« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Mme de Créquy et son bout-rimé

Mme de Créquy   On sait désormais que ses souvenirs sont un ouvrage apocryphe, écrit par Pierre-Marie-Jean Cousin de Courchamps sous le titre Souvenirs de la marquise de Créquy de 1710 à 1803. Souvenirs certes véridiques mais habilement enjolivés par l'auteur. On peut lire ce long ouvrage avec délectation mais avec un certain recul toutefois (aucune source authentique).

   Dans les salons qu'elle fréquente, on s'adonne à des jeux intellectuels, notamment aux « bouts rimés » dont la rime est imposée (1). En voici un exemple dont elle est l'auteur :

« J'ai quatre-vingt-dix ans, j'arrive - d'Épidaure ;

Esculape a reçu mon premier - Ex-voto.

On aime ses vieux jours autant que son - Aurore.

Chacun sur mon voyage avait crié - Haro !

L'espérance soutient et le succès - restaure ;

Me voici rajeunie et presque sans - bobo.

Mon front était ridé, mon teint celui d'un - Maure ;

Quand je parlais, mes dents partaient - ex abrupto,

Une seule restait, servant de - memento.

À peine ai-je eu touché le serpent qu'on - adore,

Vieille comme Baucis et sourde comme - Io,

Je deviens aussi leste, aussi belle que - Laure !

Remerciant le Dieu, j'ai promis - in petto

Au moins cinq ou six fois d'y retourner - encore. »

 Remarque : Selon Wikipédia, elle naît en 1704. Selon d'autres sources, ce serait en 1710.

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Notes

(1) Selon Tallemant des Réaux, c’est Mme des Loges, habituée de l'Hôtel de Rambouillet au siècle précédent, qui lança les rimes en ture pour les bouts rimés afin de faire le portrait de Voiture : « C’est une aimable créature, / Si sa race était sans rature, / Et sa naissance sans roture. » Le voilà offensé.

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