Marivaux et son œuvre : chronologie

- 1688. Le 4 février, à Paris, naît Pierre Carlet, futur Marivaux, qui est baptisé le 8 février paroisse Saint-Gervais.

- Vers 1700, le père de Marivaux, Nicolas Carlet, est nommé directeur de la Monnaie à Riom.

- 1708. Entre 1708 et 1712 : Marivaux écrit sa première pièce, Le Père prudent et équitable imprimée à Limoges en 1712 sans nom d’auteur.

- 1710. Dès le 30 novembre 1710, les registres de la Faculté de Droit de Paris mentionnent l’inscription de Marivaux, en tant que « Pierre Decarlet, auvergnat, riomois ».   

- 1711. Le 25 avril, nouvelle inscription de Marivaux sur les registres de la Faculté.

- 1712. Troisième inscription de Marivaux, en tant que « Peire Decarlet, parisien ». Marivaux semble avoir poursuivi assez négligemment ses études de droit : il n’obtiendra ni le grade de bachelier, ni celui de licencié. Publication à Limages et à Paris du Père prudent et équitable, dont l’épître dédicatoire est signée M***, première apparition de ce qui sera ensuite le nom de Marivaux adopté par Pierre Carlet pour des raisons et selon des modalités que nous ignorons.

- 1713. En janvier parution des trois premières parties des Aventures de *** ou les Effet surprenants de la sympathie (l’approbation de son ami Fontenelle date du 10 juillet 1712). Le 30 avril : dernière inscription à la Faculté.

- 1714. Publication de La Voiture embourbée. Annonce du Pharsamon. Publication du Bilboquet et de la fin des Effets surprenants (IV et V). Le Télémaque travesti, qui ne sera publié qu’en 1736, reçoit l’approbation du censeur royal. La parution d’une Iliade en vers burlesques est annoncée. 

- 1715. Réédition à Amsterdam de La Voiture embourbée et des Effets surprenants.

- 1716. Arrivée à Paris du Nouveau Théâtre Italien (grâce au régent). La troupe dirigée par Luigi Riccoboni donne sa première soirée le 18 mai au Théâtre du Palais-Royal. Le 1er juin, elle s’installe à l’Hôtel de Bourgogne. Six mois après, son répertoire comprendra plus de soixante pièces. En fin d’année, l’Iliade travestie est publiée à Paris. En Mai, Law a fondé la Banque Générale (qui ruinera Marivaux, entre autres !)

- 1717. Le 7 juillet, signature du contrat de mariage de Marivaux, à Paris, avec Colombe Bologne, âgée de 34 ans, soit cinq ans de plus que Marivaux. Elle apporte à son époux 40 000 livres. En août, Marivaux commence sa collaboration au Mercure : première Lettre sur les habitants de Paris.  

- 1718. La banque de Law devient établissement d’État. Les Comédiens Italiens jouent leur première pièce en français. Dans une lettre, Mme de Tencin critique leur manque de naturel lorsqu’ils n‘improvisent plus.

- 1719. En mars, Marivaux publie dans le Mercure des Pensées sur différents sujets, Sur la clarté du discours et Sur la pensée sublime. Le 14 avril, mort de son père. En novembre, Marivaux commence la publication dans le Mercure de la Lettre de M. de Marivaux contenant une aventure. On estime généralement que c’est en 1719 qu’est née sa fille, Colombe Prospère de Marivaux.

- 1720. Le 3 mars, Marivaux fait ses débuts d’auteur dramatique chez les Comédiens Italiens avec L’Amour et la Vérité, comédie en trois actes écrite en collaboration avec le chevalier de Saint-Jorry. Le Dialogue de l’Amour et de la Vérité est publié dans le Mercure du mois de mars. Le 17 octobre, représentation d’Arlequin puni par l’amour par les Italiens, sans nom d’auteur. Le succès est grand (12 représentations). Le 16 Décembre, les Comédiens Français créent la tragédie d’Annibal, avec un succès médiocre. Law démissionne et s’enfuit. Il semble que Marivaux ait été partiellement ruiné par la banqueroute. Chez les Comédiens Italiens, mariage de Silvia et de « Mario » Balletti.  

-1721. En juillet, premier numéro du Spectateur français. Cette publication, qui contient 25 feuilles, se poursuivra jusqu’en octobre 1724.      

- 1722. Le 3 mai, les Comédiens Italiens créent avec succès (13 représentations) La Surprise de l’amour. L’auteur demeure anonyme. Selon la légende, c’est à cette occasion que Marivaux fait la connaissance de Silvia.

