Phrases clés des Liaisons dangereuses

Phrases clés regroupées par notions (d’amour à vocation religieuse)

Amour et désir

« Le plaisir, qui est bien en effet l’unique mobile de la réunion des deux sexes, ne suffit pourtant pas pour former une liaison entre eux […], s’il est précédé du désir qui rapproche, il n’est pas moins suivi du dégoût qui repousse. C’est une loi de la nature, que l’amour seul peut changer. » (Merteuil à Valmont, lettre CXXXI).

« Et puis, qu’on dise que l’amour rend ingénieux ! il abrutit au contraire ceux qu’il domine. » (Valmont à Merteuil, lettre CXXXIII).

« Est-il vrai, Vicomte, que vous vous faites illusion sur le sentiment qui vous attache à Madame de Tourvel ? C’est de l’amour, ou il n’en exista jamais : vous le niez bien de cent façons ; mais vous le prouvez de mille. » (Merteuil à Valmont, lettre CXXXIV).

« Valmont… Valmont ne m’aime plus, il ne m’a jamais aimée. L’amour ne s’en va pas ainsi. » (Tourvel à Rosemonde, lettre CXXXV).

« Que peut-il y avoir de commun entre une surprise des sens, entre un moment d’oubli de soi-même, que suivent bientôt la honte et le regret, et un sentiment pur, qui ne peut naître qua dans une âme délicate et s’y soutenir que par l’estime, et dont enfin le bonheur est le fruit ! » (Valmont à Tourvel, lettre CXXXVII).

Bonheur

« Ce que vous appelez le bonheur n’est qu’un tumulte des sens, un orage des passions dont le spectacle est effrayant, même à le regarder du rivage. » (Tourvel à Valmont, lettre LVI).

« Placée par M. de Valmont entre sa mort on son bonheur, je me suis décidée pour ce dernier parti. […] Valmont est heureux ; et tout disparaît devant cette idée, ou plutôt elle change tout en plaisirs. » (Tourvel à Rosemonde, lettre CXXVIII).

« Dans le temps où nous nous aimions, car je crois que c’était de l’amour, j’étais heureuse. » (Merteuil à Valmont, lettre CXXXI).    

« Si on était éclairé sur son véritable bonheur, on ne le chercherait jamais hors des bornes prescrites par le Lois et la Religion. » (Rosemonde à Danceny, lettre CLXXI).

Coquetterie

« La franche coquetterie a plus de défense que l’austère vertu. » (Valmont à Merteuil, lettre XCIX).

Écriture et sincérité

« Il n’y a rien de si difficile en amour que d’écrire ce qu’on ne sent pas. » (Merteuil à Valmont, lettre XXXIII).

« Quand vous écrirez à quelqu’un, c’est pour lui et non pas pour vous : vous devez moins chercher à lui dire ce que vous pensez, que ce qui lui plaît davantage. (Merteuil à Cécile, lettre CV).

« Quand vous m’écrirez, que ce soit pour me dire votre façon de penser et de sentir, et non pour m’envoyer des phrases que je trouverai, sans vous, plus ou moins bien dites dans le premier Roman du jour. » (Merteuil à Danceny, lettre CXXXI).

Éducation

« Quelle jeune personne, sortant de même du Couvent, sans expérience et presque sans idées, et ne portant dans le monde, comme il arrive presque toujours alors, qu’une égale ignorance du bien et du mal ; quelle jeune personne, dis-je, aurait pu résister davantage à de si coupables artifices ? » (Danceny à Rosemonde, lettre CLXXIV).

Hommes et femmes

« Pour vous autres hommes, les défaites ne sont que des succès de moins. Dans cette partie si inégale, notre fortune est de ne pas perdre, et votre malheur de ne pas gagner. » (Merteuil à Valmont, lettre LXXXI).

« L’homme jouit du bonheur qu’il ressent, et la femme de celui qu’elle procure. » (Rosemonde à Tourvel, lettre CXXX).

