« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Les Confessions du comte de*** (Duclos, 1741)

Duclos (La Tour)   On a pu dire (1) :

   « Après avoir raconté dans l’Histoire de Mme de Luz les infortunes qui s’acharnent sur une femme vertueuse, Duclos connaît un triomphe avec ces Confessions.

   Les Confessions, roman-liste, sont prises en charge par un auteur-narrateur dont les conquêtes plus ou moins éphémères se succèdent. S’élabore alors une série de portraits féminins classés selon leur origine (l’Espagnole, l’Italienne, l’Anglaise), le milieu (l’aristocrate, la bourgeoise, la financière, l’intendante, la femme d’esprit – on reconnaît Mme de Tencin derrière Mme de Tonins -) ou le caractère (la capricieuse, la coquette, la galante, la bavarde). Conciliant libertinage et moralisme, Duclos conclut son récit par la conversion du héros : en se mariant avec la vertueuse et raisonnable Mme de Selve, il trouve dans la retraite à deux l’équilibre et l’amitié.

   Œuvre originale qui est la mise en roman du chapitre « Des Femmes » des Caractères de La Bruyère.

   Le roman fait fureur dès sa parution et suscite autant d’imitations ou de plagiats que les Lettres persanes et lance le goût des confessions. Malgré l’admiration de Stendhal et de Sainte-Beuve, il faudra attendre des travaux récents pour que l’on redécouvre « le naturel et la vivacité du style » (Voltaire) dans une œuvre ambiguë oscillant entre la fascination du libertinage et la sensibilité du cœur. »

(Fin de citation)

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Notes

(1) Sources absentes.

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