- 1723. Le 6 avril, création de La Double Inconstance aux Italiens. Le Mercure écrit en rend compte dans son numéro d’avril : « On a trouvé beaucoup d’esprit dans cette dernière pièce de même que dans la première (La Surprise de l’amour). Ce qu’on appelle métaphysique des cœurs y règne un peu trop, et peut-être n’est-elle pas à la portée de tout le monde, mais les connaisseurs y trouvent de quoi nourrir l’esprit. » La pièce est jouée 15 fois. C’est probablement cette année-là que mourut Mme de Marivaux. Les Comédiens italiens sont autorisés à porter le titre de Comédiens Italiens ordinaires du Roi.         

- 1724. Création le 5 février du Prince travesti qui compte d’abord trois puis cinq actes (16 représentations). Le 8 juillet : La Fausse Suivante (13 représentations). Fin de la publication du Spectateur français. En octobre et novembre, les Comédiens Italiens jouent à Fontainebleau La Double Inconstance, La Fausse Suivante et La Surprise de l’amour. Le 2 décembre, ils présentent Le Dénouement imprévu (6 représentations).   

- 1725. Le 5 mars, les Italiens créent la première comédie sociale de Marivaux, L’Île des esclaves. Le compte rendu publié dans le Mercure d’avril, indique : « M. de Marivaux, qui en est l’auteur, est accoutumé à de pareils succès, et tout ce qui part de sa plume lui acquiert une nouvelle gloire. » La pièce est donnée 21 fois. Le 21 août, les Italiens donnent L’Héritier du village (9 représentations). Le 15 décembre, ils reprennent La Surprise de l’amour.   

- 1726. Au début de l’année, reprise de diverses pièces de Marivaux par les Italiens devant la cour. C’est dans La Surprise de l’amour que François Riccoboni, dit Lélio, fait ses débuts (rôle de Lélio). Marivaux travaille à la rédaction de L’Indigent Philosophe qui sera publié début 1727. À Paris, le Dictionnaire néologique paraît et connaît un grand retentissement : le style de l’auteur du Spectateur français y est pris à parti.

- 1727. Le 30 janvier, La Seconde Surprise de l’amour est reçue au Théâtre-Français. Mais les Comédiens-Français lui préfèrent Les Petits Hommes ou l’Île de la raison dont la lecture leur est faite le 3 août et qu’ils créent le 11 septembre : c’est un échec. Ils reviennent donc à la Seconde Surprise et l’interprètent avec succès le 31 décembre (14 représentations).

- 1728. Le 26 février, les Comédiens Français reprennent la Seconde Surprise. Le 28 avril, création du Triomphe de Plutus par les Comédiens Italiens (12 représentations à la suite, 18 dans l’année). Le catalogue du libraire Prault annonce La Vie de Marianne ou les aventures de la comtesse de*** de M. de Marivaux. Un second tome contient L’Indigent Philosophe et L’Île de la raison.

- 1729. Échec de La Nouvelle Colonie ou la Ligue des femmes au Théâtre Italien (une seule représentation le 18 juin).

- 1730. Le 23 janvier, création du Jeu de l’amour et du hasard par les Italiens, qui le jouent le 28 janvier puis le 10 février devant la cour (14 représentations). Le Mercure écrit en avril : « Au reste, tout le monde convint que la pièce est bien écrite et pleine d’esprit, de sentiment et de délicatesse. »

- 1731. Le 9 mars, Les Serments indiscrets sont reçus au Théâtre-Français. En mai ou en juin parait la première partie de La vie de Marianne. Le 5 novembre, les Comédiens-Français créent La Réunion des Amours (10 représentations). Le Mercure de novembre écrit : « ... Fort bien représentée et fort applaudie. Elle est bien écrire et avec beaucoup d’esprit ; ornée de traits fins et délicats. »

- 1732. Création du Triomphe de l’amour par les Italiens le 12 mars (6 représentations). De l’avis du Mercure, « cette pièce n’a pas eu tout le succès qu’elle méritait. C’est une des mieux intriguée qui soit sortie de la plume de M. de Marivaux. » Le 8 juin, les Comédiens-Français présentent enfin Les Serments indiscrets (9 représentations). On lit dans le Mercure de juin : « la première représentation fut des plus tumultueuses », et le principal reproche adressé à la pièce, « c’est de n’avoir pas assez d’action et d’avoir trop d’esprit. » Le 25 juillet, le Italiens créent L’École des Mères (14 représentations). En décembre, le nom de Marivaux est prononcé pour le fauteuil de l’évêque de Metz à l’Académie mais sa candidature n’est pas retenue et c’est Moncrif qui est élu le 5 janvier 1733.   

