« Connaître sert beaucoup pour inventer. » (Mme de Staël)

Nouveaux décors

Ameublement et décoration

   Mme de Genlis écrit dans ses Mémoires :

   « Mes visites dans quelques maisons me firent connaître l’inexpérience et le mauvais goût de ceux qui remeublèrent les hôtels et les palais abandonnés et dévastés. J’y remarquai mille bizarreries. On plissait sur les murs les étoffes, au lieu de les étendre ; on calculait sans doute que de cette manière l’aunage était infiniment plus considérable et que cela était beaucoup plus magnifique. Afin d’éviter l’air mesquin qui aurait pu rappeler certaines origines, on donnait à tous les meubles les formes les plus lourdes et les plus massives. Comme on savait en général que la symétrie était bannie des jardins, on en avait conclu que l’on devait aussi l’exclure des appartements et l’on posait toutes les draperies au hasard. Ce désordre affecté donnait à tous les salons l’aspect le plus ridicule ; on croyait être dans des pièces que les tapissiers n’avaient pas encore eu le temps d’arranger. Enfin, pour montrer que les nouvelles idées n’excluaient ni la grâce ni la galanterie, les hommes et les femmes rattachaient les rideaux de leurs lits avec les attributs de l’amour et transformaient en autels leurs tables de nuit. On vit des conspirateurs qui s’étaient baignés dans le sang, se coucher sur des lits somptueux, ornés de camées représentant Vénus et les Grâces ! Et l’on voyait suspendue sur leurs têtes, non l’épée de Damoclès, mais une flèche légère ou des couronnes de roses ! »

Mme Récamier   Une chose qui me déplut particulièrement, fut la suppression des couvre-pieds de chaises longues. Je vis les dames les plus qualifiées et les plus à la mode de cette époque recevoir parées et couchées sur un canapé, et sans couvre-pied. Il en résultait que le plus léger mouvement découvrait souvent leurs pieds et une partie de leurs jambes. Le manque de décence qui ôte toujours du charme, surtout aux femmes, donnait à leur maintien et à leur tournure une véritable disgrâce. »

   Ainsi figure pourtant la très belle Mme Récamier...

  

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