Staël et analogie universelle

  Mme de Stael écrit dans De l'Allemagne (1810) : "L'analogie de chaque partie de l'univers avec l'ensemble est telle que la même idée se réfléchit constamment du tout dans chaque partie et de chaque partie dans le tout... Qu'y-a-t-il de plus étonnant que le rapport des sons et des formes, des sons et des couleurs ?" (Livre III, chap. 10). 

   L'auteur fait découler les correspondances du principe de l'analogie universelle.

   En cela, on peut la rapprocher

  • de Schelling : " Ce que nous nommons nature est un poème et des signes secrets et mystérieux."
  • de Victor Hugo (Les Rayons et les Ombres, 1837) : "Entends sous chaque objet sourdre la parabole, / Sous l'être universel, vois l'éternel symbole."
  • de Baudelaire, évidemment ("Correspondances") qui écrit dans une lettre à Toussenel le 21 janvier 1856 : "... l'imagination est la plus scientifique des facultés parce que seule elle comprend l'analogie universlle ou ce qu'une religion mystique appelle les correspondances."
  • d'Hoffmann dans un de ses Contes (passage cité par Baudelaire dans son Salon de 1846) : "... c'est encore éveillé, lorsque j'entends de la musique, que je trouve une analogie et une réunion intime entre les couleurs, les sons et les parfums. Il me semble que toutes ces choses ont été engendrées par un même rayon de lumière, et qu'elles doivent se réunir en un merveilleux concert. L'odeur des soucis bruns et rouges produit surtout un effet magique sur ma personne. Elle me fait tomber dans une profonde rêverie, et j'entends alors comme dans le lointain les sons graves et profonds du hautbois."

 

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