’équivalence éventuelle.     

Salaires

* Au début du siècle, les ouvriers de campagne gagnent de 7 à 8 sols par jour (selon Le Détail de la France de Boisguillebert), le double en période de récolte.

* En gros, les ouvriers citadins gagnent de 10 à 14 sols.

* Selon l'agronome anglais Arthur Young (Voyages en France pendant les années 87, 88, 89), un ouvrier gagne 19 sols à la fin du siècle. Les prix s’abaissent quand ils sont nourris car la nourriture représente à elle seule au moins les 2/3 du salaire, quand elle n'est pas tout le salaire ou à peu près. Les prix flamberont durant les terribles hivers 1783-1784 et 1788-1789.

* Un domestique gagne 50 livres (ou francs) par an.

* Dans les hospices, la supérieure des sœurs gagne 100 livres, les autres 40 ou moins.

* Un maître d’école gagne 150 livres.

* Le traitement des professeurs de collège est moins dérisoire : 1000 livres.

* 10 sous pour abattre un arbre.

* 1 sou pour les décrotteurs.

* 4 sous pour les perruquiers.

* Les maîtres-ouvriers, vers 1787, peuvent s’offrir pour 16 sols et 9 deniers par jour (60 % de son budget) une nourriture représentant 4 000 calories, soit 1250 grammes de pain (la base de la nourriture), 300 grammes de viande (produit de luxe), une demi-bouteille de vin, du sel, du poivre, du vinaigre et de l’huile (produits de luxe), des fruits, des légumes et un morceau de fromage. Les autres dépenses (40% du budget) vont au loyer, chauffage, éclairage et habits, sans parler des frais divers occasionnés par les enfants (nourrice, éducation).

* Un autre exemple, celui d’un journalier agricole (classe la plus pauvre des travailleurs) au milieu du siècle : il est mieux payé à la ville qu’à la campagne (de 20 à 30 sous par jour selon les villes, 16 sous à la campagne) mais son sort n’est guère reluisant, la livre de pain de froment coûtant alors 2 sous. Lors des disettes, le prix du pain augmente considérablement. Le pouvoir d’achat de l’artisan, de l’ouvrier, du journalier, contrairement à celui des autres classes, ne cesse de baisser au cours du siècle, surtout dans sa seconde moitié.

*Bien entendu, les femmes gagnent moins, environ la moitié. Mais, en 1710, une brodeuse (métier recherché) gagne 20 sols (et un maître maçon 30).

 * Le salaire annuel moyen d’un tisserand est de 150 livres. La comtesse de Matignon paie 24 000 livres par an le plaisir d’une coiffure quotidienne originale. Cela laisse rêveur sur l’inégalité, droit imprescriptible de naissance…

* Un ouvrier non qualifié à Paris à la fin du 17e siècle gagne 15 sous à quelques sous (ou sols) près, le salaire n’évoluera pas au siècle suivant.

* Le salaire d’une famille d’artisans de 4 enfants serait, dans l’idéal, de 43 sols (père 15, mère 8, chaque enfant 5) mais la vie quotidienne reste chère (voir infra). Cette famille idéale consomme 10 sols de pain, 18 harengs à 9 sols, une livre de fromage de 5 sols, et 4 pintes de cidre à 12 sols = 36 sols. Restent 7 sols…  Sans parler des impôts (gabelle et capitation), des vêtements et maladies. Notons la variation incessante du prix des choses, les soubresauts du marché alimentaire par suite de la disette et l’impossibilité de sortir d’une condition précaire : si l’on parvient à faire des économies une année, une année de cherté survient.

Notons qu'au 18e siècle, les prix ont suivi une progression très lente, sauf sous le règne de Louis XVI. 

Salaires en France selon Benjamin Franklin

   Benjamin Franklin écrit dans ses Réflexions sur l’augmentation des salaires qu’occasionnera en Europe la révolution d’Amérique :

   « Le bas prix des salaires est un des plus grands vices des sociétés politiques de l’Europe, ou plutôt de l’Ancien Monde.

