Langues, littératures et cultures de l’Antiquité

   Ce choix est proposé en terminale et on peut s’en féliciter avec Stéphane Batti, professeur d’histoire de l’Antiquité à l’université de Bourgogne-Franche-Comté qui écrit dans Le Figaro du 23 août 2019 un article titré « Les humanités retrouvent enfin leur rang au lycée à la rentrée. » En voici quelques extraits.

- « L’Antiquité est un formidable miroir du temps présent : « formidable » signifie étymologiquement « qui fait peur ».

- [...] la lucidité des jugements fondés sur une connaissance aiguë du passé mise au service de l’analyse du présent. »

- « Il s’agit moins de relire l’Antiquité à la lumière de notre temps que de repérer des analogies entre notre monde et la Grèce ou Rome [...] Si nous ne sommes pas identiques à nos Anciens nous ne leur sommes pas non plus étrangers.  Il ne s’agit pas de partir à la recherche de fallacieuses et toujours imparfaites concordances entre les temps anciens et le nôtre.

- « Le passé, qui est dans les livres, offre toutes sortes de relations possibles avec le présent.

- « Le bruit médiatique n’est rien, comparé à la littérature et à l’histoire. »

- « Il fut certes un temps, à l’époque de Cicéron ou encore du temps de saint-Augustin, de la fin de la République à l’Antiquité tardive (et point de décadence des lettres en ces cinq siècles), où « écrire signifiait presque déjà bien penser », écrivait Thomas Mann. « Et de là, on n’était pas loin de bien agir ». Si les Anciens estimaient que bien vivre consistait à conformer librement ses actes à son jugement, qu’en est-il aujourd’hui ? »  

- « Le chroniqueur téméraire a [...] besoin, s’il veut être audible de ses contemporains ou franchir les barrières de la censure, sinon de masques, du moins de paravents. Parmi ces outils figure le recours à ces Persans chers à Montesquieu que sont les Anciens. L’ironie est un détour précieux. »

- « Le roman, la littérature, l’histoire, bref les humanités classiques, les arts libéraux pour parler comme les Anciens, permettent de déchirer « le rideau des idées reçues de la doxa ou du tout fait, ce que (Harold) Bloom nomme le « cant, la langue de bois ou la pensée unique.» Avec ces mots, Antoine Compagnon, successeur de Roland Barthes au Collège de France, donne la meilleure définition, adaptée à notre temps, de l’ironie socratique originelle.    

- « La valorisation des humanités dans la réforme actuelle du lycée est une chance historique [...]. Platon, Thomas d’Aquin et Montaigne, parmi d’autres, seront [les] guides anciens pour poser au mieux les questions d’aujourd’hui. »

* * *