- 1733. Les Italiens présentent L’Heureux Stratagème le 6 juin (18 représentations). Le Petit-Maître corrigé que Marivaux a terminé depuis fin 1732 ou au début de 1733 est approuvé le 4 février par le censeur royal. Voltaire fait paraître Le Temple du Goût où Marivaux est désigné comme un auteur qui « venait de composer une comédie métaphysique.»

- 1734. En janvier, publication du premier numéro du Cabinet du Philosophe. Il paraîtra onze numéros jusqu’à la fin de l’année (alors que le journal devait paraître toutes les semaines). Fin janvier, publication de la seconde partie de La Vie de Marianne. Les attaques contre Marivaux se multiplient. En mai puis en juin paraissent les deux premières parties du Paysan parvenu. Le 16 août, les Italiens créent La Méprise (3 représentations) et reprennent L’Heureux Stratagème. En septembre et octobre (ou novembre), publication des 3e et 4e parties du Paysan. Marivaux continue à répondre aux critiques, en particulier celles de Crébillon. Le 6 novembre, les Comédiens-Français jouent enfin Le Petit Maître corrigé qui attend d’être représenté depuis près de deux ans. C’est un échec et la pièce est retirée après la première représentation. Crébillon (fils) se moque de La Vie de Marianne dans Tanzaï et Néardané.

- 1735 : en avril paraît le 5e partie du Paysan. Le 9 mai, les Italiens créent La Mère confidente, bien accueillie (17 représentations). Une traduction anglaise du Paysan est éditée à Londres. En novembre, Marivaux reprend la publication de Marianne (3e partie) et on imprime à Amsterdam la 1e partie du Télémaque travesti. Le livre est désavoué par Marivaux. Annonce au Théâtre-Italien de L’Auberge provinciale.

- 1736. Mlle Clairon fait ses débuts dans une reprise de L’Île des esclaves le 8 janvier. Fin mars, la 4e partie de Marianne est publiée, suivie en septembre puis en décembre des 5e et 6e partes. À Londres commence à paraître la traduction en anglais de Marianne. Le 11 juin, les Comédiens-Français créent Le Legs (7 représentations).    

- 1737. En janvier, publication de Pharsamon ou les nouvelles folies romanesques. L’éditeur fait remarquer dans un Avertissement qu’il a le manuscrit entre les mains depuis « près de 25 ans ». La 7e partie de Marianne paraît en février et le 16 mars sont créées par les Italiens Les Fausses Confidences dont le succès reste médiocre (6 représentations). Le second volume du Pharsamon sort en juin. Des éditions à bon marché de Marianne et du Paysan paraissent ou sont en préparation à l’étranger. Un opéra-comique, Marianne, de Panard et Favart, est tiré du roman de Marivaux.

- 1738. En janvier, publication cette fois à La Haye, de la 8e partie de Marianne. Les Comédiens-Français reprennent, avec succès, Les Serments indiscrets. Le 7 mars et le 7 juillet, les Italiens créent La Joie imprévue avec une reprise des Fausses Confidences qui obtiennent également plus de succès qu’à la création.

- 1739. Création des Sincères le 13 janvier par les Italiens. On lit dans le compte-rendu du Mercure de février : « Cette pièce a été fort applaudie à la représentation mais on a trouvé que l’action n’a pas assez de consistance, et que si l’on retranchait tout ce qui n’est que conversation, il ne resterait pas de quoi faire deux ou trois petites scènes. » Pharsamon est réédité à La Haye. Une 9e partie apocryphe de Marianne paraît à La Haye également.

- 1740. En été, Lettre sur la Paresse et Lettre sur les Ingrats. Le 19 novembre, création de l’Épreuve par les Italiens. « Cette pièce fut très bien reçue du public » annonce le Mercure de décembre (17 représentations).

- 1741. Publication des 9e, 10e et 11e parties de Marianne à La Haye.

- 1742. Réimpression de Marianne, onze parties en quatre volumes. À la suite de la campagne menée par Mme de Tencin en faveur de Marivaux, celui-ci est élu à l’Académie à l’unanimité le 10 décembre Le vote est confirmé le 24 décembre.

- 1743. Le 4 février, Marivaux est reçu à l’Académie.

- 1744. Marivaux habite avec Mlle de Saint-Jean rue Saint-Honoré. Le 25 août, il lit à l’Académie ses Réflexions sur l’esprit humain (publiées par le Mercure en juin 1755) et le 29 décembre ses Réflexions sur les différentes sortes de gloire. La Dispute est créée sans succès par les Comédiens-Français le 19 octobre (une représentation).

