Manuels de civilité

Commodités de Marie-Antoinette à Versailles   On ne cesse de réimprimer et diffuser Les règles de la bienséance et de la civilité chrétienne de saint Jean-Baptiste de la Salle, notamment en 1774, 1782 et 1788. Le modèle y est une civilité noble, offerte à tous au moins dans ses grandes lignes même si les gens de qualité savent d'instinct ou dès la première éducation comment se comporter. La décence corporelle s'adresse à chacun et chacune : elle est indépendante des conditions et du sexe. Nous avons cependant mis le texte au féminin quand il s’y prêtait.

   On peut y lire, avec un certain sourire :

* « Il faut qu'il y ait toujours dans le port d'une personne quelque chose de grave et de majestueux. »

* « Il ne faut se tenir ni voûtée, ni penchée ; il ne convient pas de se redresser avec affectation, de s'appuyer à un mur ou à un meuble, de faire des contorsions du corps, de s'allonger, de s'étirer. »

* S'asseoir convenablement est un art : il faut être assise à hauteur correcte, sans tendre les jambes ni les écarter et sans « s'appuyer bien fort contre le dossier de la chaise. »

* « Gratter sa tête lorsqu’on est en compagnie est indigne d'une personne bien née. »

* La propreté exige « qu'on ne laisse pas amasser beaucoup d'ordures dans les oreilles » et invite à l'usage du cure-oreille.

* Quant au nez, il doit être tenu « fort net », la bouche de même, qu'il est à propos « de laver tous les matins mais en son particulier : ni à table, ni en public. »

* Durant les repas, la bienséance interdit de nettoyer ses dents en se servant « de ses ongles, de ses doigts ou d'un couteau » : il convient d'user d'un cure-dent ou d'un « gros linge ».

* « Pour les besoins naturels, il est de la bienséance de n'y satisfaire que dans des endroits échappant à la vue d'autrui ».  Au 18e siècle, les toilettes « à l'anglaise » se multiplient mais le Manuel insiste sur l'art de vider, transporter, ranger et entretenir les pots de chambre…

* * *

Ajouter un commentaire