Liaisons : critique de l'éducation et de la religion

   Que critique Laclos dans Les Liaisons dangereuses ?

   L'ouvrage peut se lire comme une critique des institutions de l’époque, plus spécialement de l’éducation donnée aux femmes dans les couvents (1) qui ne les prépare pas à la vie en société et qui contrarie la nature.

   La naïveté de Cécile en est un bel exemple : dans la lettre XCVI, Valmont écrit à la marquise de Merteuil : « Sans doute on ne lui a pas bien appris dans son Couvent à combien de périls divers est exposé la timidité innocente… ». Mme de Tourvel n’est pas mieux armée. Les confesseurs ou directeurs de conscience prolongent le rôle des couvents : les femmes restent des enfants et donc des victimes (Cf. l’exemple du père Anselme).

   Laclos ridiculise les milieux cléricaux. Stendhal, évoquant la famille qui aurait servi de modèle à celle des Volanges dans La Vie d’Henri Brulard, écrit : « Cette famille est exemplaire par la tristesse, la dévotion, la régularité et l’ostracisme. » Cette famille, surtout Mme de Volanges, symbolise la bêtise, les conventions et les préjugés : elle est responsable en partie du malheur de sa fille.

   Toutefois, Les Liaisons ne formulent pas une critique nette de la religion car Laclos ne porte pas un regard indulgent sur ses personnages affranchis de la religion, Valmont et Merteuil.

   Laclos critique avant tout la remise en question du code moral (cf. la préface de l’ouvrage).

La religion, voir ici

Sources : Introduction aux Liaisons dangereuses par Béatrice Didier (Livre de Poche classique, 1987).

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(1) À rapprocher de l’essai de Laclos L’Éducation des femmes.

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