   Si l’on donne au mot salaire toute l’extension dont il est susceptible, on trouvera que presque tous les citoyens d’un grand État reçoivent et donnent des salaires ; mais il n’est ici question que d’une espèce de salariés, les seuls dont le gouvernement doive se mettre en peine et qui ont besoin de ses soins ; ce sont les salariés du dernier ordre, de ces hommes sans propriété, sans capital, et n’ayant que leurs bras pour vivre. Cette classe est toujours la plus nombreuse d’une nation ; et par conséquent on ne peut pas dire heureuse la société où, par la modicité et l’insuffisance des salaires, les salariés ont une subsistance si bornée que, pouvant à peine satisfaire leurs premiers besoins, ils n’ont ni le moyen ni de se marier, ni d’élever une famille, et sont réduits à la mendicité aussitôt que le travail vient à leur manquer, ou que l’âge et la maladie les forcent de manquer eux-mêmes au travail...

   Malheureusement, dans tous les États policés de l’Ancien Monde, une nombreuse classe de citoyens n’a pour vivre que des salaires, et ces salaires lui sont insuffisants. C’est là véritablement ce qui produit la misère de tant de journaliers qui travaillent dans les campagnes ou dans les manufactures des villes, la mendicité, dont le mal s’étend chaque jour de plus en plus, parce que les gouvernements ne lui opposent que des remèdes impuissants, la dépravation des mœurs et presque tous les crimes.

   La politique de la tyrannie et celle du commerce ont méconnu et déguisé ces vérités. L’horrible maxime qui dit qu’il faut que le peuple soit pauvre pour qu’il reste soumis, est encore celle de beaucoup de gens au cœur dur et à l’esprit faux. »

Sources : Benjamin Franklin, premier savant américain, Jacques Ahrweiller, Seghers, 1965.

Prix des vêtements

1/ Le peuple

   Durant la première moitié du siècle, les vêtements de la classe ouvrière et agricole sont en toile de chanvre ou fil de lin. On utilise la toile pour le linge, les chemises, les draps et les matelas, le fil pour les blouses, vestes ou pantalons. Une aune de chanvre (0,85m) coûte de 17 sols à 1 livre, une aune de fil de 1 à 5 livres.

   À Rouen, même dans les classes ouvrières, on utilise le drap (Louviers, Elbeuf, Andelys, Rouen, Darnétal, Aumale) ainsi que le droguet (étoffe de laine grossière), les brocatelles (mélange de fil et de laine), des tontures de laine appliquées avec de la colle sur des toiles ou des coutils, la bure (pour les très pauvres), la tirelaine (Gisors), le froc (laine grossière). Le drap de Vire est à 6 fr. (bon marché).  Les draps les plus chers sont fabriqués aux Andelys : 20 livres l’aune (Louviers 19 livres, Elbeuf 15 livres). La serge d’Aumale coûte 30 livres, l'étamine 80 livres et le drap vigogne de Louviers 110 livres l’aune.

   On note un grand luxe de linge (en quantité) dès la moitié du siècle, même chez les bourgeois, agrémenté de dentelles, broderies et rubans.  L'usage du velours (encore plus cher que le drap) augmente à partir de 1740.

2/ Les nobles

   L'inventaire après décès en 1705 de la garde-robe de Mme de Pontcarré, de noblesse normande, nous est fort utile. Le voici :

* 75 livres pour 12 chemises de nuit en toile neuve, unies

* un habit complet consistant en un manteau et une jupe de brocart d’or et d’argent, dont le fond est couleur de fer, le manteau doublé de taffetas rouge et la jupe de damas = 800 livres

* un autre habit composé d’un manteau et d’une jupe de damas couleur de rose à fleurs d’argent, doublé de taffetas vert = 250 livres

* un jupon de damas vert à fleurs d’or, bordé d’un galon d’or, et un autre jupon de damas blanc à fleurs d’or et aussi bordé d’un galon d’or. Une robe de chambre de damas cramoisi, à fleurs d’or, doublée de taffetas de même couleur = 200 livres

* autre habit, manteau et jupe de damas à fleurs d’or, doublé de taffetas couleur de fer = 150 livres

* manteau de taffetas blanc des Indes garni d’un galon d’argent, une jupe noire de ras de Saint-Maur chamarrée d’argent, avec une jupe de velours noir garnie d’un grand galon et d’un petit bordé d’or = 250 livres

