« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Pamela ou La Vertu récompensée (Richardson)

Pamela ou La Vertu recompensée (Richardson)   Pamela ou La Vertu récompensée de Richardson (1740), roman épistolaire, est un véritable best-seller, tout comme Clarissa, du même Richardson. L’abbé Guyot-Desfontaines, journaliste et critique, écrivit :

   « Paméla écrit elle-même chaque jour à son père et à sa mère tout ce qui lui arrive, ce qui donne à son récit un air de vraisemblance que n’ont point la plupart des romans. […] En effet, le plus grand défaut des romans ordinaires est de paraître trop romans. […] C’est un grand art de savoir éviter, comme l’a fait l’auteur de Paméla, l’apparence de l’art. D’ailleurs, le roman dont il s’agit consiste en lettres, qui demandent un style aisé et familier. […] Si la matière du roman de Paméla mérite nos éloges, la forme sous laquelle elle nous est présentée, n’est pas moins estimable. L’auteur n’a pas choisi le genre épistolaire sans dessein. Il y a bien de l’art dans le système de ces lettres que Paméla écrit elle-même immédiatement après les aventures qui lui arrivent. Elles entrent même dans le nœud du roman et contribuent au dénouement par l’effet qu’elles produisent sur le Seigneur Anglais (sic). D’ailleurs ces lettres servent beaucoup à la vraisemblance et font un bien autre effet sur le lecteur que le récit historique d’un écrivain ou que des mémoires qu’on suppose écrits longtemps après que les choses se sont passées et dont on rappelle néanmoins les plus petites circonstances. » (cité par Frédéric Calas, Le Roman épistolaire, Armand Colin, 2007)

   Pamela occupe la seconde place dans la liste des romans préférés en France entre 1750 et 1780 : pathétique, vie quotidienne, nouveauté et vraisemblance séduisent les « cœurs sensibles ». Piccinni en fait un opéra. Pamela fixe pour un temps la forme épistolaire du roman français. 

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