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Termes « savants » à utiliser en poésie

Figurent ici les plus complexes

  • Anacoluthe (également en prose) : rupture de construction. Exemple : « Où l’imprudent périt, les habiles prospèrent » (Voltaire).
  • Asyndète : suppression des conjonctions de coordination et de toute liaison logique ou sémantique.  Exemple : « Je vis, je meurs, je me brûle et me noie » (Louise Labbé).
  • Césure (ou coupe) : la césure sépare l’alexandrin ou le décasyllabe en deux unités rythmiques. Les autres vers présentent des coupes. A l’intérieur des vers, les césures et coupes correspondant au temps de respiration (au Moyen Age les poèmes étaient chantés).
  • Contre-rejet : les derniers mots d’un vers commencent la phrase qui s’achève au vers suivant. Exemple : « Elle peignait ses cheveux d’or et j’aurais dit / qu’elle martyrisait à plaisir sa mémoire » (Aragon).
  • Diérèse : prononciation séparée de deux voyelles qui se suivent ; effet d’insistance. Exemple : « Qui triomphe de Troie une seconde fois » (Racine). « Triomphe = 3 syllabes (pieds) => insistance sur la nouvelle victoire du héros. Ou encore : pa-ssi-on pour pas-ssion.

Historique de la diérèse : quand la prononciation était conforme à l’étymologie, au Moyen Age, il était simple d’identifier les syllabes en fonction d’une perception intuitive des voyelles anciennes. A l’âge classique, on s’efforce de clarifier les règles en tenant compte à la fois de la tradition et de l’évolution. La diérèse contribue à donner à la langue poétique un effet d’insistance, elle ennoblit le mot et le rend solennel.  

  • E muet parfois prononcé dans la langue versifiée. Au 16e siècle, il était élidé en prose et Ronsard voulait le faire disparaître en poésie. Au 17e, La Fontaine joue sur les incertitudes de la prononciation. Devant une voyelle ou un h muet à l’intérieur du vers, il ne se prononce pas : c’est l’élision. Exemple : « Sur l’axe harmonieux des divins balanciers. »   Mais devant un mot qui commence par une consonne, le e muet compte pour une syllabe. Exemple : « Je ne distingue pas leur terrier de leur cendre. » Dans ce dernier exemple, le e de cendre ne compte pas. On a une apocope.
  • Enjambement : long rejet d’un vers à l’autre ou d’une strophe à l’autre. Exemple : « Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville » (Verlaine).
  • Parataxe : rupture de construction qui consiste à supprimer le lien de subordination entre deux propositions.
  • Rejet : si la phrase grammaticale n’est pas terminée à a la rime, l’élément manquant est rejeté au début du vers suivant. L’élément rejeté et précédé par un relâchement de la voix qui le met en évidence. La différence avec l’enjambement (voir supra) est que l’élément rejeté est plus long dans ce cas.  
  • Rythme (également employé en prose) : binaire (sur deux tons, adapté à l’antithèse et aux oppositions), ternaire ((sur trois tons, envolée lyrique, rythme de la poésie élégiaque), progressif (amplification croissante du volume syllabique.    
  •  Synérèse : on compte pour une seule syllabe deux sons qui se prononcent séparément dans le langage courant. C’est donc l’inverse de la diérèse.
  • Remarque sur le sonnet : on distingue le sonnet marotique, dit aussi « à l’italienne » (abba, abba, ccd, eed) et le sonnet de Ronsard « à la française » (abbaa, abba, ccd, ede).
  • Verset : définition difficile ; court paragraphe imité de l’Ancien Testament. Il est action dans la mesure où il restitue le souffle. Tentative de définition : « On appelle verset toute unité de discours poétique délimitée par un alinéa et que son étendue empêche d’être globalement perceptible comme vers.  

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