* robe de chambre, jupe, manteau = 120 livres

* jupon avec galon d’argent = 60 livres

* robe de chambre, jupe, manteau = 70 livres

* autre habit noir de ras de Saint-Maur composé d’un manteau, de la jupe et d’un jupon noir = 100 livres

* 3 petits manteaux de lit de satin avec une robe de chambre de ras de Saint-Maur noir, un jupon de damas couleur de rose garni d’une frange d’argent = 60 livres

* un autre jupon = 10 livres

* un habit de chasse composé d’un justaucorps et d’une jupe écarlate garnie de galon, plaques et boutonnières d’argent, d’une petite veste de moire d’argent, un chapeau de castor bordé d’argent, avec un plumet blanc et un caleçon de chamois = 250 livres

* 5 paires de bas de soie = 40 livres

* jupes = 50 livres

* 6 écharpes de ras de Saint-Maur, de gaze noire, de taffetas = 200 livres

* chemises, jupons, manchettes, mouchoirs = 300 livres

* couettes de nuit à dentelles, tours de gorge = 220 livres

* garniture de linon et manches = 40 livres

* garniture de point d’Angleterre et manchettes = 420 livres

* garniture de dentelles de Malines avec les engageantes et le tour de gorge, et une autre garniture de mignonnette à réseau avec les engageantes et le tour de gorge = 100 livres

* autres garnitures et jardinières de dentelle = 80 livres

* une toilette de mousseline rayée avec le dessus et le peignoir de dentelle à bride = 80 livres

* toilette de point d’Angleterre, tablier et peignoir = 120 livres

* bonnets piqués, chaussons, garnitures de corselets, peignoirs = 120 livres

* un habit complet consistant en un manteau et une jupe de brocart d’or et d’argent, le manteau doublé de taffetas rouge et la jupe de damas = 800 livres

* croix d’or garnie de diamants = 700 livres

* montre à répétition = 200 livres

   Sachant que les chiffres des inventaires sont toujours sous-estimés…

   Notons en 1740, la toilette de noces de Mme de Viermes, châtelaine de la Vaupalière : « Mme de Viermes fut à la comédie ornée de tous ses joyaux : des girandoles magnifiques, une aigrette, un collier de velours noir avec une rose de diamants, des bracelets de même. Sa robe de velours ciselé de fleurs naturelles d’où sortaient des fleurs d’or et d’argent était superbe et valait plus de 2000 livres. »

   Imaginons un instant notre brodeuse qui gagne 20 sols par jour, qui vit seule et qui aimerait se procurer une paire de bas de soie. Elle devrait débourser à peu près 10 livres. Une livre valant 20 sols, elle devrait, durant 10 jours, ne pas manger et ne pas payer son loyer...

   On comprend dès lors que le métier de femme de chambre est recherché : elles sont logées, vêtues et nourries, parfois chauffées (rarement). 

Prix de l'ameublement

1) Rappelons que les locations sont peu chères : une chambre pour un « écolier » - étudiant - coûte 10 livres par an, une cuisine avec une cour et une chambre 8 livres et une maison avec jardin 55 livres.

   En avril 1763, on peut lire dans le Journal des Annonces de Rouen :  « Elle [une maison] consiste en une cave, cuisine, écurie pour quatre chevaux, deux remises, un bûcher au rez-de-chaussée ; au premier une grande antichambre servant de salle à manger, un cabinet d’assemblée ayant deux grande croisées en espagnolettes, une chambre à coucher et un cabinet de toilette avec cheminée ; au second une grande chambre à cheminée, un garde-meubles où on pourrait pratiquer des chambres, une petite chambre à cheminée et des greniers dessus avec un bel escalier à rampe de fer sans communauté. Le prix de cet appartement [à la vente] est de 350 livres. »

2) Continuons la lecture de l'inventaire après décès de Mme de Pontcarré :

* une poupetonnière (pouponnière ?) et 3 cuillers, une marmite de cuivre = 10 livres

* un écran de bois doré garni d’étoffe de la Chine = 10 livres

* une couche de duchesse avec paillasse, sommier de crin, lit et traversin de coutil rempli de plumes, matelas, une couverture de laine blanche et une courtepointe de taffetas aurore et blanc, à fleurs ; 3 pentes, 2 soubassements = 300 livres

