Mme de Pompadour frigide

Lit de Mme de Pompadour   On sait que Mme de Pompadour est d'un tempérament plutôt froid, sans parler de divers problèmes d'ordre plus intime (leucorrhée).

    Soulavie écrit dans Mémoires historiques et anecdotes de la cour de France pendant la faveur de la marquise de Pompadour (1802, cité par bon nombre d'auteurs mais il très partial) :

   « À peine avait-elle vécu quelques années avec le roi sur le pied d'une maîtresse qu'elle fut mise hors d'état de remplir ce qu'on regarde ordinairement comme le point essentiel de cette condition ; un dérangement auquel son sexe est sujet vint l'attaquer avec tant de force que, pour en éviter les dangereuses suites, le roi fut obligé, de l'avis de ses médecins, de rompre tout commerce voluptueux avec elle. Et quelque dur qu'il pût lui paraître d'y renoncer, il n'y eut pourtant pas de désir qui tînt contre l'idée du mal de sa maîtresse, et contre les craintes de se ressentir de ses suites. »

   Mme du Hausset, sa femme de chambre, écrit à son tour :

   « J'avais remarqué que Mme de Pompadour, depuis plusieurs jours, se faisait servir du chocolat à triple vanille et ambré à son déjeuner ; qu'elle mangeait des truffes et des potages au céleri. La trouvant fort échauffée, je lui fis un jour des représentations sur son régime, qu'elle eut l'air de ne pas écouter. Alors, je crus devoir parler à son amie, la duchesse de Brancas. « Je m'en suis aperçue, me dit-elle, et je vais lui en parler devant vous. » Effectivement, après sa toilette, Mme de Brancas lui fit part de ses craintes sur sa santé. […] « Ma chère amie, dit Madame à Madame de Brancas, je suis troublée de la crainte de perdre le cœur du roi en cessant de lui être agréable. Les hommes mettent, comme vous pouvez le savoir, beaucoup de prix à certaines choses, et j'ai le malheur d'être d'un tempérament très froid. J'ai imaginé de prendre un régime un peu échauffant pour réparer ce défaut, et depuis deux jours cet élixir me fit du bien, ou du moins je crus m'en apercevoir. » Madame de Brancas prit la drogue qui était sur la toilette, et après l'avoir sentie, la jeta dans la cheminée [et dit] : « Rendez au roi votre société précieuse de plus en plus par votre douceur ; ne le repoussez pas dans d'autres moments, et laissez faire le temps : les chaînes de l'habitude vous l'attacheront pour toujours. »

(Mémoires de Mme du Hausset sur Louis XV et Mme de Pompadour, Mercure de France, 1985)

   Il est vrai que le roi la délaisse comme maîtresse au bout de cinq ans mais en fait son amie, sa compagne et sa conseillère.

   Elle organise alors pour lui les « petits soupers » licencieux où sont invités, outre quelques dames de la cour peu farouches quelques tendrons du Parc-aux-Cerfs. La marquise n'est point galante, ni frivole, ni libertine, simplement amoureuse de son royal amant ; pour lui, elle se prête à tous les accommodements, humiliations et bassesses. L'aime-t-il ? Disons qu'elle lui est « confortable » : elle connaît non seulement tous ses vilains petits secrets d'alcôve, mais aussi et surtout ses faiblesses d'homme ; avec elle, il n'est plus le roi en représentation mais un individu comme un autre qui, dans sa cuisine des « petits appartements », mitonne pour elle un chocolat crémeux à souhait ou quelques œufs battus en mousse légère, un tablier à la taille et la chemise ouverte. Il lui sert cet en-cas sur une table volante placée près du feu et, à cette heure avancée de la nuit, ils devisent librement comme un vieux couple, se donnant du Louis et du Jeanne. C'est du moins ce que nous pouvons imaginer...

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