Pas de mode enfantine

   Ce n'est qu'avec Rousseau que le siècle découvre l'existence de l'enfant, qui n'est pas un petit adulte. Dès lors, on lui trouvera des vêtements plus confortables.

   À l’âge de six ans, la future Mme de Genlis découvre Paris et les contraintes de la mode parisienne. Voici un extrait de ses Mémoires.

   « Je ne fus pas émerveillée de Paris et dans les premiers jours surtout je regrettai amèrement Saint-Aubin (1). On me fit arracher deux dents ; on me donna un corps de baleine qui me serrait à l’excès ; on m’emprisonna le pied dans des souliers étroits avec lesquels je ne pouvais marcher ; on me mit trois ou quatre mille papillotes sur la tête ; on me fit porter, pour la première fois, un panier ; et, pour m’ôter mon air provincial, on me donna un collier de fer ; en outre, comme je louchais un peu de temps en temps, on m’attachait sur le visage tous les matins dès mon réveil, des bésicles que je gardais quatre heures. Enfin, je fus bien surprise quand on me dit qu’on allait me donner un maître pour m’apprendre (ce que je croyais savoir parfaitement) à marcher. On ajouta à tout cela de me défendre de courir, de sauter et de questionner. Tous ces supplices me firent une telle impression que je ne les ai jamais oubliés et que je les ai fidèlement dépeints depuis dans la petite comédie de mon Théâtre d’éducation intitulée La Colombe… »   

_ _ _

Notes

(1) Château en Bourgogne, où Stéphanie-Félicité Ducrest de Saint-Aubin passa son enfance.

* * *   

Ajouter un commentaire