* une tenture de tapisserie de haute lisse, fabrique d’Auvergne de 24 à 25 aunes = 510 livres

* 60 couverts de métal = 40 livres

* 18 couteaux à manche d’argent = 180 livres

* 12 assiettes de faïence = 3 livres

* 6 assiettes d’étain : 6 livres

   Notons que les meubles en bois ne sont pas chers : les tables valent de 3 à 4 livres, 12 chaises et 12 fauteuils de bois tourné, garnis de crin coûtent 50 livres. Le plus cher reste évidemment l'argenterie.

   Les pauvres disposent d'un mobilier rudimentaire :  un ou deux lits avec paillasse et traversin, un banc, deux ou trois chaises de paille, une armoire ou commode, un chaudron, quelques plats et assiettes d’étain, un seau, un peu de vannerie.

Prix des denrées de base

* Le pain est la denrée de base primoriale.

   Le prix est en fonction de la rentrée des blés, d’où les grands écarts des prix et la misère du peuple. En 1713 et 1714, une livre de pain de 489 g coûte 2 sous et 9 deniers. En 1780, elle vaut 2 sols et 2 deniers. En 1725, le pain de bouche (pain de luxe) de 14 onces vaut 4 sols et 6 deniers, le pain bis 3 sols et 6 deniers et le dernier choix 1 sol et 8 deniers (en 1785). En 1740, le pain moitié orge moitié froment vaut 2 sols et 6 deniers. En 1771, Voltaire écrit à M. d’Épinay : « Le pain vaut de 4 à 5 sols au cœur du royaume. »

* Les autres céréales (orge, seigle, avoine, fèves, lentilles, sarrasin) suivent le prix du blé.

* La viande : bœuf, mouton et veau de 9 à 11 sols la livre. En 1771, on trouve des Mémoires de bourgeois se plaignant de la cherté de la viande qui passe à 12, 14 et 15 sols. La graisse de lard et de saindoux coûte 18 sols la livre, le lard frais 13 sols (1750) et le lard salé de 14 à 15 sols (1750). Dans les grandes maisons, il y avait un abonnement fait avec le boucher à la fin du carême et le prix restait le même pour toute l’année.

* La volaille et le gibier : ils sont chers, en dépit de la grande quantité de gibier. On a par exemple 21 poulets pour 26 livres en 1707. Une poularde vaut 3 livres, un faisan 8 livres et il faut débourser 2 livres pour une perdrix, une bécasse ou une sarcelle.

* Le poisson

   Truite : « 25 livres, deux belles truites envoyées de Dieppe à Versailles, emballage et port 5 livres en 1760. » (Pour la table de Louis XV). En 1754, on débourse 12 livres pour deux truites. Un carrelet en 1735 revient à 2 livres. 10 paires de soles valent 30 livres. On peut avoir 18 harengs pour 9 sols en 1701, une écrevisse pour 1 sol en 1775 et un plat de 200 écrevisses pour 10 livres. La grenouille revient à 6 deniers, la carpe à 3 livres 10 sols, la barbue à 20 livres, l’anguille à 2 livres.

* Le beurre vaut de 20 à 46 sols à la table du roi

* Le fromage est estimé à 5 sols la livre

* Les boissons chaudes

   Le chocolat est estimé à 3 livres la livre et la deuxième qualité à 2 livres 50. Vers la fin du siècle, il passe à 2 livres.

   Le café : 2 livres de café en 1746 reviennent à 9 livres 2 sols 3 deniers. Le moka coûte 3 livres 10 s en 1763. 500 grammes de café en grains reviennent à 80 livres. La tasse de café revient à deux sous et demi, soit un peu plus de 6 euros.

   Pour comparer au café, 2 livres de thé valent 16 livres. C’est énorme, sachant que le salaire moyen d’un compagnon tailleur est de 12 sols par jour (rappel : 1 livre = 20 sols et 1 sol = 12 deniers). Pour acheter 1 kg de thé (qui coûte environ 16 livres), il lui faut donc travailler 32 jours, soit un mois.

* Le sucre vaut plus d’une livre.