« Si la Nature n’a accordé aux hommes que la constance, tandis qu’elle donnait aux femmes l’obstination, ce n’est pas ma faute. » (Merteuil à Valmont, lettre destinée à la Présidente, CXLI).

Libertinage

« Conquérir est notre destin. » (Valmont à Merteuil, lettre IV).

« Encore plus faux et dangereux qu’il n’est aimable et séduisant, jamais, depuis sa plus grande jeunesse, il n’a fait un pas ou dit une parole sans avoir un projet, et jamais il n’eut un projet qui ne fut malhonnête ou criminel. » (Volanges à Tourvel, lettre IX).

« J’ai forcé à combattre l’ennemi qui ne voulait que temporiser ; je me suis donné, par de savantes manœuvres, le choix du terrain et celui des dispositions ; j’ai su inspirer la sécurité à l’ennemi, pour le joindre plus facilement dans sa retraite ; j’ai su y faire succéder la terreur, avant d’en venir au combat ; je n’ai rien mis au hasard, que par le considération d’un grand avantage en cas de succès, et la certitude des ressources en cas de défaite ; enfin, je n’ai engagé l’action qu’avec une retraite assurée, par où je puisse couvrir et conserver tout ce que j’avais conquis précédemment. » (Valmont à Merteuil, lettre CXXXV).

Liaisons dangereuses

« Qui pourrait ne pas frémir en songeant aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ? et quelles peines ne s’éviterait-on point en y réfléchissant davantage ! » (Volanges à Rosemonde, lettre CLXXV).

Mariage

« Ces mariages qu’on calcule au lieu de les assortir, qu’on appelle de convenance, et où tout se convient en effet, hors les goûts et les caractères, ne sont-ils pas la source la plus féconde de ces éclats scandaleux qui deviennent tous les jours plus fréquents ? (Volanges à Merteuil, lettre XCVIII).

« Savez-vous, Vicomte, pourquoi je ne me sus jamais remariée ? […] Ce n’est même pas que j’aie criant de ne pouvoir plus faire mes volontés, car j’aurais bien toujours fini par là ; mais c’est qu’il m’aurait gênée que quelqu’un eût seulement le droit de s’en plaindre ; c’est qu’enfin je ne voulais tromper que pour mon plaisir, et non par nécessité. » (Merteuil à Valmont, lettre CLII).

Occasion

« J’étais bien aise d’observer une fois la puissance de l’occasion, et je la trouvais ici dénuée de tout secours étranger. […] L’occasion était seule ; mais elle était là, toujours offerte, toujours présente, et l’Amour était absent. » (Valmont à Merteuil, lettre XCVI).

Partage

« Si elle en a un autre, comme vous l’avez cru, faites-la consentir à se partager ; et n‘allez pas vous piquer d’une ridicule délicatesse : vous serez dans le cas de bien d’autres, qui valent mieux que vous. » (Valmont à Azolan, lettre CI).

Sensibilité

« Cette sensibilité si active est, sans doute, une qualité louable ; mais combien tout ce qu’on voit chaque jour nous apprend à la craindre ! » (Volanges à Rosemonde, lettre CLXV).

Vertu

« Que serait la vertu, sans les devoirs qu’elle impose ? son culte est dans nos sacrifices, sa récompense dans nos cœurs. » (Merteuil à Volanges, lettre CIV).

Vieilles femmes

« Il ne faut pas fâcher les vieilles femmes ; ce sont elles qui font la réputation des jeunes. » (Merteuil à Valmont, lettre LI).

Vocation religieuse

« Sûrement nulle raison ne peut autoriser à forcer de prendre cet état, quand le sujet n’y est pas appelé ; mais quelquefois c’est un grand bonheur qu’il le soit. » (Rosemonde à Volanges, lettre CLXXII).

Remarque : ces citations sont relevées par Béatrice Didier dans ses commentaires de l’édition des Liaisons dangereuses parue en 1987 dans Le Livre de Poche classique.

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