Robe à l'anglaise

Anglomanie et mode : robe à l'anglaise

Robe à l'anglaise   L'époque connaît une vague d'anglomanie. L'Angleterre a une forte influence sur la mode masculine française pendant tout le 18e siècle et commence à influencer la mode féminine à partir de 1770. Le goût (très anglais) pour la promenade inspire la robe dite à l'anglaise, « robe retroussée dans les poches » : les pans de la jupe sont relevés dans les poches latérales de la robe puis drapés dans le dos pour donner une plus grande liberté de mouvement.

   La marquise de la Tour du Pin nous dit sans ses Mémoires (Mercure de France, 1979) : « Il était alors d'usage élégant que les femmes voyageassent en très élégant habit de cheval, la jupe moins longue, cependant, que celle avec laquelle on montait à cheval. Il fallait que cet habillement, y compris le chapeau, arrivât de Londres, car la fureur des modes anglaises était alors poussée à l'excès. »

   La robe à l'anglaise est une variante de la « polonaise ». Elle se compose d'une robe fermée sur le devant et d'une jupe montée par fronçage puis couture au corsage selon une ligne qui remonte des hanches vers la taille. Son corsage ajusté se termine par une pointe au bas du dos. Elle pouvait être portée sans panier, ses drapés lui donnant alors sa forme ronde.

   Une robe pratique et confortable, selon l'idéal anglo-saxon.

   Notons que pour les hommes apparaissent les premières redingotes (riding-coats). Quant aux « redingotes anglaises » ce sont des préservatifs.

Anglomanie dans tous les domaines

   L'influence anglaise est déterminante en France et en Allemagne : mode certes, mais aussi langue, littérature, ou encore l'art des jardins.

   Bien entendu, il faut passer par les traductions des oeuvres littéraires. Mais nul ne niera la filiation entre Clarissa Harlowe de Richardson, La Nouvelle Héloïse de Rousseau et le Werther de Goethe.  

   L'Angleterre connaît l'industrialisation avant la France et marche vers le progrès. Londres n'est-elle pas la première ville à construire des trottoirs alors que les Parisiens piétinent dans la boue et les immondices ?

   Sans doute faut-il noter l'influence des Lettres philosophiques (ou Lettres anglaises) de Voltaire qui attira le regard des Français vers cette île étrange... On se met à parler anglais, mais avec un fort accent français. Peut-on voir dans cette lettre de Voltaire du 2 août 1772 la manière dont il le prononçait : You mos (must) write him that I am hees (his) great admeerer (!) ; he is a very great onor (honor) to Ingland (!), and abofe (above) all to Ecosse (!)...    

* * *

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×