* Le vin

  • Vin des Canaries en 1710 : 50 sols le pot.
  • Vin de Beaune : 25 sols la chopine.
  • Vin de Bourgogne : 20 sols.
  • Chambertin en 1763 : 17 bouteilles pour 34 livres.
  • Vin de Lunel en 1763 : 7 demi-bouteilles = 5 livres 15 s.
  • Vin ordinaire : en 1733, 22 sols pour une bouteille.

Au début du siècle, une bouteille de champagne peut atteindre 8 livres, soit 400 euros. A la même époque, la consommation quotidienne de vin pour les 35 ou 40 domestiques d’une grande maison se monte à 6 livres, sachant que certains domestiques consomment jusqu’à 3 bouteilles par jour…

* Chauffage

   Après le pain, c’est le chauffage et l’éclairage qui pèsent le plus sur le budget des pauvres. On n’avait qu’une pièce à feu (d’où les veillées).

   En 1706, la chandelle de suif vaut 6 sous la livre. Mais la cire blanche (pour cierges et bougies) est à 2 livres et la bougie du Mans coûte 46 sous la livre en 1746.

   En 1784, une corde (4 stères) de bois blanc vaut 15 livres (le hêtre revient à 19 livres 14 sols).

   Un fagot de bois blanc vaut 13 livres 17 sols 6 deniers (le hêtre : 17 livres 10 sols 6 deniers).

La nourriture du peuple ici

Coût de la vie quotidienne des plus riches

Après le coût des denrées de base, voici d'autres prix concernant la vie quotidienne des plus riches.

* Voitures et chevaux

  • Un carrosse = 2000 livres
  • 7 chevaux de carrosse = 1800 livres
  • L'inventaire de l'archevêque de Saulx-Tavannes en 1747 donne les prix suivants : 9 chevaux hongres = 4237 livres. Un cheval de carrosse = 373 livres. 2 chevaux de selle = 529 livres. Une berline vernie en noir et dorée = 1930 livres

* Journaux

   L'abonnement annuel n'est pas cher. Il faut compter environ 7 livres.

* Théâtre

   Le théâtre, par contre, est cher : une place de balcon vaut de 4 à 5 livres, une première loge ou une place à l'amphithéâtre 3 livres et les balcons de secondes loges 2 livres. Par contre, les secondes loges valent 30 sous et le parterre 20 sous. Il faut savoir que les prix sont « tiercés » (augmentés du tiers) en province lors de représentations exigeant frais de décor ou artiste en renom. Une actrice célèbre peut recevoir 500 livres par représentation.

* Jeu de paume

   On donne 10 sols par séance.

* La mode étant aux lancements de ballons à la fin du siècle, la place se loue de 3 à 6 livres.

* Voyages

  • un aller aux Antilles 600 livres et 800 pour le retour
  • un aller en Amérique : 600 livres (idem pour le retour)
  • on peut louer un cheval au maître de poste de 30 sous à 2 livres par jour, voire 5 ou 6 (monopole)
  • la diligence Paris/Rouen = 12 livres. On paie 8 livres pour la location d'un cabriolet. Pour les hardes, il faut ajouter 1 sol et 6 deniers par livre. En carrosse, on paie 10 sols par lieue
  • Carrosses de place, citadines ou fiacres = 18 sols la course, 24 sols l’heure (la première), et 17 sols la seconde
  • Voitures d’eau à partir de 1728 entre Paris et Rouen : aller-retour 12 livres mais il faut quatre jours pour remonter la Seine et autant pour la descendre

* Lettres et paquets

   Le prix varie suivant les distances, depuis 2 sols pour la ville et la banlieue jusqu'à 25 sols pour les longues distances. Si l'on a du courrier pour les gens de peu (qui ne savent pas lire), on l'envoie au curé de la paroisse.

* Comparons

   Un artisan vit avec moins de cinq cents livres par an, une famille de très petite aristocratie mille livres. Il semble que le marquis de Sade ait accepté d'épouser Renée Pélagie de Montreuil contre la dot exorbitante de trois cent mille livres.

*À titre d'information

   Le tristement célèbre « collier de le reine » valait l'équivalent de 7 millions d'euros (donnée sujette à caution).

Le collier de la reine

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