Mme du Barry et Mme Campan

   Dans ses Mémoires, Mme Campan (1), qui déteste Mme du Barry, écrit à son propos :

   « ... On voulut donner au roi une maîtresse qui pût avoir un cercle et dans le salon de qui on pût triompher, par la puissance des insinuations journalières, de l’ancien attachement du roi pour le duc de Choiseul. Il est vrai qu’on choisit Mme du Barry dans une classe bien vile. Son origine, son éducation, ses habitudes, tout portait en elle un caractère vulgaire et honteux ; mais on la fit épouser à un homme qui datait de quatorze cent [allusion aux quartiers de noblesse], et on crut sauver le scandale. Ce fut le vainqueur de Mahon [Richelieu, qui s’empara en 1756 de Mahon, capitale de l’île de Minorque, tenue par les Anglais] qui conduisit une aussi sale intrigue. Cette maîtresse avait été très habilement choisie pour égayer les dernières années d’un homme importuné des grandeurs, ennuyé des plaisirs, rassasié des voluptés. [Elle était] d’une gaieté familière, sans respect pour la dignité du souverain... »

   Portrait sans nuances... Par ailleurs, on sait désormais que Mme du Barry ne se mêla jamais de politique, même s’il est vrai qu’elle dut sa fortune à Richelieu et que Choiseul la détestait...  

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Notes

(1) Mme Campan, lectrice de Mesdames, filles du roi, devint plus tard la femme de chambre de Marie-Antoinette.

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Date de dernière mise à jour : 27/10/2017