Femmes de lettres

   Salon de Mme Geoffrin

   Qui lit encore Mme de Genlis ? Qui s'intéresse à la correspondance de Mme du Deffand ou de sa nièce et rivale Julie de Lespinasse ? Certes, Mme de Staël apparaît, telle la statue du commandeur, à la fin du siècle. Ou encore Olympe de Gouges, revenue à la mode et revendiquée par les féministes d'aujourd'hui. Mais que sait-on des ouvrages de Mme Riccoboni ou de Mme de Tencin ? Et de tant d’autres ? Qui tient salon ? Qui fréquente ces hauts-lieux du pouvoir littéraire ? Qu'y fait-on ? De quoi parle-t-on ? Qu'en dit-on ?

   Après les « ruelles » du 17e siècle, ces dames ouvrent des « salons », lieux de sociabilité par excellence et d'échanges intellectuels, où l'on pratique à merveille l'art de la conversation, fréquentés par les plus grands noms du monde des arts et des lettres. Souvent concurrentes, les « salonnières » ont leur jour. Chaque salon a son atmosphère particulière, édictée par la maîtresse des lieux. Montesquieu décrit ainsi cet art oral qu’est la conversation des salons : « Un dialogue ordinairement gai, dans lequel chacun, sans s'écouter beaucoup, parle et répond et où tout se traite d'une manière coupée, prompte et vive. » Pour la première fois, ces femmes de culture sont reconnues à leur juste valeur. Mais la lutte sera longue avant qu'elles puissent accéder à d'autres fonctions...

   Comme elles sont nombreuses  en fin de compte, ces femmes des Lumières, à lire, écrire et réfléchir. Toutes ne publient pas (sous peine de devenir une « femme publique », fi donc !). Mais elles poursuivent de longues correspondances et s'intéressent aux nouveautés dans tous les domaines.

   Elles n'ont hélas aucun pouvoir mais certaines le prennent de force à la fin du siècle, quitte à le payer de leur vie. La Révolution ne leur est pas tendre !    

Lire mon article ici, titré "Des salons à la pointe du progrès"

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