« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

L'Ecole des Mères ou le théâtre moral

L'École des Mères ou le théâtre moral de Marivaux

L'Ecole des Mères (Marivaux)   « J’aime à moraliser », déclare Marivaux dans son roman Pharsamon. Peu après l’échec des Serments indiscrets, Marivaux retrouve le succès grâce à une comédie sérieuse en un acte, L’École des Femmes. Cette réussite l’entraine vers la comédie morale qui montre l’amour aux prises avec les préjugés sociaux : ainsi en est-il aussi de La Mère confidente (9 mai 1735), proche de la comédie larmoyante, reprise de L'Ecole des mères (25 juillet 1732).

   L’intention moralisante de Marivaux et son tableau concret des rapports familiaux font de la pièce un « drame bourgeois » (cf. Diderot) avant la lettre, raison pour laquelle Lessing y voit la meilleure comédie de Marivaux : dans sa Dramaturgie, il recommande L’École des Mères à l’Europe entière comme un parfait modèle du nouveau théâtre français : elle sera reprise sur tous les théâtres de société, en France comme à l’étranger. Voltaire parlera de « larmoyant comique »… Comédie honnête et touchante, inégalité des fortunes et l’on n’oublie jamais que le héros est un « jeune homme pauvre », réduit à « une très petite légitime ». Angélique s’écrie : « Je l’enrichirai donc, quel plaisir ! Plus il me devrait et plus il me serait cher. »

   Inspirée par La Parisienne de Dancourt (1691), où un père et un fils aiment la même jeune fille, L’École des Mères (1732) doit également beaucoup à Molière : un père est déjà le rival de son fils dans L’Avare. Victime de l’aveuglement rigoriste de sa mère, l’héroïne de L’École des Mères, Angélique, est dans une situation comparable à celle d’Agnès devant Arnolphe ou d’Henriette devant Philaminte.

Résumé

   Les arrangements de la société qui conditionne les rapports entre parents et enfants sont détruits dans L’École des Mères par une « surprise » éclatant au milieu d’un jeu de leurres : soudain, le personnage principal, Angélique, fait preuve de volonté, alors qu’elle était jusque-là passive devant celle de sa mère, Mme Argante. Elle a choisi pour gendre un homme âgé, M. Damis, sans imaginer que sa fille aime Éraste, le propre fils de M. Damis, qui s’est déguisé en valet pour s’introduire dans la maison. La pièce traite de l’éducation des filles et également de la communication entre parents et enfants. Père affectueux, M. Damis s’efface devant son fils et intercède auprès de Mme Argante, qui a perdu la confiance de sa fille, afin de lui faire accepter l’amour et le mariage des deux jeunes gens.

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