- 1745. Le 6 avril, la fille de Marivaux entre au noviciat à l’abbaye du Trésor dans l’Eure.

- 1746. En octobre, la fille de Marivaux prend le voile. Le duc d’Orléans passe en sa faveur un contrat de 110 livres de rente. Le 6 août, création par les Comédiens-Français du Préjugé vaincu (7 représentation).

- 1747. Le 11 février, une rente de 2 000 livres est assurée à Marivaux. Diverses traductions allemandes de comédies de Marivaux.

- 1748. Le 4 avril, lecture à l’Académie des Réflexions en forme de lettre sur l’esprit humain.  

- 1749. Le 24 août, Marivaux commence à lire à l‘Académie « un ouvrage qu’il doit donner au public et qui a pour titre Réflexions sur Corneille et Racine. » Il poursuit cette lecture le 24 septembre et le 25 août 1750. Ces Réflexions seront imprimées dans le Mercure d’avril 1755.

- 1750. Publication de La Colonie dans le Mercure de décembre. Pharsamon paraît en traduction anglaise à Londres.

- 1751. Paraissent dans le Mercure deux textes : Réflexions sur les hommes, puis Réflexions sur les Romains et les ancien Perses. Mme Riccoboni écrit la Suite de la Vie de Marianne.

- 1753. Le 7 juillet, Marivaux rembourse en lui vendant ses meubles une dette de 900 livres à Mlle de Saint-Jean (il reconnaît lui en devoir 20 900) et lui fait une donation générale de ses biens. En août, Van Loo peint le portrait de Marivaux.

Marivaux (Van Loo, 1753)

- 1754. Publication en décembre par le Mercure d’un « Dialogue » : L’Éducation d’un prince.    

- 1755. Le Mercure de janvier publie Le Miroir et celui d’avril un fragment des Réflexions sur Corneille et Racine, intitulé Fragment d’un ouvrage de M. de Marivaux qui a pour titre : Réflexions sur l’esprit humain à l’occasion de Corneille et de Racine. En juin, toujours dans le Mercure, les Réflexions sur Thucydide, que Marivaux avait lues en 1744 à l’Académie. Le 24 août, représentation de La Femme fidèle.

- 1756. Le 5 mars, lecture de Félicie à la Comédie-Française : la pièce est reçue. Le 5 mai, lecture de L’Amante frivole qui est également reçue. Le 10 octobre, Marivaux solde tout compte avec Mlle de Saint-Jean et le 15 ils ses constituent une rente annuelle de 2 800 livres (2 000 pour elle, 800 pour lui). Publication dans Le Conservateur en novembre des Acteurs de bonne foi. Le Mercure de décembre imprime la suite des Réflexions sur Corneille et Racine.   

- 1758. En janvier, probablement le 20, Marivaux fait son testament. Maladie qui l’empêche d’assister aux séances de l’Académie où il revient le 2 mars. Edition des Œuvres de Théâtre de M. de Marivaux en 5 volumes. Mort de Silvia, son actrice-phare.  

- 1759. Le 1er octobre, Marivaux est désigné par tirage au sort comme directeur de l’Académie.

- 1760. Manon Balletti, fille de Silvia, débute avec L’Épreuve de Marivaux.

- 1761. Publication dans le Mercure de La Provinciale sans nom d’auteur.

- 1762. Fusion du Nouveau Théâtre Italien et de l’Opéra-Comique.

- 1763. Le 12 février, à 3 heures du matin, mort de Marivaux d’une « hydropisie de poitrine » à Paris, rue de Richelieu. Le 4 mars, il est procédé à la vente des biens : après déduction des frais et paiements divers, il reste à peine 23 livres 19 sols. Tous les héritiers se désistent et en 1765, Mlle de Saint-Jean renonce au legs universel.

- 1765. Publication d’Œuvres diverses de M. de Marivaux, de l‘Académie française (5 volumes).

- 1781. Œuvres complètes de M. de Marivaux (12 volumes).

Sources : Marivaux, Théâtre complet, Seuil, 1964, Préface de Jacques Scherer, présentation et notes de Bernard Dort.   

   La chronologie qui figure dans l’ouvrage « été établie en se fondant notamment, pour les dates de la biographie de Marivaux, sur les travaux de Fréderic Deloffre et de Marie-Jeanne Durry, pour celles de l’histoire des Comédiens-Italiens, sur les ouvrages de Xavier de Courville. » (Fin de citation, page 11).  

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