La Nouvelle Héloïse, dissertation ennuyeuse ?

... et un sujet de dissertation possible

   Constat : idées habituellement débattues au 18 siècle trop présentes. Définir lesquelles (éducation, économie domestique, mœurs parisiennes, Opéra, musique italienne, etc.)

  => Ennui ? Non !

   * Premier argument : le genre romanesque autorise la dissertation : le roman raconte et décrit, certes, mais explique et discute également. La conception qu’a Rousseau de l’existence serait incomplète sans les lettres sur l’Opéra, l’Élysée, l’économie domestique à Clarens, l’éducation des enfants. Un roman exprime ce que le génie de l’auteur a de plus personnel.

   * Deuxième argument : ses personnages pensent leur vie et veulent diriger celle d’autrui. Julie fait la morale, Saint-Preux est précepteur, Claire est la confidente et la conseillère de Julie, Wolmar raisonne sans cesse. Non seulement les personnages expriment leurs idées dans les lettres, mais ils renvoient à des traités qu’ils ont composés : Traité des études, Lettres sur Paris, Voyage autour du monde (Saint-Preux), Principes d’éducation (Julie). Rousseau n’en retient que ce qui intéresse directement l’action ou en éclaire le sens.

   * Ainsi, Saint-Preux ne décrit pas Paris à Julie en observateur politique ou en sociologue (cf. Montesquieu), mais en homme sincère et déçu, jeté dans l’univers des apparences et des conventions. Contaminé par cette atmosphère délétère, il se laisse aller à la débauche, preuve du danger des mœurs parisiennes, qui déteignent aussi sur Julie puisqu’elle en vient à accepter l‘idée de l‘adultère : « Mon cœur était si corrompu que ma raison ne put résister aux discours de vos philosophes « (Lettre 18, IIIe partie).

   * Les lettres sur la musique italienne et l’Opéra ne sont pas non plus hors-sujet puisque les personnages condamnent l’artifice.

   * Les lettres entre Saint-Preux et Milord Édouard sur le suicide sont un débat dramatique qui concerne le sens de la vie et la valeur d’une amitié.

   * Les lettres sur Clarens (économie domestique, Élysée, éducation) portent sur le lieu d’un bonheur idéal mais réel où le lecteur peut s’imaginer.

   Ceci dit, le commentaire est le roman lui-même.

Remarque : il ne s’agit pas dans cet article de rédiger un devoir scolaire selon le plan sacro-saint thèse/antithèse/synthèse, mais de défendre uniquement le point de vue de Rousseau. Mais une contre-argumentation serait évidemment intéressante.

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